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Ce blog est consacré à mes activités d'animateur socioculturel à la ville de Saint-Denis (93), mais aussi de chroniqueur et de musicien amateur. Au fil de ces pages, vous pourrez suivre l'actualité de divers projets professionnels et autres initiatives que je (co)pilote ou auxquelles je suis associé : événements, rencontres, concerts, scènes ouvertes, jumelages artistiques, etc. Quelques chroniques musicales seront également publiées selon les coups de coeur et l'inspiration. En bref, ce site est une petite fenêtre ouverte sur mon réseau de proximité, un espace d'information et de partage d'expériences. A bientôt !

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Jeudi 25 décembre 2008 4 25 /12 /2008 16:59
- Par Fred Natuzzi et Philippe Vallin
Marillion - Happiness is the road (Racket records 2008)

Un peu plus d’un an après le sous-estimé mais pourtant excellent Somewhere else, Marillion revient comme promis avec un opus double et une nouvelle stratégie de diffusion. En effet, si d’un côté le groupe remet le couvert en faisant appel aux souscriptions de ses fans pour produire son album et leur en proposer une édition limité luxueuse, de l’autre, ils l’offrent intégralement et gratuitement, bien en amont de la date de sortie officielle, sur une plate-forme de téléchargement MP3. Stratégie payante ou commercialement suicidaire ? Ce sera à nos amis anglais d’en tirer leur propre bilan d’ici quelques temps, quand l’aventure Happiness is the road aura fait son chemin. Contrairement au monolithique Marbles qui déployait son concept ("la fuite du monde par le refuge dans les souvenirs d’enfance") sur deux galettes relativement homogènes musicalement parlant, Happiness is The Road se divise en deux parties quant à elles bien distinctes dans le fond et la forme. Essence se décline comme la suite conceptuelle de l’album (la quête existentialiste du bonheur"), tandis que The hard shoulder en constitue la face plus "rock", plus directe et spontanée. En bref, Happiness is the road  est un disque ambitieux, mais qui mettra un certains temps à livrer toutes ses saveurs et subtilités, y compris pour l’amateur éclairé et impatient de Marillion. Aussi, vue l’option retenue pour cette nouvelle livraison, il est difficile d’aborder les deux "albums" comme faisant partie d’un tout.

Les onze titres d’Essence se dévoilent donc dans un ensemble compact, avec des titres qui s’enchaînent les uns aux autres. A la première écoute, la surprise ne se fait point sentir, et le frisson que trop rarement. On a l’impression de découvrir une œuvre sans relief, sans moments de bravoure ni idées fortes, d’où un sentiment immédiat de relative déception. En fait, on devine un peu comment s'est créé l'album, avec des extraits de jam sessions collectives mis bout à bout. Si quelques titres paraissent d’emblée bien écrits, les autres respirent  davantage le bricolage et l’approximatif, avec une production qui met en avant les nappes de claviers (Mark Kelly est en effet omniprésent) et leurs vertus édulcorantes. Pour couronner le tout, Steve Hogarth fait preuve de davantage de retenue dans son chant, moins intense et bouleversant qu’à son habitude. Aussi, Steve Rothery semble avoir rangé ses fameux solos de guitares pour ne conserver que de rares phrasés légers et autres effets discrets éparses ici et là. Quelques sentiments émergent pourtant de cette déconcertante platitude, tels que la mélancolie, la contemplation où la quiétude, mais rien de bien passionnel ni passionnant. On ne retrouve ni l'émotion à fleur de peau d’un Marbles (avec lequel ce nouvel album souffre de la comparaison, format double CD oblige) ni le désespoir et le désenchantement, magnifiques, de Somewhere else. Pourtant le grain et la couleur musicale restent très raffinés dans l’ensemble, et cette nouvelle cuvée s’avère sans aucun doute plus ambitieuse qu'un Anoraknophobia qui, en son temps, avait déjà remonté la barre qualitative après les faiblesses pop des deux opus précédents. Fort heureusement, ce n’est qu’au bout de plusieurs écoutes attentives que l’on commence à saisir les nuances et "l’essence" de ce Happiness is the road part 1. Ainsi, on se laisse accrocher par les mélodies de This train is my life et Wrapped up in time, voir littéralement emporter et euphoriser par les envolées de Woke up, sans oublier le titre éponyme Happiness is the road, le Neverland de l’album, qui renoue enfin avec le style puissant et lyrique propre au Marillion qu’on aime.

The hard shoulder, le deuxième volume, s’avère être de facture plus classique et plus immédiatement accrocheuse. Il s'agit d'une collection de titres plaisants dans l’ensemble, à la durée variable, qui brillent de la même qualité de production qu’Essence, avec ce son très clair, ample et profond. Thunder fly, savant dosage entre rythmes rock accrocheurs et moments planants, ouvre les festivités, avec un petit je-ne-sais-quoi du Pink Floyd de l’ère Barrett, mais chanté à la manière Robert Plant par un Steve Hogarth regonflé à bloc. Dans la foulée, on retrouve avec Man from the planet Marzipan les changements de thèmes et d’ambiances qui font la force et l’originalité des compos du Marillion inspiré. Quelques ballades et autres titres alambiqués plus tard, on retrouve l’inévitable "hit single" de l’album, qui fait mouche là où un You’re gone donnait jadis dans le pétard mouillé. Puis s’ensuivra un très beau final sans faute de goût, avec l’enchaînement du très mélodique Especially true (qui s’achève dans un déluge de guitares façon Cathedral wall) et du puissant Real tears for sale, à n’en point douter un futur classique du groupe sur scène.

En conclusion, ce nouvel album bicéphale, faute de cohérence, ne se hissera pas au niveau d’un Brave ou d’un Marbles. Mais il n’en demeure pas moins une œuvre avec laquelle il faudra compter dans la discographie en dents de scie de Marillion. Avec Happiness is the road, le groupe poursuit son chemin à travers une nouvelle ère créative de sa singulière carrière, ère amorcée avec Marbles. En résulte une totale indépendance en matière créative, ce qui engendre le meilleur, mais aussi le pire. Après la phase "prog" (de Season’s end à This strange engine), la phase "pop" (de Radiation à Anoraknophobia), Marillion aurait-il inventé le "Post-prog" ? La suite au prochain épisode…

Fred Natuzzi et Philippe Vallin


Site web : www.marillion.com




Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 00:45
- Par Philippe Vallin
Fairy World IV (Prikosnovénie 2008)

Fairy World IV représente le dernier voyage en date en terres féériques de Prikosovénie, label indépendant qui, depuis sa création en 1991, n’a cessé d’enrichir son catalogue en musiques alternatives, cinématiques, métissées et contemplatives. Pilotée par un petit groupe de passionnés basés en Loire-Atlantique, l’association n’est pas seulement active dans la promotion et l’édition discographique, mais développe par ailleurs toute une panoplie d’activités culturelles, avec en point d’orgue la fameuse Nuit des Fées. Organisée chaque année depuis 2007 dans la très jolie ville historique de Clisson, cette jeune manifestation déjà renommée et fréquentée par de nombreux amateurs propose concerts, ateliers, marché féérique et animations diverses, à travers lesquels le travail des artistes du label est tout particulièrement mis en valeur. Et puisqu’on parle des fées, rappelons que dans la collection Prikosnovénie, ce sont les voix de la gente féminine qui sont les mieux représentées, et ce n’est pas l’avènement de cette nouvelle et bien fournie compilation qui me contredira.

Fairy world IV est aussi l’occasion d’annoncer et de réaffirmer les différentes subdivisions du catalogue, avec une petite nouvelle baptisée Mandalia, dédiée au bien-être et à la relaxation. Et avec l’arrivée de cette nouvelle vague d’artistes, la qualité musicale et le talent sont une nouvelle fois au rendez-vous. Au rayon des nouveautés donc, Poussières d’étoiles et Crista Galli nous immergent dans des ambiances sereines et aux parfums mystiques. Les deux groupes déploient leur univers à grand renfort d’instruments acoustiques, classiques et ethniques, sans oublier le chant (féminin !) d’une grande profondeur, avec pour les seconds l’utilisation des mystérieuses et envoutantes techniques vocales dites "harmoniques". Dans un autre registre, le harpiste moldave Alizbar saura susciter de bien belles émotions avec le délicat Metamorphoses of Ann, extrait de son magnifique premier opus où il œuvre en soliste, en totale osmose avec son instrument de prédilection. Gros coups de cœur également pour Ivo Sedlacek, violoniste tchèque à l’expressivité rare, qui fait ici dialoguer les vibrations de ses cordes avec celles, frappées, d’une sorte de dulcimer. Enfin, on ne peut conclure le survol de cette première subdivision sans évoquer la pureté de En approchant des rivages bleus, la pièce instrumentale proposée par Lys (avec le même Ivo Sedlacek), où mélopées de flûte et de violon se succèdent délicatement au beau milieu du bruit de vagues et d’une mer de carillons aux sonorités cristallines. 

