Bienvenue

Ce blog est consacré à mes activités d'animateur socioculturel à la ville de Saint-Denis (93), mais aussi de chroniqueur et de musicien amateur. Au fil de ces pages, vous pourrez suivre l'actualité de divers projets professionnels et autres initiatives que je pilote ou auxquels je suis associé : rencontres et événements culturels, concerts, scènes ouvertes, jumelages artistiques, etc. Quelques chroniques musicales seront également publiées selon les coups de coeur et l'inspiration. En bref, ce site est une petite fenêtre ouverte sur mon réseau de proximité, un espace d'information et de partage d'expériences. A bientôt ! PV.

Recherche

Recommander

Mercredi 19 juillet 2006 3 19 /07 /Juil /2006 21:47
- Par Philippe Vallin
David Sylvian - Everything and nothing (Virgin 2000)

David Sylvian, l’homme à la voix de velours, chanteur pop inclassable, artiste lunaire, créateur indépendant, hors normes, trop méconnu du grand public, s’offre le luxe de publier chez une major (donc en grande distribution), un double best-of retraçant en 29 titres l’essentiel de sa carrière. La version limitée, présentée en format digipack classieux, offre même en prime un 3ème CD 4 titres ! Qui peut se payer ça mis à part les monstres sacrés du genre Beatles, The Doors, Elton John ou Led Zeppelin ? David Sylvian apparemment, monstre sacré lui aussi, et ce n’est que justice quand on connaît le potentiel de cet incroyable chanteur et musicien. L’objet est un pur bonheur auditif qui ne comporte pas moins de 7 morceaux totalement inédits, sans compter quelques titres plus rares, issus de collaborations diverses : "Heartbeat" avec le touche-à-tout Ryuichi Sakamoto, une reprise de "Ghost", l’un des tous meilleurs titres de Japan (groupe des années 80, difficilement réécoutable aujourd’hui, dont David Sylvian est à l’origine).

"Everything and nothing" est un voyage onirique et passionnant à travers l’univers si personnel de David Sylvian, génie inspiré de la musique pop, la plus belle qui soit à mes oreilles, profonde, à la fois exigeante et accessible, souvent éthérée, toujours incroyablement arrangée et soignée. Tous les disques de l’artiste sont ici représentés, des premiers pas en solitaire  de "Brillant trees", en passant par l’acoustique et nostalgique "Secret of the beehive", le monumental, envoûtant  et planant "Gone to Earth", le très Crimsonien "The first day", cosigné avec Robert Fripp, jusqu’à l’hétéroclite mais cohérent "Dead bees on a cake", autre perle incontournable de pop sophistiquée.

Les inédits présents dans cette merveilleuse compilation habilement agencée valent également le détour, avec en tête le très beau nouveau single "The scent of Magnolia", où l’on peut entendre la jolie voix de l’épouse du maître, Ingrid Chavez. Bref, je ne saurai que vous conseiller de vous jeter sur cette merveille d’album, que vous soyez fan de toujours ou néophyte avide de découvertes et de nouveaux paysages musicaux. David Sylvian ? Un génie conceptuel, musicien, créateur, expérimentateur et chanteur accomplis (quelle voix d’exception !), qui aura marqué la musique tout genre confondu de la fin du 20ème siècle et aura fait avancé celle ci à grand pas, au même titre qu’un Brian Eno, un Peter Gabriel ou plus récemment, un certain Steve Wilson (Porcupine Tree), jeune surdoué qui défriche large, très large, en se moquant éperdument des étiquettes. Philippe Vallin



David Sylvian - Camphor (Virgin 2002)

Suite à la décision prise par David Sylvian en 2000 de claquer définitivement la porte de la maison Virgin, après 22 années de bons et loyaux services (et ce tout juste après la parution du double " Everything & nothing", sorte de "best of" de titres chantés truffé d’inédits savoureux),  plus personne n’osait espérer la sortie de son alter-ego instrumental pourtant annoncée dans la foulée. Et Ô surprise, "Camphor" atterrit aujourd’hui dans les bacs et clôture donc, sous forme d’épilogue, la collaboration entre l’artiste et son ancienne maison de disques. Avec ce nouvel album, David Sylvian nous offre une sélection de travaux instrumentaux en collaboration avec d’autres musiciens d’exception, citons ses vieux complices Robert Fripp et Holger Czukay (Can), Bill Nelson, Shree Maa ou encore le norvégien Nils Petter Molvaer, génial trompettiste s’illustrant avec brio dans l’électro-jazz . Et puisque j’en parle, écoutez donc son fabuleux "Khmer" paru chez ECM, ou encore le tout récent "NP3" affichant une pochette digne de l’imagerie Pink Floyd : vous m’en direz des nouvelles !

Mais revenons en à nos moutons : "Camphor" propose également quelques compositions issues d’anciens albums, citons pèle mêle "Gone to Earth" (LE chef d’œuvre absolu de Sylvian), "Dead bees on a cake", ou encore le projet "Rain Tree Crow" avec les ex-collègues du défunt Japan , comme l’incontournable Richard Barbieri et ses claviers magiques. Si certain morceaux n’ont fait ici l’objet que d’un simple travail de remasterisation, d’autres ont carrément été revisités, comme cette sublime et émouvante version de "Wave" avec Robert Fripp à la guitare et des arrangement de cordes qui ne dépareilleraient point sur la dernière merveille en date de Craig Armstrong. Autre très bonne surprise avec l’heureuse présence du titre "The song wich gives the key to perfection" (rareté initialement parue sur un mini-CD accompagnant le programme de la dernière tournée) où on retrouve un David Sylvian chantant en Indi sur fond de tampoura et de textures guitaristiques, évoquant fortement les atmosphères chère à Brian Eno.

Avec "Camphor", Sylvian propose donc, une fois de plus, un aperçu de toute l’étendu de son talent et une nouvelle introduction à son univers musical si riche, personnel et varié (même si l’album s’écoute comme un tout, et en boucle pour les plus enthousiastes). Pour ma part, bien que je trouve l’album globalement très réussi, je regretterai cependant quelques choix de l’artiste qui vont parfois jusqu’à frôler le foutage de gueule : les planants "Answered prayer" et "The healing place" sont par exemple ici proposés dans des versions légèrement accélérées ! Quel est donc l’intérêt d’une telle démarche si ce n’est que le remplissage ? Remplissage un peu stérile alors que certains vrais inédits (ou presque) manquent ici cruellement à l’appel, comme certaines faces B de singles qui méritaient dès le départ d’être intégrées à un album, ou encore ces quelques fameuses pièces instrumentales présentes uniquement sur l’édition japonaise de "Gone to Earth", difficile à se procurer et souvent hors de prix. Signalons pour finir l’existence d’une superbe version limitée en digipack, avec CD bonus de 38 minutes comprenant tout de même trois excellents remixes d’anciennes compos planantes cosignées par le musicien allemand Holger Czuckay. Voilà de quoi faire oublier les quelques lacunes de " Camphor" non ? Philippe Vallin

(Chroniques parues en 2000 et 2002 dans le magazine Koid'9, rock & progressif)
 


Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés