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Ce blog est consacré à mes activités d'animateur socioculturel à la ville de Saint-Denis (93), mais aussi de chroniqueur et de musicien amateur. Au fil de ces pages, vous pourrez suivre l'actualité de divers projets professionnels et autres initiatives que je (co)pilote ou auxquelles je suis associé : événements, rencontres, concerts, scènes ouvertes, jumelages artistiques, etc. Quelques chroniques musicales seront également publiées selon les coups de coeur et l'inspiration. En bref, ce site est une petite fenêtre ouverte sur mon réseau de proximité, un espace d'information et de partage d'expériences. A bientôt !

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Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /2009 15:50

FACE CACHÉE - ACTE II
Un concert Slamélodie à la Ligne 13
Vendredi 16 octobre à 20h

"Face cachée", c’est d’abord l’idée de concevoir à Saint-Denis un recueil de poésie collectif. A partir de morceaux choisis de l’ouvrage en devenir, slameurs, chanteurs, graphiste et musiciens d’âges et d’horizons divers se sont lancés ensemble dans la création d’un spectacle original, entremêlant les univers et l’esthétique de chacun. Après un "acte I" chatoyant et aux parfums d’onirisme, Slamélodie vous donne à nouveau rendez-vous à la Ligne 13 pour l’aboutissement du projet "Face cachée" : un concert/vernissage festif réunissant sur scène quelques protagonistes et nombreux invités surprise !

LA LIGNE 13
Maison de la Jeunesse
12, place de la Résistance et de la Déportation
Saint-Denis
Accès Métro L.13 Porte de Paris

Entrée : 3 €
Renseignements et réservations au 01 55 87 27 10



Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 22:40
- Par Philippe Vallin

Femme pétillante, chaleureuse, épanouie, créative et débordante d'énergie communicative, c'est ainsi que Milouda s'est révélée à elle-même et aux autres... à l'âge de 58 ans ! Après une histoire difficile, trop longtemps confinée, privée d'éducation, d'ouverture et d'émancipation personnelle, cette généreuse dame marocaine, "française de coeur" comme elle  se caractérise elle-même, découvre la liberté et la joie de vivre sur le tard grâce à l'écriture, la chanson, la danse, et surtout, la rencontre. Animée par une réelle soif d'apprendre, de s'exprimer et de partager, Milouda arpente sans relâche les scènes ouvertes et les fêtes de quartiers à Saint-Denis, participe au joyeux cabaret  "La Fabrique du Macadam" et à bien d'autres manifestations culturelles organisées ici et là en Ile-de-France. Ce vendredi 10 juillet 2009 en soirée, l'artiste qu'elle est enfin devenue fera escale en solitaire au Théranga à Paris pour vous slamer et chanter sa vie. Ne ratez pas le phénomène "Tata Milouda" !

Tata Milouda slame et chante sa vie
Chant, danse, slam, comédie, histoires...

Vendredi 10 juillet à 21h
Théranga

20, rue des Dames
75017 Paris

Entrée libre, sortie au chapeau
http://theranga.free.fr




Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 22:06
- Par Philippe Vallin


Comme les nuances de l'arc en ciel
qui chantent le jour à l'unisson
Comme les perles d'un collier
qui s'enlaceraient au fil du monde
Comme la danse des feuilles d'automne
portées aux vents d'une seule nation
Quand viendra l'aube où les hommes
ne rêvent plus que la Terre est ronde

PV.


Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 20:44
- Par Philippe Vallin

A travers les dix-sept vidéos présentées ci-dessous, vous pourrez découvrir ou redécouvrir la quasi-intégralité du concert Face Cachée acte I, une création de l'association Slamélodie présentée à la Ligne 13, Saint-Denis, le samedi 4 avril 2009. Cette initiative, réunissant autour d'un même projet des artistes amateurs de tous âges, est étroitement liée à la réalisation et à la publication de leur recueil de poésie collectif. Certain des textes présentés dans l'ouvrage ont ainsi donné naissance à la musique, aux chansons et aux visuels de ce premier spectacle. Le recueil sera dévoilé et offert au public à l'occasion de l'acte II, un concert/vernissage festif réunissant sur scène divers protagonistes de l'aventure Slamélodie ! En attendant de découvrir ce nouvel événement prévu à la Ligne 13 le vendredi 16 octobre prochain, je vous souhaite un bon visionnage de ce déroulé vidéo en ligne ! Pour plus d'information sur le projet : Face cachée.

 


Ouverture / Soldat de Plume
Boris Lelong : textures électroniques - Auzef : slam


Femme Enfant / J'Aime Pas
Nicole Fernandez : slam - Mario Micaletti : guitare acoustique - François Biscaye : basse - Eric Habib : batterie



Face Cachée
Mario Micaletti : guitare électrique, chant - Philippe Vallin : flûte, chant - François Biscaye : basse - Eric Habib : batterie

 

Qu'Est-Ce-Que Tu Caches
Franck Rakotonirina : groovebox - Mario Micaletti : chant - Philippe Vallin : flûte - Eric Habib : batterie



Entrevoir Nos Mondes
Miguy Saminadin : slam - Nicole Baudet : chant



Le Voyage De Gaïa
Philippe Vallin & Nicole Fernandez : slam - Boris Lelong : textures électroniques



Entièrement Seule
Miguy Saminadin : slam - Mario Micaletti : guitare acoustique - Philippe Vallin : flûte - François Biscaye : basse - Franck Rakotonirina : guitare électrique - Eric Habib : batterie - Boris Lelong : djembe



Ecolo Impro
Philippe Vallin : looper & instruments divers - Boris Lelong : likembe - Mario Micaletti : texte



Odeurs et Musique
Marcello Corsetout : slam - Mario Micaletti : guitare acoustique - Philippe Vallin : harmonica - François Biscaye : basse - Franck Rakotonirina : guitare électrique - Eric Habib : batterie



L'Homme de l'Ombre
Alexis Lelong : slam - Boris Lelong : textures électroniques



Déchaîné
Fred Natuzzi : slam - Mario Micaletti : guitare acoustique - Philippe Vallin : flûte, harmonica - François Biscaye : basse - Franck Rakotonirina : guitare électrique - Eric Habib : batterie - Boris Lelong : textures électroniques


Auzef : slam - Mario Micaletti : guitare acoustique - Philippe Vallin : harmonica - François Biscaye : basse - Eric Habib : batterie - Boris Lelong : clavier




Pourquoi
Marcelle Courtellemont : slam - Mario Micaletti : guitare électrique - François Biscaye : basse - Eric Habib : batterie - Boris Lelong : flûte harmonique



Sans Frontières
Marcelle Courtellemont, Maëva Poublan-Vassallo & Justine Saber : slam - Mario Micaletti : guitare électrique - François Biscaye : basse - Eric Habib : batterie - Boris Lelong : clavier



Tes Questions Bébé
Mario Micaletti : guitare électrique, chant - Philippe Vallin : chant - Miguy Saminadin : texte - François Biscaye : basse - Eric Habib : batterie - Boris Lelong : djembe



Je Voulais Juste Vivre
Auzef : slam - Mario Micaletti : guitare acoustique - Philippe Vallin : flûte - François Biscaye : basse - Franck Rakotonirina : guitare électrique - Eric Habib : batterie - Boris Lelong : clavier



Garde A Vue Sur La Mer
François Biscaye : guitare, chant - Nicole Baudet : chant - Mario Micaletti : basse - Philippe Vallin : harmonica - Eric Habib : batterie - Boris Lelong : bongos - avec la participation amicale de Milouda

Image : Bruno Simonnet et Aiman Saad Ellaoui de l'association Comdesimages
Photo : Sivo "Fox" Norn


Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /2009 10:38
- Par Philippe Vallin
De gauche à droite : Boris Lelong, Dennis Astorga, Philippe Vallin et Joon Claudio.

Le poème ci-dessous a été spécialement écrit à l'occasion du concert "Kundiman" de Dennis Astorga et Joon Claudio, donné le samedi 20 juin 2009 à la Galerie Talmart à Paris. Au cours de la soirée, dix-huit chansons ont été interprêtées en formule acoustique guitare/voix par le duo de musiciens philippins. Après avoir assuré la première partie de leur spectacle, Boris Lelong et moi-même avons été invités à les rejoindre sur "Anak", un classique du répertoire populaire en langue tagalog. Ces quelques vers en français, écrits au pied levé et déclamés durant le morceau, m'ont été inspirés par le thème de la chanson, signée en 1977 par le compositeur philippin Freddie Aguilar.


Enfant - "Anak"

Mon petit ange du matin
Mon petit bout de chagrin
Tes yeux s’écarquillent comme un sourire
Merveilleux et étrange souvenir
Mon petit ange du matin
Mon petit bout de chagrin
Sèche tes larmes, tu n'es plus seul à présent

Mon petit ange du matin
Mon petit bout de chagrin
Bien plus que la vie à t’offrir
Quelques clefs pour ton devenir
Mon petit ange du matin
Mon petit bout de chagrin
Envole-toi, déploie tes ailes vers le levant

---

Mon petit ange du matin
Mon petit bout de chagrin
Tant de chemin à parcourir
Mais pourquoi s'engager dans le pire ?
Mon petit ange du matin
Mon petit bout de chagrin
Tu seras toujours en mon cœur, innocent

Mon petit ange du matin
Mon petit bout de chagrin
Quand tu seras prêt à me revenir
Il n'y aura qu'un seuil à franchir
Mon petit ange du matin
Mon petit homme incertain
Pose toi et parle moi
mon enfant...


Ouverture de la soirée "Kundiman" à la galerie Talmart


Jeudi 18 juin 2009 4 18 /06 /2009 11:01

Suite au succès de l'événement  "Himig Pinoy" durant la Fête de la Musique 2008, des artistes philippins résidant en France et leurs amis reviennent devant la Galerie Talmart (à deux pas de Beaubourg) pour faire découvrir aux publics leur univers musical joyeux et métissé. Une quinzaine d’artistes partageront la scène à partir de 18h et jusqu’à minuit.

"PINOY JAM"
Dimanche 21 juin à partir de 18h

Galerie TALMART

Avec la participation de : Dennis Astorga, Joon Claudio, Vanessa Liwanag, Lester Lasaca, Kate Torralba, Erwin Macasero, Rupert de Jesus, Kiara Salazar, Ian Romo, Phillipe Vallin, Joyce Camacho, Boris Lelong, Karl Deang, Norwen Maming, Shadi Al Zaqzouq, Byron Santiago, Miguel Salazar et plein d’autres invités surprises !

22 rue du Cloître Saint-Merri
75004 Paris
M° Hotel de Ville / Châtelet-les Halles
Renseignements au 01 42 78 52 38

www.talmart.eu




Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 19:46

"Kudiman" ("Sérénades") est un genre musical qui fait son apparition aux Philippines vers la fin du 19ème siècle . A la fois lyriques, raffinées et teintées d'influences latines, ces chansons d'amour traditionnelles interprétées en langue tagalog sont un peu l'équivalent Philippin du Fado portugais.

Joon Claudio : chant, flûte bambou hipanog et guitare acoustique
Dennis Astorga : chant
Invités : Boris Lelong et Philippe Vallin

Samedi 20 juin à 20h
Galerie TALMART

22 rue du Cloître Saint-Merri
75004 Paris
M° Hotel de Ville / Châtelet-les Halles

Renseignements et réservations au 01 42 78 52 38
Entrée gratuite

www.talmart.eu


Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /2009 19:51
- Par Philippe Vallin
Cirrus – Mama please (Iris music 2009)

Au beau milieu d’une production musicale incroyablement dense et diversifiée, dont l’accès se voit facilité et démocratisé surtout grâce à Internet, les explorateurs mélomaniaques que nous sommes brassent sans cesse de nouvelles créations musicales. Parfois, on se sent même un peu perdus au sein de cette formidable profusion d’artistes, groupes, labels, genres et sous-genres, avec quelques difficultés à "assimiler" toutes nos découvertes, voir à faire preuve d’un peu de discernement. Et puis surprise, au détour d’une écoute, blasé dans notre quête sans fin, on finit par tomber sur l’arlésienne, le truc original, le son qui fait mouche dans l’oreille, bref, le coup de cœur immédiat. C’est ce qui m’est arrivé récemment en insérant le premier album de Cirrus dans ma platine (eh oui, certains écoutent encore des CD de nos jours !), jeune formation française inclassable à l’univers teinté d’influences folk, rock et traditionnelles. Cette rencontre avec la musique de Cirrus me replonge dans cette époque pas si lointaine où je pénétrais avec émerveillement dans les mondes imaginaires de Nosfell et son premier opus inégalé, ou du troisième essai de Sigur Ros, le définitif ( ) et son titre pour le moins énigmatique. Le disque de Cirrus, de la même manière, me séduit instantanément. Mama please pose d’emblée les fondations d’un style solide qui, malgré des influences évidentes et avouées, possède ses propres codes et dévoile des couleurs sonores inédites, aux parfums de mystère.

Cirrus, c’est d’abord la rencontre artistique d’une bande d’amis musiciens, fédérés autour d’un projet commun par la jeune vocaliste autodidacte Nawel Ben Kraiëm. De père tunisien et de mère française, Nawel passe toute son enfance en Tunisie, avant de venir s’installer en France avec ses parents. La chanteuse à la voix suave et délicatement éraillée (qui n’est pas sans rappeler le timbre si particulier d’Alison Goldfrapp à ses débuts), déclare cependant toujours souhaiter garder un pied en Orient et l'autre en Occident. Aussi, à travers sa démarche, elle tente de créer un pont entre les deux cultures, situées de part et d’autre de la méditerranée. Mais le fabuleux voyage auquel Nawel et sa bande nous convient va beaucoup plus loin qu’un simple et banal métissage musical. Point de collage superficiel à redouter ici, les influences du groupe se confondent et se mélangent en une alchimie ensorcelante, d’où jaillira une sorte de folklore imaginaire à nul autre pareil.

Dans la musique 100% acoustique de Cirrus, se côtoient les rythmes africains et orientaux (djembé, darbouka), les sonorités nordiques ou balkaniques (violon, bouzouki), mais aussi des influences plus modernes, issues de la pop-rock contemporaine. Impossible en effet de ne pas penser à Nosfell (encore lui !) en savourant le jeu de guitare de Remy Laurent et celui d'Alexandre Hetzel, qui composent ensemble et revisitent ici et là le touché atypique de notre Klokochasien préféré. Aussi, les explosions de violon et violoncelle ne sont pas sans rappeler les digressions jubilatoires de l'impassible Pierre  Le Bourgeois, complice de Nosfell en studio et sur la scène. Point de langage imaginaire par contre chez Cirrus, mais un chant en diverses langues, tantôt arabe, tantôt anglais, avec quelques rares incursions dans le français (au crochet de la lune, la tzigane) qui confèrent à l’œuvre une petite touche poétique surprenante et bienvenue.

Tout aussi mystique mais plus original que Loreena Mc Kennitt ou Irfan, aussi fascinant  qu’un Gjallarhorn en état de grâce, classieux et envoutant tel le Dead Can Dance de l’âge d’or, Cirrus crée la surprise avec un premier album de toute beauté, qui risque de squatter longtemps vos platines et baladeurs numériques. Espérons que le second volet sera à la hauteur de cette petite merveille, ce qui n’est pas un moindre défit à relever pour les musiciens de Cirrus. En attendant, ne cherchez plus et précipitez vous à la découverte de ce Mama please riche de créativité revigorante et empli de promesses !

Philippe Vallin
Chronique réalisée pour le magazine Ethnotempos




Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /2009 10:59
- Par Philippe Vallin
Gramoun Sello – Ampélémouné (Maloyallstars 2008)

C’est grâce à l’implication passionnée de Stéphane Grondin dans la promotion des musiques de la Réunion qu’une nouvelle génération d’amateurs a pu découvrir (ou redécouvrir) Gramou Sello, icône incontournable du maloya traditionnel. Disparu de la scène après plus d’une vingtaine d’années de prestations musicales aux quatre coins de l’île, Gramoun Sello, de son vrai nom Michel Sophie, reprend du service en 2006 sous l’impulsion de l’activiste culturel Stéphane Grondin, qui produit alors sur son nouveau label Maloyallstars l’excellent et bien nommé Légende du Maloya. Après les disparitions successives des ténors du genre que furent Lo Rwa Kaf, Gramoun Lélé et autre Gramoun Baba, Gramoun Sello demeure l'un des derniers grands représentants du maloya réunionnais. Son retour à l’affiche et sur les routes tombe ainsi à point nommé pour que la culture maloya reste pérenne dans sa vivacité et que son héritage puisse être "passé" aux jeunes générations.

C’est tout jeune enfant que Michel Sophie, alors qu’il travaille déjà dans une plantation de canne à sucre, découvre dans les soirées kabarés cette singulière musique métissée de l’Océan Indien, créée à l’origine sur l’île Bourbon par les premiers arrivants esclaves afro-malgaches. On peut définir le maloya comme une forme d’expression populaire qui entremêle complaintes chantée, rythmes binaires et ternaires enfiévrés, pulsations enrichies dans  le temps par l’ajout de nombreux instruments percussifs, tels que le Pikèr, le bobre ou le Kayamb. La pratique rituelle et familiale du servis kabaré, où l’on célèbre par le chant et la danse la mémoire des défunts, fascine le jeune ouvrier agricole, à tel point qu’il en deviendra lui-même musicien. Mais il faudra attendre 1980 pour que Michel Sophie, devenu Gramoun Sello, fonde avec quelques amis la fameuse troupe Roséda, célèbre formation locale avec laquelle il enregistrera une dizaine d’albums de maloya traditionnel jamais réédités, et devenus aujourd’hui de véritable objets collectors. Gramou Sello se retire de la scène vivante au seuil des années 2000, laissant à d’autres héritiers du genre le soin d’en reprendre le flambeau et de perpétuer la tradition

Parmi ceux-là, on peut compter sur Stéphane Grondin, chanteur du groupe Melanz Nasyon et fondateur du label Maloyallstars. Cette structure associative tente aujourd’hui de fédérer les apprentis maloyeurs de la Réunion au sein d’un talentueux collectif, dynamique et porteur d’événements culturels. Et quoi de mieux pour aller de l’avant que de mélanger l’expression des jeunes et des anciens ? C’est dans cet état d’esprit et philosophie que Stéphane Grondin tente de motiver l’illustre Gramoun Sello afin qu’il remette le pied à l’étrier. Et la mission semble accomplie avec brio puisque l’artiste arpente à nouveau les scènes maloya bien au-delà des contours de l’île, et qu’il publie avec quelques membres musiciens de l’écurie Maloyallstars un nouvel album tout aussi réussi que le précédent. Avec sa voix chaude et puissante, ses phrasés rythmés et incantatoires, Gramoun Sello nous livre avec Ampélémouné (traduisez La fête malgache) une très belle performance, enregistrée une nouvelle fois dans les conditions du live, seule technique permettant de retranscrire fidèlement toute l’énergie communicative et la spontanéité du "maloya roots".

Les 11 titres qui donnent corps à ce nouveau cocktail festif fait de cadences explosives et de voix incandescentes, explorent à nouveau les thématiques chères au Gramoun. A travers ses textes aux paroles simples et directes, l’artiste réunionnais nous livre des événements intimes de son parcours, quelques tranches de vie qui ont marqué sa propre existence. Dans cet hymne à la tolérance et à l’identité, il rend ainsi hommage à des pans entiers de la culture créole, avec en premier lieu celle de ces gens que l’on croise au quotidien, et avec lesquels on partage valeurs et labeurs, douceurs et saveurs, malheurs et bonheurs.... Aussi, en choisissant de reprendre quelques chansons rituelles et profanes très anciennes, Gramoun Sello, consacré en 2007 "meilleur groupe traditionnel" aux Césaires de la musique, agit dans l’espoir que puisse se transmettre la mémoire de ce territoire et de ses habitants.

Espérons que l’artiste créole continuera encore longtemps à cultiver ce précieux héritage et à scander tout haut ce bel "esprit village" qui l’anime lui et ses pairs, dans un monde en perte de sens, de repères et en grand déficit d’un produit de haute nécessité qu’on appelle tout simplement vivre ensemble. A quand une tournée du Maloya All Stars au grand complet à travers l’hexagone, où cette musique énergisante, conviviale et si généreuse reste encore malheureusement trop méconnue du grand public ?

Philippe Vallin
Chronique réalisé pour le magazine Ethnotempos




Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /2009 13:07
- Par Philippe Vallin
Gramoun Sello - Légende du Maloya (Maloyallstars)

Michel Sophie, alias Gramoun Sello, est l'un des plus grands noms du maloya, rythme traditionnel de l'Ile de La Réunion. Ce musicien créole y est né le 18 avril 1949 dans la ville de Saint-Louis. Tout petit, il fréquente peu l'école et, très tôt, travaille dur dans les champs de canne. C'est dès cette époque qu'il découvrira le maloya, lorsque celui-ci se déchaîne les soirs de "Kabar". Cette fête spécifique à La Réunion, ou la "fête des esclaves", battait son plein autour des plantations avant l'abolition de l’esclavage en 1848. Incluant la musique, la danse et le chant collectif, la tradition du Kabar a perduré, toujours fréquenté aujourd'hui par une population majoritairement créole. Véritable spectacle envoûtant et participatif, il attire aussi cependant bon nombre de touristes et autre vacanciers de passage en quête de dépaysement. La joyeuse musique qu’on y pratique, essentiellement du maloya donc (plus rarement du sega de l’Océan Indien), met à l’honneur les percussions. Les rythmes à trois temps endiablés du maloya, appuyés par un chant généralement puissant, invitent à la danse, pour certains jusqu'à la transe. Gramoun Sello en est l'un des plus illustres représentants, véritable légende du genre, aux côtés de Firmin Viry, Gramoun Lélé (malheureusement disparu en novembre 2004), Lo Rwa Kaf, et, bien sûr, l’incontournable Danyel Waro (qui vient tout juste de publier l’excellent Gryn’sel).

En 1980, Gramoun Sello fonde la troupe Roseda avec quelques-uns de ses amis musiciens, groupe qui restera comme l'un des plus importants de toute l'histoire du maloya. C'est également l'un des premiers groupes de La Réunion à développer et revendiquer un véritable contenu politique, souvent contestataire. Celui-ci publiera une dizaine d'enregistrements, malheureusement introuvables aujourd'hui, et se produira un peu partout à la Réunion, avant de disparaître à la fin des années 90. Retiré alors de la scène musicale, Gramoun Sello nous revient aujourd'hui avec un nouvel album enregistré dans les conditions du live au Bato Fou à Saint-Pierre, à l'initiative de Stéphane Grondin du groupe Melanz Nasyon, responsable par ailleurs du label Maloyallstars.

Légende du Maloya, disque qui porte bien son nom, nous transporte dans l'univers de Gramoun Sello à travers 11 titres qui illustrent, parfois avec dérision, le quotidien des Réunionnais. Car pour le musicien créole âgé de 57 ans, tout est bon à prendre pour écrire les textes de ses chansons, la vie en famille, les "cancans" et les querelles de voisinage, sans oublier les sujets plus graves que sont le racisme, la misère et les injustices sociales. A noter que deux morceaux de l'époque Roseda sont de retour grâce à cet album, les populaires Ladi lafé (traduisez par potins ) et Berta. La voix chaude et expressive de Gramoun (traduisez par Grand-père ) Sello est secondée par un chœur mixte dynamique et efficace, et appuyée par un collectif d’excellents musiciens dont Stéphane Grondin lui-même au "roulèr", sorte de gros tambour chevauché par le joueur.

Il apparaissait primordial pour Stéphane Grondin de mener à bien ce projet, avec la volonté d’ immortaliser les chansons du maître sur CD (l'homme en a plus d'une centaine dans son répertoire, ce qui laisse donc encore de la marge au label). Il commente lui même : "On ne pouvait laisser une légende comme Gramoun Sello tomber dans l’oubli. Depuis la fin de Roseda, Gramoun Sello restait tranquillement chez lui à Bois d’Olive Saint-Pierre. On ne pouvait accepter cela, c’était un sacrilège pour notre culture. Maloyallstars s’est fait un devoir de sortir Gramoun de sa case". Mission accomplie, le disque et aujourd'hui disponible dans les bacs réunionnais, et en import pour la métropole si on prend un peu la peine de chercher.

 
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