Tradition oblige, la compilation nous offre un véritable florilège de titres inédits (pas moins de treize sur un total de dix-sept !), offerts par les plus illustres représentants du label nantais. Parmi ceux-ci, je retiendrai tout particulièrement l’excellent Echoes du trio parisien Antrabata, qui poursuit son exploration musicale en générant un style mariant allègrement la word-music, le rock planant et le trip-hop façon Portishead ou Goldfrapp. Les talentueux brestois de Mediavolo s’en tirent également haut la main avec l’aérien Unaltered Empire, et ses guitares en apesanteur, qui feraient tout à fait illusion au sein des meilleures ballades du Radiohead période OK computer. Et, une nouvelle une fois n’est pas coutume, ce sont encore ici les filles qui chantent ! Côté bonnes surprises, on poursuit dans le rayon bien fourni des voix féminines avec l’apparition d’un duo nantais baptisé Shira°Zed, qui propose avec Bghina Salam un audacieux mixage de sonorités maghrébines (chant, luth électrique, percussions) et électro. Espérons que le groupe signera prochainement sur le label, avec à la clef un tout premier album qui pourrait s’avérer fort intéressant.

La compilation conserve de bout en bout un très haut niveau qualitatif, bien que je reste toujours un peu de marbre en écoutant les chansons sympathiques mais un poil hors-sujets de Ny:Na Valès, vraiment trop estampillées "nouvelle variété française" pour susciter chez moi un réel enthousiasme. Hormis L’atmosphère, le (court) titre qui représente ici duo nantais, le voyage au pays des elfes et des émotions reste intact, jalonné de petits bijoux musicaux qu’il fait si bon découvrir. Enfin, cette belle immersion au pays des fées est aussi renforcée par l’aspect graphique de l’objet, particulièrement riche et soigné comme c’est systématiquement le cas chez Prikosnovénie. Ainsi, le classieux label contribue quelque-part à toujours donner l’envie à ses mélomanes d’acquérir les supports physiques des albums au lieu de les télécharger. Et quand on connaît le prix du livre CD qui nous intéresse ici (moins de 7 euros sur le site de l’éditeur !), on aurait vraiment tort de se priver.

Philippe Vallin





Dimanche 21 décembre 2008 7 21 /12 /2008 15:02
- Par Fred Natuzzi
Neal Morse - Lifeline (Inside Out 2008)

Au début des années 90, un groupe américain a déboulé sur la scène progressive, soufflant un vent d'originalité et de technicité sans pareil : Spock's Beard. Mené par un certain Neal Morse, la formation a révolutionné le rock progressif en proposant une synthèse ébouriffante de cette musique : maîtrise technique, suites épiques de 20 minutes, soli à tomber, compos ambitieuses. Et ce qu'elle a apporté de plus ? Le fun ! En effet, Neal et sa bande n'avaient qu'un mot d'ordre, et tout particulièrement sur scène : s'amuser. Et ce autant dans la musique, en s'échangeant les instruments, en ajoutant des sons rigolos ici et là, ou en se moquant d'eux-mêmes à la moindre fausseté, que dans les paroles, en faisant du grand n'importe quoi ou en multipliant les images absurdes. Quelques albums plus tard et le groupe se trouve porté en géant incontournable du genre progressif. Neal Morse devient alors un génie acclamé de tous, multi-instrumentiste surdoué et compositeur prolifique aux mélodies imprenables, écrivant absolument tout. L'escapade Transatlantic, avec Mike Portnoy de Dream Theater (qui jouera sur l’ensemble de ses albums solos), Pete Trewavas de Marillion et Roine Stolt des Flower Kings, parachève l'avènement du nouveau roi du prog. Et ce n'était pas sans compter Dieu dans l'affaire !

En effet, notre homme, au passé assez tourmenté, se trouve une voie dans le Christianisme qui le pousse à tout laisser tomber afin de porter la bonne parole. Exit Transatlantic et Spock's Beard donc, au grand dam des fans et des musiciens des groupes sus-cités. Et là, c'est le drame, ou du moins l'incompréhension la plus totale. Neal Morse expliquera que son départ de Spock's Beard était dû à son état de "born again" et que toute attache à son ancienne vie devait disparaître. Il n'empêche, son oeuvre solo est très proche de ce qu'il faisait auparavant. Mais avec les groupes disparaît aussi l'essentiel de l'esprit Spock's Beard : le fun. Seule la musique, d'une maîtrise technique et mélodique exemplaire, a résisté à la folie des premiers jours. Question mark est un chef d'oeuvre hallucinant de grandiloquence maitrisée, certains passages de One et Sola Scriptura sont plus metal qu'un album entier de Dream Theater, et Testimony est un condensé de tous les styles maîtrisés par notre homme. Par ailleurs, Neal sort également 3 CD’s Worship Sessions où il clame son amour de dieu, ainsi qu''un disque folk, Songs from the highway. Neal est inspiré et donc toujours prolifique. Sa discographie progressive est sans faille mais il faut bien l'avouer, le dernier opus, Sola Scriptura, oeuvre conceptuelle puisant son inspiration dans les heures sombres du catholicisme, avait déçu car les morceaux n'étaient pas assez découpés, entendez par là qu'on les trouvaient en blocs de 15 à 30 minutes, ce qui  n'était pas toujours évident à digérer. Mais aussi parce que l'ensemble était moins original, moins inspiré, avec quelques plans redondants, dans une ambiance très sombre et très sérieuse.

