www.philippevallin.com Projets culturels & chroniques musicales
ECHANGE. Aldjia Ben Hamiche, éducatrice en environnement, évoque la rencontre des femmes tboli avec une classe de CM2 de l'école Saint-Just. Cette initiative, qui a mobilisé de nombreux services, s'incrivait dans le cadre d'un vaste programme socioculturel mené par la direction des Retraités en juin 2010 durant trois semaines.
COMMENT CE PROJET D'ECHANGE EST-IL NE ?
Philippe Vallin, de la direction des Retraités et Personnes âgées, et Boris Lelong, de l'association dionysienne Altamira, souhaitaient recevoir un collectif de huit femmes musiciennes et artisanes en provenance d'une commune rurale, "Lake Sebu", dans l'île de Mindanao aux Philippines. Différents services ont été sollicités pour mettre en oeuvre des partenariats autour de leur venue. Avec mes collègues, nous avons conçu un projet en lien avec l'éducation à l'environnement impliquant une classe de l'Eco-Parlement des écoliers, très sensible à la déforestation et aux conséquences sur la biodiversité et la vie quotidienne des habitants. Comme les femmes tboli vivent dans une forêt primaire assez sauvage avec laquelle elles sont en totale harmonie, j'ai pensé qu'il y avait forcément un lien...
CONCRETEMENT, QU'AVEZ VOUS PROPOSE ?
J'ai suggéré de mener plusieurs séances avec les enfants autour du monde de ces femmes qui vivent de leur musique, de leur art et des ressources de la forêt. En avril, nous avons consacré une première séance aux conséquences de la déforestation sur leur culture. En mai, un luthier philippin (Joon Claudio) a montré aux enfants comment fabriquer des instruments de musique avec des matériaux naturels. Nous leur avons fourni du bambou ainsi que du bois et des pierres collectés dans la forêt de Montmorency, tout près de Saint-Denis. Ils se sont approprié ces matières puis ils ont fabriqué des flûtes en bambou et des percussions. En juin, les enfants ont joué de leurs instruments et dansé pour les femmes tboli, ensuite, c'est elles qui ont montré leur savoir-faire... L'échange était très émouvant, elles étaient heureuses que les enfants connaissent une culture qu'elles ont du mal à faire survivre dans leur propre pays alors qu'elle a traversé plusieurs siècles... L'expérience a été enrichissante humainement et les enfants ont changé leur approche de leur environnement. C'est un partenariat que je souhaiterais renouveller.
Propos reccueillis par "Le Journal de la mairie"
La revue des agents de la ville de Saint-Denis
Numéro 53 - Novembre 2010
Premiers contacts à la résidence Croizat
Chanson et slam des enfants avec Joon Claudio, musicien Philippin
Démonstration de "kumbing", la guimbarde tboli
Une chorégraphie à base de bambous !
Chanson française avec Boris, Joon et Philippe
Communiquer par la musique et la danse...
Echanges et complicité internationale à la résidence Croizat !
Le site web du projet Lemhadong :
http://www.altamiramonde.net/lemhadong/
Photos : Boris Lelong, Laurence Thimothé et Philippe Vallin
"La mémoire en chantant"
Quand la musique permet d'exister
Les retraités de la ville de Saint-Denis(93) chantent leur histoire ! Le CD « La mémoire en chantant » rassembler écrits de vie et chansons favorites de ces
interprètes, débutants ou confirmés. Philippe Vallin, l’un des initiateurs de ce projet, revient sur l’histoire d’un succès bien mérité.
Le chant et la musique: des vecteurs d’expression
Agissant au-delà des mots, à mi-chemin entre le sensible et l’imaginaire, la musique est un moyen de s’engager avec poésie et sensibilité dans la relation avec soi, mais surtout avec les autres.
Ecouter une personne âgée chanter, c’est laisser s’exprimer une partie de son histoire, un sentiment, une volonté. L’auxiliaire de vie peut interroger cette mémoire, en demandant à la personne
d’où vient cet air qu’elle fredonne, en lui proposant d’écouter ces musiques ensemble,… et en partageant avec elle ses goûts musicaux ! « Les personnes qui ont participé à ce projet sont venues à
nous d’elles-mêmes, parfois grâce aux conseils d’une aide à domicile ! » se souvient Philippe Vallin.
Réveiller les talents cachés

« Nous connaissions certaines de ces personnes à travers des animations passées, mais pour d’autres c’était une révélation ; une dame âgée, très timide, qui participait peu aux animations, est
venue un jour avec l’envie de chanter… Nous étions époustouflés devant son répertoire musical immense de chansons populaires traditionnelles, sûrement très anciennes et devenues rarissimes, à tel
point que nous n’avons pas toujours retrouvé le nom des auteurs ! »
Un support de mémoire
« L’objectif de ce projet était d’explorer le paysage musical des retraités de Saint-Denis, par un acte de transmission, rassemblant musiques et récits de vie. Ce travail est donc le fruit d’un
véritable collectage deparoles,dont le résultat est un fabuleux recueil de mémoires, le reflet d’une époque. Nous avons choisi le support du CD car il est le plus diffusé dans le paysage
culturel contemporain. C’est un outil extrêmement valorisant pour la personne âgée, qui pense que ce support est réservé aux chanteurs professionnels.»
Concrétiser les expériences vécues
Le plaisir de chanter
En septembre 2004, lors d’un séjour de vacances à Montrem (Périgord) les musiciens de l’association constatent le plaisir que prennent les personnes âgées à chanter ensemble. « Lorsqu’une
personne entamait un refrain, les autres suivaient. Nous aimions les entendre chanter, et voulions mettre des moyens au service de ce talent.»
Un premier succès
Les premières rencontres « Musique et chanson », organisées dans les foyers résidences de la ville mettent en place des scènes ouvertes, où les jeunes artistes, les professionnels comme les
personnes âgées peuvent chanter « Un retraité, qui avait eu une carrière de violoniste, avait été obligé d’abandonner son instrument suite à des problèmes d’audition. Les scènes ouvertes lui ont
donné une raison de ressortir son violon, de composer des musiques,… Alors qu’il ne s’en pensait plus capable!»
L’expérience radiophonique
Puis, lors d’un second séjour de vacances à Montrem les organisateurs tentent de mettre en place un projet de radiophonie, diffusé sur les ondes locales « Un franc succès! Les retraités se sont
laissés interviewer et ont même poussé la chansonnette. Il y avait tellement de choses à dire qu’il fallait enregistrer la journée, monter le soir, pour ne diffuser que le lendemain! »
Un travail dans le temps
Cinq années de partenariat entre le Service Animation et Vie Sociale de la Direction Retraités et Personnes âgées et l’association culturelle Altamira ont donc abouti à la création de ce projet
«Il nous a semblé que ce plaisir de chanter et de raconter pourrait se concrétiser parla réalisation et la diffusion d’un CD. Grâce à une subvention versée à l’association Altamira par la ville
de Saint-Denis, « La mémoire en chantant » a pu voir le jour».
Le disque, portrait sonore
De nombreux retraités étaient d’ores et déjà partie prenante du projet, de par leur participation active aux rencontres « Musique et chanson». Très fréquentés, celles-ci génèrent un bouche à
oreille important, tant au niveau du public que des professionnels « Pour rassembler les gens, nous n’avons misé que sur les contacts, cela donne une vraie force au projet car il engendre du lien
».
Sons de vie
« Avec Boris Lelong nous avons pu nous rendre au domicile des personnes, pour effectuer nos enregistrements. Cela nous semblait important dans la mesure où nous voulions enregistrer la personne
dans son environnement, avec les bruits qu’elle entend,…». Près des fenêtres ouvertes, dans une ambiance intime, les deux organisateurs (animateur et musicien) réalisent deux types
d’enregistrements:
• les musiques vivantes : la personne âgée, volontaire, interprète une chanson de son choix, ou joue d’un instrument qu’elle affectionne,
• les récits : les interprètes reviennent sur l’histoire qui les lie à la chanson, et plus généralement par la place occupée par la musique dans leur vie.
Entre Ma Normandie, Félicie, L’Hymne à l’amour ou le Temps des cerises, chantées le plus souvent a capella, les personnes âgées aiment à se souvenir des
chanteurs des rues dont elles accompagnaient les refrains « au coin de la mairie », les jours de marché, ou rue de la république. Une personne âgée, Thérèse, se souvient du raccommodage de
chaussettes avec sa mère : «je m’asseyais à côté d’elle et on chantait, c’était vraiment un bonheur ! Aujourd’hui, les gens n’ont plus le cœur à chanter.».
Faire honneur aux paroles
Au total, une quarantaine de personnes s’expriment, chantent, se présentent,… « Treize heures d’enregistrement ont étés réalisées. Un travail de titan qu’il a fallu réduire en 70 minutes ! Au
final, chaque personne enregistrée est présente sur le CD. Il ne s’agit pas d’une performance artistique, mais de mettre en valeur des voix simples, parfois fragiles, et qui font passer quelque
chose…»
La diffusion
« Il n’y a aucune démarche commerciale dans cette initiative. Nous avons pu mobiliser des gens, réveiller des envies, et surtout activer d’autres projets ».
Comme un air de transistor
Lorsque la première version du CD est finalisée, les retraités participants sont invités à une écoute collective « Toutes les personnes étaient réunies autour du poste. Il n’y avait aucun bruit,
que le son du CD dans la pièce et des réactions gaies, pensives, rêveuses, sur les visages ». Les participants sont enthousiastes, mais il reste encore à convaincre le grand public !
La présentation du CD

Le premier tirage du disque est fixé à un millier d’exemplaires. Pour sa diffusion, une grande soirée est prévue « Plus de 300 personnes étaient invitées: familles, amis, professionnels, et
d’autres associations espagnoles, africaines… » Sur le même principe de scène ouverte, les retraités interprètent en solo, en chœur, ou avec des instruments, des chansons qu’ils affectionnent.
Chaque invité, conquis, repart avec un CD !
Des projets en marche
«« La mémoire en chantant » est un projet phare : il a permis à la ville de recevoir le label «Bien vieillir» (1). Ce projet nous a conduit à d’autres ouvertures notamment la création d’un CD de slam avec les retraités et les jeunes de la ville, en collaboration avec l’artiste Grand Corps Malade. Prochainement, le foyer-logement accueillera des musiciennes des Philippines, pour une série de concerts et de rencontres avec les retraités. Le CD continue de vivre, puisque des écoles de la région s’en servent comme support de transmission culturelle : le CD a par exemple inspiré deux classes d’une école élémentaire de Saint-Denis à monter une chorale intergénérationnelle avec les personnes âgées d’une résidence à proximité »
Propos de Philippe Vallin recueillis par Yannick Vaitilingom
Article paru dans le N°17 de la revue Doc'Domicile (mai/juin 2010)
Photos sur cette page : Boris Lelong, Sivo Norn, Miguy Saminadin Laurence Thimothé, Philippe Vallin
(1) Lancé au mois de juillet 2009, le label «Bien vieillir» représente un vrai engagement pour les villes puisqu’elles élaborent un plan d’action sur cinq ans pour répondre aux
enjeux liés à la place des aînés dans les villes et créer des structures adaptées dans les domaines des transports, de l’habitat, de l’urbanisme, du logement, des prestations de services et du
renforcement du lien social.
Pour en savoir plus :
Altamira, musiques solidaires
Avec la musique comme fil conducteur, Altamira explore les liens entre culture et développement humain, et leur potentiel en terme de dynamisation sociale. L’association mène de multiples initiatives auprès de communautés d’Afrique et d’Asie ainsi qu’en France, tout particulièrement dans la ville de Saint-Denis. Ses actions s’appuient sur les expressions collectives des populations avec lesquelles elle travaille, expressions mises en valeur à travers des publications (notamment discographiques), des spectacles pluridisciplinaires et des rencontres culturelles de toutes sorte.
Rendez-vous du Pôle des musiques du monde
LES AVENTURIERS DE LA MUSIQUE
Avec Tran Quang Hai, Boris Lelong et Moudou ould Mattalla
Samedi 20 novembre 2010 à 21h00
à Savigny-Le-Temple
Dans le cadre convivial du café-concert, rencontre avec deux explorateurs de la diversité musicale à travers le monde. Tran Quang Hai est musicien et ethnomusicologue,
spécialisé dans les musiques d'Asie et le chant diphonique. Boris Lelong est musicien et mélomane, collecteur autodidacte et fondateur de l'association Altamira. Côté scène, nous découvrirons la musique mauritanienne avec le guitariste Moudou Ould Mattalla, qui vient pour pour
la première fois en Europe suite à sa rencontre avec Boris Lelong en 1998, dans la ville de Chinguetti.
Espace Prévert
4, Place du miroir d’eau - Plessis-le-Roi
77176 SAVIGNY LE TEMPLE
01 64 10 55 10
info@scenedumonde.fr
Tarif : 8 € / Réduit et Abonné : 6 €
En partenariat avec le SAN de Sénart et les comités de jumelage de Sénart.
http://www.scenedumonde.fr/LES-AVENTURIERS-DE-LA-MUSIQUE.html
Carnet de voyage
"Les Paroles ont des Ailes"
De Saint-Denis à Madagascar
Samedi 18 Décembre 2010 à 20h30
Saint-Denis - La Ligne 13
Depuis 2007, poètes et musiciens de Saint-Denis et du village d’Isorana à Madagascar échangent textes et mélodies. Orchestrée par Altamira, cette correspondance artistique a également pris la
forme de séjours de plusieurs dionysiens à Isorana, avec la perspective d’accueillir un jour à Saint-Denis les paysans-artistes d’Isorana. En attendant, rendez-vous à la Ligne 13 pour un carnet
de voyage scénique et convivial proposé par un collectif dionysien intergénérationnel aux multiples talents, entre musique, slam et vidéo...
LA LIGNE 13
Maison de la Jeunesse
12 place de la Résistance et de la Déportation
Saint-Denis
Accès Métro L.13 Porte de Paris
Tel : 01 55 87 27 10
Entrée gratuite
Un projet soutenu par la Ville de Saint-Denis (Direction de la Jeunesse, Direction des Retraités et Direction de la Culture).
Site officiel :
http://www.altamiramonde.net/isorana
Retour sur le projet en 2010 :
http://www.altamiramonde.net/isorana/2010.html
Lundi 18 octobre devant et dans le RIE - restaurant inter-entreprises de la ville de Saint-Denis, des agents communaux mettent en oeuvre "la lutte en chantant" contre de le projet de loi Woerth-Sarkozy sur les retraites. La mobilisation continue autant que possible dans la bonne humeur !
Si tu restes dans ton coin
Si je reste dans mon coin, si tu restes dans ton coin
On n'ira pas loin, on n'ira pas loin !
Si je reste dans mon coin, si tu restes dans ton coin
On ira pas loin, on n'ira pas loin !
Moi j'veux pas travailler
Toute une éternité
Car j'ai assez cotisé
J'ai toutes mes annuités
Et plus si affinités...
Si je reste dans mon coin, si tu restes dans ton coin
On n'ira pas loin, on n'ira pas loin !
Si je reste dans mon coin, si tu restes dans ton coin
On ira pas loin, on n'ira pas loin !
C'est la désinformation
Messieurs Sarko et Félons
Est-ce qu'on nous prend pour des cons ?
Chantons la révolution !
Et plus si affinités...
Si je reste dans mon coin, si tu restes dans ton coin
On n'ira pas loin, on n'ira pas loin !
Si je reste dans mon coin, si tu restes dans ton coin
On ira pas loin, on n'ira pas loin !
Alors jeunes et retraités
Allons tous manifester !
C'est ensemble qu'on va gagner
Dans la solidarité
Et plus si affinités...
Si je reste dans mon coin, si tu restes dans ton coin
On n'ira pas loin, on n'ira pas loin !
Si je reste dans mon coin, si tu restes dans ton coin
On ira pas loin, on n'ira pas loin !
"Si tu restes dans ton coin"
Une petite bafouille à scander signée Mario Micaletti et Philippe Vallin, pour le mouvement "Saint-Denis en lutte"
http://saintdenis.enlutte.org/
Des agents communaux de Saint-Denis devant le Sénat le 5 octobre 2010 pour dire NON au projet de loi Woerth !
Pour faire face au projet de loi sur la réforme des retraites que cherche à nous imposer le gouvernement Sarkozy, des agents communaux de la ville de Saint-Denis (syndiqués ou non syndiqués) animés par les mêmes valeurs fraternelles et citoyennes se sont mobilisés en créant ensemble le mouvement "Saint-Denis en lutte".
Depuis la fin du mois de septembre 2010, nous multiplions les actions au nom de l'intersyndicale FO, SUD, et CGT Plaine Commune à laquelle nous sommes associés pour contrer la réforme en cours sur l'épineux dossier des retraites.
Le site "Saint-Denis en lutte" : un outil informatif et contributif
- Afin de faire connaître au plus grand nombre notre mouvement et en inciter d'autres à venir discuter (et pourquoi pas nous rejoindre !),
- afin d'informer nos collègues agents territoriaux sur leurs droits, ainsi que sur l'organisation de la grève et des manifestations à Saint-Denis et sur Paris,
- afin de donner quelques eclaircissements sur les débats en cours et dénoncer la campagne de désinformation gouvernementale relayée par les grands médias,
- et enfin, afin de rendre visible les nombreuses initiatives menées au plan local et national, nous avons créé un site web :
http://saintdenis.enlutte.org/
Ce site d'informations évolutif est à la fois un lieu ressource et participatif, alors n'hésitez pas à faire part au webmaster de vos propres remarques, réflexions, documents et autres éléments à faire partager !
Un riche programme de rencontres et d’animations au fil des jours
Lundi 14 Juin : « Musiques au Conservatoire »

Cette rencontre, préparée avec les professeurs du conservatoire municipal, a consisté en une séance d’échanges musicaux interculturels à la fois studieuse et ludique, où chacun a
pu présenter, instrument à l’appui, sa propre pratique musicale. De nombreux élèves étaient présents, ainsi que quelques retraités, dont certain fréquentent l’établissement. Cette rencontre a
suscité une grande curiosité de part et d’autre.
Mardi 15 Juin : Découverte de Saint-Denis
Accompagnées par les animateurs, le groupe Lemhadong est parti à la découverte du centre ville de Saint-Denis, avec déambulation dans le marché cosmopolite, visite de la Basilique et la
Mairie (à l’initiative d’un agent des relations publiques). Aux Philippines, des problèmes administratifs ont entraîné un contretemps dans la délivrance des passeports, et le groupe n’a
pas pu atterrir en France le 10 juin comme prévu initialement. Ce retard a eu pour conséquence l’annulation de la réception officielle prévue avec les élus de la municipalité dès le lendemain de
son arrivée. Cette visite « non officielle » de l’hôtel de ville en début de séjour est donc très bien tombée !
Pot d'accueil à la résidence Croizat
Avec les résidents, l’équipe de Croizat, et celle des aides à domicile du secteur, nous avons organisé une petite réception de bienvenue à l’attention du groupe Lemhadong. Des
chansons préparées ou lancées spontanément en solitaire ont été offertes pas les résidents de l’expression vocale. En retour, les artistes Tboli ont proposé quelques petits aperçus de leur long
savoir-faire musical ! Pour l’occasion, ont été dégustées des spécialités culinaires des Antilles, d’Haiti ou du Cap-Vert, généreusement préparées par l’équipe des aides à domicile mobilisée
sur le projet.
Soirée jammin’ à la Ligne 13
Cette soirée musicale ouverte à tous publics a été préparée à l’invitation des professionnels du service des pratiques artistiques et culturelle de la jeunesse, qui ont mobilisé en amont quelques
artistes dionysiens. Musiciens, chanteurs, rappeurs, slameurs et danseurs de « coupé-décalé » sont ainsi venus faire découvrir la variété des cultures urbaines aux
femmes de Lemhadong, qui au fil de la soirée leur ont offert la répartie sur scène.
Mercredi 16 Juin : Rencontre à l'antenne Jeunesse Peri-Langevin
Un moment d’échange culturel et intergénérationnel particulièrement festif, organisé avec l’équipe de l’antenne jeunesse Péri-Langevin. Dans une ambiance familiale au pied de la
cité : goûter, défilé en costumes traditionnels (Mali, Kabylie, etc.), danse orientale avec l’association L’Œil arabesk, mais aussi musique et danse improvisées avec Lemhadong et les femmes
berbères, accompagnées de leur bendir ! Un petit groupe de retraités du quartier Sémard est venu participer à la fête et partager le repas du soir, accompagnés par leurs aides à domicile et
les agents de convivialité.
Jeudi 17 Juin : « Ecologie, musique et danse »

Rencontre du groupe Lemhadong avec une classe de CM2 de l’école Saint-Just à la Plaine (qui contribue à l’éco-parlement des enfants), préparée avec l’animatrice du Pôle
Environnement de la ville. Au programme de la journée : des échanges sur le thème de la déforestation, des modes de vie, du monde spirituel Tboli (les fées, esprits gardiens des
plantes, des animaux…), et étonnant dialogue musical à partir d’instrument fabriqués en classe avec des matériaux naturels, chansons et danses collectives à l’appui. Dans ce cadre, la ville fait
appel aux services pédagogiques de Joon Claudio, luthier et musicien Philippin bien connu des retraités dionysiens pour avoir contribué à divers projets qui les ont associés
(accompagnement culturel à Montrem en Périgord avec Altamira, spectacle « Diwata » à l’initiative de Croizat, « Rencontres Musique et Chanson » dans les résidences, scènes
ouvertes intergénérationnelles au café culturel..).
Joon est intervenu à plusieurs reprises dans la classe pour préparer cette rencontre des enfants avec Lemhadong et les personnes âgées. Une relation très forte s’est nouée avec son petit groupe
d’artistes qui ont révélés à travers cette expérience quelques talents insoupçonnés (les instituteurs du groupe scolaire souhaitent d’ailleurs pérenniser à l’année ce travail qui a donné de beaux
résultats en si peu de temps !). Initialement prévue dans le parc de la Légion d’honneur autour d’un pique-nique, cette rencontre a été transposée à la résidence Croizat suite au mauvais temps,
ce qui aura eu l’avantage de permettre à plus de retraités de pouvoir participer.
Visite des Serres Municipales
Les plantes jouent un rôle important dans la culture Tboli, où le lien avec la nature reste prépondérant. C’est donc avec grand intérêt que les femmes de Lemhadong ont exploré
les serres municipales, guidées par les jardiniers. Elles ont profité de cette opportunité pour rechercher des végétaux qui leur permettraient de confectionner des instruments de musique
« éphémères » utilisés pour le spectacle au TGP (elles trouveront d’ailleurs leur bonheur avec une tige compatible avec la paille de riz !). L’équipe des serres auront largement
contribué au spectacle, en fournissant également de nombreuses plantes et compositions florales utilisées pour enrichir le décors sur la scène.
Vendredi 18 Juin : Fête des résidences à Dionysia
Les artistes de Lemhadong sont intervenues dans le cadre convivial de la Fête des Résidences, en partageant la scène l’après-midi avec les retraités, entre le groupe théâtral de
la résidence "Ma Maison "et la chorale Dionysia. En soirée, les femmes Tboli ont découvert une manière inédite de faire la fête, et elles se sont prêtées avec amusement au jeu des danses de
salon, rondes et autres joyeux comportements exotiques ! Quelques jours plus tard, Lemhadong revenait déjeuner à la résidence Dionysia, avec le groupe des « Mamies créatives » qui
leur ont offert des colliers de leur fabrication.
Lundi 21 Juin : « Berceuses du monde » à la résidence Croizat
Un moment d’échanges musicaux et culinaires, organisé à avec la Direction de la Santé et les éducatrices des PMI Franc Moisin, Sémard, Connoy et Barbusse. Mamans, enfants en bas
âges, résidents et professionnels ont partagé avec Lemhadong un répertoire de berceuses (il en existe dans toutes les langues et dans toutes les cultures), suivi d’un repas qui
aura mis chacun des participants à contribution.
« Pinoy Jam » à Paris - Fête de la musique Franco-Philippines
A l’occasion de la fête de la Musique 2010, le groupe Lemhadong s’est retrouvé invité au désormais traditionnel « Pinoy Jam », grand rassemblement franco-philippin entre concert
et scène ouverte, organisé chaque année devant la Galerie Talmart, à deux pas de Beaubourg. Lemhadong participera à l’affiche de la soirée, ainsi que les quelques chanteurs et musiciens
dionysiens également de la partie. Cette sortie, accompagnée avec le précieux concours de quelques retraités bénévoles, aura été l’occasion pour les femmes Tboli de faire connaissance avec le
métro, les escalators et les tapis roulants du métro, véritables attractions à part entière de cette chaleureuse soirée festive !
Mardi 22 Juin : Buffet musical dans les jardins de la résidence Croizat
Une grande soirée barbecue et scène ouverte organisée dans les jardins de Croizat, et préparée avec les résidents l’après-midi autour de la confection de gâteaux
« moyenâgeux ». Cet événement a rassemblé autour de Lemhadong personnes âgées, collégiennes de Jean Lurçat, groupe de femmes de la Plaine (association Jeunes Espoir de Paix) et autres
participants venus parfois de la lointaine banlieue (On se souviendra de la chanteuse ukrainienne venu offrir des chansons traditionnelles de son pays d’origine !)
Mercredi 23 Juin : Journée avec le Centre de Loisirs Jean-Vilar
Les femmes de Lemhadong ont passé une journée entière avec les enfants du centre de loisirs élémentaire Jean-Vilar, avec une matinée consacrée à des activités manuelles
(perlage), et un partage de danses et d'expression musicale dans le préau de l'école. Deux enfants que le groupe avait déjà rencontrés quelques jours plus tôt au conservatoire, ont insisté pour
amener leur instrument (flûte traversière et violoncelle), fiers d'avoir une occasion de montrer leur savoir faire aux copains du centre. Puis départ à midi pour un grand pique-nique en forêt,
moment convivial qui s'est enchainé par un bel après-midi de jeux collectifs, d'aventures en tous genres et de contes Tboli ! Cette journée en commun a permis à Lily, agent de convivialité auprès
des personnes âgées du centre ville, de faire connaissance avec la dynamique équipe du centre et leurs groupes d'enfants. Un bon point de départ pour de futurs échanges et activités
intergénérationnelles à mettre en place à l'échelle du quartier.
Repas solidaire à la Résidence Basilique
Concert “ Stabat Mater ” à la Basilique (Festival de Saint-Denis)
En fin de journée déjà bien chargée, le groupe Lemhadong était attendu à la résidence Basilique par l'équipe, les résidents, et un groupe de bénévoles de l'association Femmes
Solidaires. Apéritif dans le patio, repas préparé par l'association et quelques résidents, et sortie commune à la Basilique de Saint-Denis pour assister à la répétition générale du «
Stabat Mater » de Poulenc. Moment ludique et intéressant donc pour nos musiciennes philippines, qui allaient présenter leur propre création aux dionysiens quelques jours plus tard dans la grande
salle du Théâtre Gérard Philipe.
Dimanche 27 Juin : Sortie Découverte de Paris
Dans le cadre du programme trimestriel d'animations des retraités, nous avons organisé une croisière sur la seine en Bateau-mouche, suivie d'une ballade dans le Quartier Latin avec
Lemhadong. Le concept de cette sortie étant de faire découvrir les symboles de la capitale par les retraités eux-mêmes, qui se sont prêtés au jeu avec joie. Un petit groupe de personnes âgées de
l'animation de quartier Sémard a également participé à cette escapade parisienne, contribuant ainsi à la convivialité et à la bonne ambiance de cette sortie mémorable pour tout le monde.
Lundi 28 Juin : Atelier créatif à Croizat
A cette occasion, résidents et groupe Lemhadong ont pu exposer leurs créations respectives et échanger autours de leurs savoir-faire manuels : tissage, broderie, perlage, etc.
L'organisation de cette animation correspondait également à une demande des retraités et des équipes de pouvoir acheter de l'artisanat Tboli, avant tout en souvenir des liens tissés au cours de
cette rencontre humaine inoubliable.
Mercredi 30 Juin : « Despedida ! »
Beaucoup d'émotion de part et d'autres à l'occasion de cette grande fête de départ organisée dans les jardins de Croizat, réunissant autour de Lemhadong les résidents, les équipes de
professionnels et les partenaires impliqués dans l'aventure. Pendant le déroulement du barbecue, se sont échangés les derniers cadeaux, sans oublier les jolis témoignages et retours de
chacun sur cette formidable expérience et les relations d'amitiés qui en sont nées.
Le spectacle de Lemhadong au TGP : une grande fête dionysienne
Après avoir exploré la ville durant deux semaines et découvert une culture très éloignée de la leur, les musiciennes de Lemhadong nous ont emmené en retour à la découverte de leur monde. Avec
l’aide d’altamira pour la conception artistique, elles nous ont immergé dans un spectacle féerique fait de musiques et de danses, au son des luths, des gongs, des flûtes et autres instruments
traditionnels. Deux narratrices dionysiennes (Eliane et Agathe : une retraitée et une adolescente) les ont accompagnées sur scène afin de leur prêter leur
voix française. Tout comme nos amies des philippines, ce fut pour elles une expérience totalement inédite, et pour laquelle elles assureront avec brio. Au final, il en résultera un spectacle
vibrant et magique pour tous, avec un public conquis, impliqué et complice.
Autour de ce concert gratuit organisé avec la direction de la culture, nous avons mis en place des moyens pour que les professionnels liés au projet puissent accompagner leur public (mise à
disposition de deux cars et d’un minibus) ou les encourager à venir. Le bouche à oreille aura bien fonctionné, notamment avec les enfants qui auront souvent réussi à mobiliser leur familles et
leur voisinage ! Au total, pas loin de 300 dionysiens (et un public en général peu habitué à ce type d’offre culturelle) auront participé au grand bouquet final avec les
femmes de Lemhadong.
La conclusion de toute cette aventure
Malgré le défi que représentait cette toute cette aventure, les difficultés rencontrées au départ (retard du groupe), le rythme intense d’activité prévu et la multitude de partenaires impliqués,
le programme élaboré et prévu en amont du séjour de Lemhadong a pu être assuré dans son intégralité. Toutes ces rencontres ont été conçues dans une optique de brassage social et de
dynamique inter-partenariale : la résidence artistique des femmes de Lemhadong à Saint-Denis a offert un cadre sans pareil pour réunir des habitants de diverses origines et
générations, ainsi que des professionnels des services municipaux autour d’une expérience commune. Bénéfique sur le long terme, le projet Lemhadong a en ce sens ouvert des portes à d’autres
types de coopérations possibles avec des partenaires rencontrés pour l’occasion.
Très transversal dans se conception, ce projet a en effet permis de faire travailler et interagir ensemble des services dont les missions sont souvent très distinctes de par leurs spécificités.
Cette démarche permet aussi aux professionnels de « sortir » du cadre de leur métier et de réinvestir pour certains des missions d’utilité sociale. Les retours de chaque acteur impliqué
vont très souvent dans ce sens : ce projet a apporté une réelle plu-value au travail du quotidien. Au final, ces temps de réflexions partagées, ce travail de proximité engagé sur le terrain
et l’investissement de tous ont donc prouvé leur efficacité, avec à clef le montage d’une opération dont la réussite dépasse même nos espérances.
Du point de vu des femmes de Lemhadong, toute cette expérience aura été pour elles quelque chose d'unique et d'inoubliable. Ces personnes issues d'une culture si lointaine et au mode de vie si
différent se sont senties chaleureusement accueillies et surtout considérées par l’ensemble des habitants qu’elles auront rencontrés au fil de leur périple. Par
ailleurs, elles portent un regard intéressant sur la population dionysienne, impressionnées par notre diversité pluriethnique et notre admirable facilité à vivre ensemble !
Le site web du projet :
http://www.altamiramonde.net/lemhadong
Retour à la 1ère partie :
Photos : Lucie Edouard, Boris Lelong, Alexis Lelong, Laurence Thimothé, Philippe Vallin
Vidéo : Boris Lelong
Retour sur les sources du projet Lemhadong
Du samedi 12 juin au jeudi 1er juillet 2010, Saint-Denis a accueilli sur son territoire le groupe Lemhadong, un collectif de huit femmes musiciennes et artisanes en provenance de Lake Sebu, commune rurale située au cœur des montagnes forestières du sud de l’île de Mindanao aux Philippines. Fruit d’un travail de coopération culturelle mené sur le long terme avec l’association dionysienne Altamira, ces artistes indigènes (les Tboli) dépositaire d’une culture en voie de disparition, ont réalisé avec le CD « Femmes artistes du lac Sebu », une œuvre singulière conçue comme un portrait sonore de leur communauté, associant musiques, chants, sonorités de l’environnement naturel et de la vie quotidienne au village.
Acclamé par de nombreux spécialistes des musiques du monde et distingué par l’Académie Charles Cros, le disque et sa notoriété auront permis de pouvoir imaginer le montage d’une tournée exceptionnelle des femmes de Lemhadong en France. Mais ce projet n’aurait pas pu se réaliser sans la volonté et le concours de la République des Philippines (NCCA - National Commission for Culture and the Arts), qui a rendu cette aventure possible grâce à la prise charge financière du voyage de Lemhadong, programmé au musée du Quai Branly ainsi qu’au Festival « Les Orientales » en Maine-et-Loire.
La ville de Saint-Denis s’est saisie de cette belle opportunité pour développer durant trois semaines un vaste programme d’animation socioculturelle avec Lemhadong, associant de nombreux services municipaux ainsi que des habitants de toutes générations dans différents quartiers. L’initiative a été montée et co-pilotée par les animateurs du CCAS et Altamira, partenaire de longue date de la Direction retraités autour de projets culturels innovants qui mettent directement à contribution les ressources des personnes âgées : « La Mémoire en Chantant », « Générations slam », les échanges artistiques en cours avec les villageois d’Isorana à Madagascar, etc. L’accueil de Lemhadong s’inscrit d’ailleurs dans la continuité de ces réalisations et de la réflexion autour de ce métier en développement.