Puis vient ce nouvel album, Lifeline. Dénué cette fois-ci de concept central, ses 7 morceaux indépendants vont de la pop au rock progressif en passant par la folk country. Moins heavy et plus équilibré que les précédents, Lifeline montre aussi, que, grâce à la folie d'un titre comme Leviathan, Neal s'autorise à être moins austère, comme en témoignent aussi certains titres bonus du deuxième disque (une cover des Bee-gees est tout particulièrement hilarante !). Son style musical, reconnaissable entre tous, va donc un peu plus loin cette fois-ci. Peut-être est-ce dû au mélange des styles de ces précédents groupes, Spock's Beard et Transatlantic, couplée à ses influences, Beatles en tête. Peut-être est-ce dû également au "relâchement", relatif il est vrai, de sa volonté d'évangéliser  les masses. Du coup, Lifeline est un voyage musical empli de feeling et techniquement abouti, où l'auditeur pousse des "Oooooh" des "Ahhhh" d'admiration. Et pour les Anglophones, ils retrouveront d'inévitables citations bibliques sans être trop dérangés par les "Jesus" ou "Lord" trop encombrants dans les albums précédents. Un équilibre en somme entre  religieux et… fun ! Cet album est un concentré de bonheur qui vous remet sur pied si vous avez un coup de mou. Et dire que ce n'est même pas remboursé par la sécu...

Fred Natuzzi



Site web : www.nealmorse.com



Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /2008 23:22
- Par Philippe Vallin
Votre attention s'il vous plait




"Votre attention s'il vous plait.
Suite à un problème d'alimentation électrique sur le réseau, tous les trains au départ de cette gare subissent actuellement un retard indéterminé..."

Eh ben voilà, ça recommence, et nous ne sommes que lundi matin ! Encore le coup de la défaillance, ouais, ça va, on connaît le refrain. Très sincèrement, il y a des jours où on ferait mieux de rester couchés. Au lieu de ça je serai à la bourre et mon patron va me moucher

Sur le quai, c’est l’effervescence, les gens s’entassent et font grise mine. Moi j’essai de garder mes distances, j’suis pas d’humeur boite à sardines. J’aurais dû d'opter pour la voiture, me taper le périph et les bouchons. Une autre forme de mésaventure, qui transpire moins l'odeur des cons !

"Votre attention s'il vous plait.
Par suite de mouvement sociaux, la circulation sera fortement perturbée à compter de demain. Prévoir un train sur quatre aux heures de pointes"

La galère ne fait que commencer et on te propose déjà l’acte deux ? Pris en otage par ces privilégiés en grève, vraiment, c’est honteux ! Les mêmes qui clament le slogan "à nous de vous faire préférer le train". J’oubli ce tas de fainéants, je m’allume une clope, j’en ai bien besoin !

"Votre attention s'il vous plait.
Nous vous rappelons qu'il est formellement interdit de fumer dans l'enceinte de votre gare. Tout contrevenant sera passible d'amende"


Je ne suis pas du genre paranoïaque, mais là, je sens venir le complot ! Je suis victime d’un truc démoniaque, c’est quoi ce plan, cet embargo ? "La liberté qu’on assassine", je me la prends comme un uppercut. J’enfonce le clou de la déprime, j’me rabats sur le "vingt minutes"

"Votre attention s'il vous plait.
Afin d'éviter les files d'attente aux guichets, nous vous invitons à recharger votre passe dans les automates prévus à cet effet"

Arrivé à ce stade de cynisme, c’est même plus de la provocation. Une nouvelle forme de terrorisme en manque de communication. Hé ! Réveillez-vous tas de bœufs, avec vos tronches patibulaires ! Il serait temps de foutre le feu, mettre à l’amende nos tortionnaires !

"Votre attention s'il vous plait.
Soyons attentifs ensemble, merci de bien vouloir nous signaler tout colis suspect ou bagage abandonné"


Oh tu parles, ce n’est pas près de péter avec ces accrocs du portable. Ils se mettent tous à dégainer et blablater tout haut, c’est pitoyable !  Moi j’ai trouvé la parade, je mets le volume de mon baladeur à fond. C’est la meilleure des barricades pour zapper leurs conversations

"Votre attention s'il vous plait.
Des pickpockets sont susceptibles d'agir dans l'enceinte de votre gare. Veillez à vos sacs à main et autres effets personnels"


On ne peut même plus penser ni rêver avec leurs jingles à la noix. Un seul qui me brancherait, ce serait l’annonce de la bonne voie ! Car il y a un train à l’approche, super, mais pour quelle destination ? Et sur les panneaux c’est la misère, il n’y a pas plus d’indications !

"Votre attention s'il vous plait.
Pour votre sécurité, nous vous rappelons qu'il est strictement interdit de traverser les voies. Veuillez emprunter les passages souterrains"


Ca y est, mon train est enfin arrivé, mais devine, à l’autre bout de la gare ! Les masses commencent à s’agiter, c’est la ruée dans les brancards. Et ça se pousse, et ça se bouscule, et on s’encastre dans les wagons. Trop tard pour que je capitule, je fonce, et je retiens ma respiration…

"Votre attention s'il vous plait.
suite au malaise d'un voyageur, le trafic est totalement interrompu sur toutes les lignes. Un service de bus sera bientôt mis à disposition au départ de cette gare. Merci de rester à l'écoute..."



Philippe Vallin


Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /2008 11:04
- Par Bérangère Lepetit


Des enfants, des adultes, mais aussi de nombreux cheveux gris et blanc. Vendredi à 20h30, lors de l'ouverture des portes de la salle de concert, le public qui s'impatiente dans le hall de la Ligne 13 à Saint-Denis est à l'image des artistes qui vont se produire sur scène. Intergénérationnel. Ce soir, c'est le lancement du CD "Génération Slam" conçu depuis plus de trois ans à la résidence pour personnes âgées Ambroise Croizat lors des ateliers d'écriture donnés par Fabien, alias Grand Corps Malade. Avant le début du spectacle, l'organisateur prévient au micro : "Les jeunes assis sont invités à se lever pour laisser place aux nombreuses personnes âgées debout dans le fond de la salle".

Au premier rang, Marthe, 78 ans, ses béquilles posées à côté d'elle, n'a pas eu de difficulté à trouver une place assise. Et pour cause. Une feuille à la main, elle répète, un peu fébrile, son slam sur "la victoire d'Obama" qu'elle lira à la fin du spectacle. "Je l'ai écrit récemment et j'ai eu du mal à l'apprendre par coeur", sourit-elle, avant de présenter, assise à ses côté, la doyenne du slam, Eliane, 85 ans, autre slameuse d'Ambroise Croizat à se produire ce soir. "Le slam, ça nous permet de crier ce qu'on a dans le coeur, et c'est très bon pour la mémoire" rapportent les deux artistes. "Et puis, se retrouver avec tous ces jeunes, de toutes les couleurs, ça nous rend heureuses".

Car "Génération Slam", c'est le travail collectif d'une vingtaine de poètes en herbe âgé de 11 à...85 ans, toutes origines confondues, réunis grace à Fabien, dont la longue silhouette n'apparait qu'à un seul moment dans la soirée, accompagnant le benjamin de la troupe.

Sur scène, les duos et trios composés de jeunes et de vieux jouent avec les mots et profitent du décalage générationnel pour faire naître l'humour. Comme lorsque Denise, octogénaire vêtue d'une robe à fleur, joue à la "mamie à caniche" apeurée par "l'insécurité à Saint-Denis", répondant à un jeune de 26 ans dans le slam "Abuse pas mémé". Montant sur scène lors du salut final, le maire (PC) de Saint-Denis, Didier Paillard, félicite les artistes : "Votre seule présence à tous réunis sur scène suffit à me faire aimer Saint-Denis".


Bérangère Lepetit
http://www.leparisien.fr/
Article paru dans l'édition du 1er décembre 2008










Génération Slam en concert à la Ligne 13
Saint-Denis - Vendredi 28 novembre 2008
Le déroulé

Sans frontière
Les célibataires
Des mots notés
Abuse pas mémé
A la recherche du bonheur
P'tits mots
Le voyage de Gaïa
Apprendre à faire du slam
Midi 20 / 7h et demie
(
duo Grand Corps Malade et Helios)
Les amants
L'échange
Sans cesse
Nos Terres


Photos sur cette page : Laurence Thimothé


 
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