Durant leur séjour à Saint-Denis, les musiciennes de Lemhadong ont été accueillies et hébergées par le foyer de retraités Ambroise Croizat, impliquant au fil des jours les résidents et les équipes de professionnels à travers multiples rencontres et activités intergénérationnelles : animations festives dans les quartiers, sorties, visites, ateliers d’échanges de savoir-faire musicaux ou artisanaux, scènes ouvertes, repas contributifs, etc. Cette résidence artistique inédite s’est conclue par un spectacle des femmes du lac Sebu dans la grande salle du Théâtre Gérard Philipe, soirée réunissant tous les protagonistes de cette rencontre improbable et de ces échanges interculturels inédits.
Le travail préparatoire en amont : un projet coopératif
Bien avant la venue du groupe à Saint-Denis, ce projet très transversal a nécessité un travail préparatoire important, et il a permis d’activer durant six mois une forte mobilisation de nombreux professionnels au sein de plusieurs directions et services municipaux. Au niveau du CCAS/Service animation et vie sociale, Philippe Vallin est l’instigateur du projet Lemhadong avec Boris Lelong d’Altamira. Il en a assuré la coordination avec l’ensemble des partenaires, tout en s’impliquant dans l’organisation et l’animation des différentes initiatives et rencontres mises sur pieds. Il a été secondé dans ce rôle par Laurence Thimothé (en photo ci-dessus avec Neyet), animatrice référente du territoire où est implantée Croizat), responsable entre autres de toute la logistique liée à accueil et à l’accompagnement au quotidien. La réalisation de ce projet a également été suivie de près par Geoffrey Bertazzolo, étudiant en 1ère année IUT carrières sociales et stagiaire au service animation retraités durant tout le mois de juin 2010. Cette riche expérience professionnelle lui aura permis de découvrir de nombreux aspects du métier d’animateur socioculturel ainsi que des perspectives intéressantes dans ce domaine, en le confrontant à divers publics et situations sur le terrain, et en lui offrant de participer à une aventure humaine à la fois singulière et tombée à point nommé.
La démarche : avec Altamira, nous avons proposé à différents partenaires, à commencer par la résidence Ambroise Croizat, de participer à ce projet dans le cadre de leurs activités. L’accueil en a été très positif, et chacun des professionnels sollicités (pour la plupart des responsables d’équipement ou des acteurs en lien avec l’animation ou le milieu éducatif), a répondu avec intérêt et enthousiasme, entrevoyant dans chaque cas des actions concrètes à mettre en œuvre avec son public et dans son propre champ de compétences.
Dans un second temps, six séances de découverte et de sensibilisation ont été organisées à l’attention des habitants et partenaires. Ces présentations interactives du projet en forme d’immersion dans le monde culturel Tboli ont ainsi relayé récits, projections de photos et vidéos, écoute d’extraits musicaux, et apporté des réponses aux nombreux questionnements posés. Ces animations à part entière ont permis aux dionysiens et aux professionnels d’anticiper la venue des musiciennes ainsi que la préparation de leurs multiples contributions du mois de juin.
Les partenaires du projet à Saint-Denis : Le CCAS/Direction Retraités et Personnes Âgées (service animation et vie sociale, Maintien à domicile, Résidences Croizat, Basilique et Dionysia), la Direction de la Jeunesse (Antenne Péri Langevin, Service des pratiques artistiques et culturelles), la Direction de la Culture (Théâtre Gérard Philippe, Conservatoire Municipal), la Direction de l’Enfance (Centre de loisirs élémentaire Jean Vilar), le Plan Environnement Collectivités, la Direction de la Santé (PMI Franc Moisin, Barbusse, Connoy et Sémard), les Serres intercommunales, l'Hôpital Delafontaine, le tissu associatif local (Femmes Solidaires, Jeunes Espoir de Paix, l’Œil Arabesk, Collectif le Peuple de la Gare, le Journal de Saint-Denis, etc).
Accueil, Hébergement et vie quotidienne à la résidence Croizat
A la résidence Croizat, six réunions pluri-professionnelles de préparation ont été programmées entre décembre 2009 et mai 2010, réunissant animateurs, équipe de la résidence, aides à domicile du secteur, résidents du comité d’animation et intervenants divers. Ce collectif s’est penché principalement sur toutes les questions liées à l’accueil, l’hébergement, les aménagements, l’alimentation, l’organisation de la restauration, sans oublier l’animation au quotidien. L’idée au départ était de pouvoir mettre en place toutes les conditions matérielles pour que nos invitées soient à l’aise et qu’elles puissent retrouver sur place un minimum de repères : les bases alimentaires (riz, légumes, etc), un dortoir collectif, une appropriation facilitée des lieux, etc. La logistique de la préparation des repas a été le point le plut délicat à organiser. Cette tâche primordiale été assurée avec le précieux concours des aides à domicile et des agents de résidence, avec un renfort des animateurs lors des retours tardifs en soirée et les week-ends. La participation de tous a considérablement enrichi les interactions avec le groupe, dans une ambiance on ne peut plus conviviale.
Cette longue phase préparatoire à Croizat a été particulièrement prise au sérieux par les résidents mobilisés, qui ont amené de nombreuses idées pour faire de cette rencontre privilégiée un moment riche d’échanges en tous genres, autour de savoir-faire culinaires, manuels, chanson, musique, ou tout simplement fraternels et amicaux. La barrière de la langue n’a pas empêché la communication, et des liens très forts se sont rapidement tissés entre nos invitées, les résidents et les professionnels (en témoigne cet élan de solidarité qui s’est exprimé, à travers les nombreux dons de vêtements dès l’arrivée du groupe à Saint-Denis, qui affichait des températures très en dessous des normes saisonnières au lac Sebu !).
Chaque moment de vie a été conçu comme un temps d’animation à part entière, et l’enjeu a été de favoriser au maximum les interactions avec les résidents et les événements de la
vie courante dans l’établissement (ex : le groupe a participé à la traditionnelles célébration les anniversaires, à une rencontre avec la chorale du collège Jean Lurçat, à un atelier dessin
improvisé au pied levé par une agent de résidence, etc.).
Quelques femmes de Lemhadong ont passé l’essentiel de leur temps libre dans la salle polyvalente mise à leur disposition, à pratiquer leurs instruments à toute heure ou à confectionner de l’artisanat à base de perles et tissus. Des résidentes sont très souvent venues se greffer spontanément à ces activités. On peut à ce titre souligner une interaction fort intéressante, avec la fabrication du « Kulintang » , un instrument de musique volumineux requis pour le spectacle final au TGP, mais intransportable pour ce voyage. Celui-ci aura été confectionné au final avec du bois fourni par les éducateurs du CAT voisin, et avec le concours d’une résidente qui a tressé les cordes nécessaires à l’ouvrage ! Cette petite anecdote illustre à merveille ce qui est au cœur de ce projet, à savoir vivre une expérience culturelle hors du commun jour après jour. Enfin, les week-ends ont été la plupart du temps dédiés à la préparation de ce spectacle. Quelques résidents sont venus ponctuellement assister à ce travail en coulisses, qui a aussi contribué à l’animation de la résidence les samedis et dimanches.
La suite à lire dans l'article :
"Les femmes de Lemhadong en résidence à Saint-Denis : le bilan (2ème partie)"
Le site web du projet :
http://www.altamiramonde.net/lemhadong
Daniel Perret & Crista Galli - Les esprits de la Nature (Prikosnovénie 2010)
Au vu de leur pratique
respective et de leur intérêt commun pour les musiques méditatives et thérapeutiques, il n'est pas étonnant de retrouver Daniel Perret et Crista Galli, talentueux artistes du label féérique
Prikosnovénie, réunis autour d'un même projet créatif. Le premier est rappelons-le un musicien poly-instrumentiste accompli, qui s'exprime principalement aux sons de la harpe et de la flûte
irlandaise. Il a déjà co-réalisé pour ce même catalogue l'excellent Poussière d'étoile, une œuvre musicale entièrement acoustique d'une grande sérénité, teintée de délicates influences
indiennes et celtiques. Crista Galli est quant à lui un duo mixte de chant harmonique qui s'est fait remarqué en publiant deux opus de qualité et surtout très différents l'un de l'autre :
l'introspectif Matrice d'eau et le cinématique Hayaku, sorte d'hommage aux mondes imaginaires du célèbre créateur de dessins animés japonais Hayao Miyazaki.
Les esprits de la Nature est sans conteste à ce jour l'œuvre la plus zen et minimaliste produite par chacun de ses trois géniteurs. Comme son nom l'indique de manière on ne peu plus
explicite, sa thématique tourne autour de ces petits êtres invisibles que sont les fées, elfes, lutins, devas et autres diwatas, esprits gardiens du monde naturel et par la même sacré avec
lequel l'homme moderne a depuis bien longtemps coupé les liens. Concept oblige, les douze plages musicales sont parsemées d’ambiances de forêts et de rivières, ou chaque sonorité aquatique,
chaque chant d'oiseau ou bourdonnement d'insecte devient un instrument à part entière, intégrant ainsi un paysage musical riche de sensations et invitant à la rêverie.
Point ou peu de mélodie durant une heure de lecture, le voyage est ici avant tout textural et profondément immersif. Les trois musiciens ont toutefois limité au maximum l'utilisation de sonorités
électroniques atmosphériques, ici plus discrètes et efficaces que jamais. Par dessus des nappes vocales de Sarah (quelle voix angélique !) et de Jean-Paul Trutet (qui bien souvent se combinent
magnifiquement l'une à l'autre), scintillent des notes de harpe au tempérament aléatoire mais toujours emplies d'harmonie. Parfois, ce sont les gongs et les carillons qui viennent prendre le
relais (L'apparent et le non visible, Retour à l'unité) pour apporter d'autres couleurs et émotions à l'ensemble. On pense souvent aux travaux du génial compositeur italien Alio Die et
ses fameux tapis de sonorités "ambient" réalisés à partir d'instruments traditionnels, comme quoi cet album n'a vraiment de new-age que l'emballage. Dans ce bain musical souvent proche du silence
et propice à la paix intérieure, quelques petites envolées de flûte viennent de temps à autre nous éveiller de notre douce torpeur, peut-être pour nous rappeler que les lutins des bois, tout
gentils et bienveillants soient-ils, sont aussi parfois de sacrés farceurs !
Derrière un message écologique peut-être trop explicite, se cache une œuvre musicale d'une grande richesse et finesse qu'il serait du coup trop facile de sous-estimer. A travers Les esprits
de la Nature, le but de nôtre trio instrumental éphémère est clairement avoué : émouvoir l'auditeur par la force évocatrice de la musique afin qu'il tente, ne serait-ce qu'un instant, de se
reconnecter à l'essentiel. Cet album est une ode simple et délicate à la beauté du monde vivant et à son fragile équilibre, un monde qui demeurera en péril si chacun de nous ne redevient pas le
poète et le contemplatif qui sommeille en lui.
Philippe Vallin
Chronique réalisée pour le magazine Ethnotempos
http://www.rythmes-croises.org/ethnotempos/
CD disponible chez
AU COEUR de leur tournée exceptionnelle en France orchestrée par Altamira, les musiciennes Tboli (Philippines) du collectif Lemhadong ont séjourné à Saint-Denis en juin 2010 durant trois semaines, chaleureusement accueillies par l'équipe et les résidents du foyer de retraités Ambroise Croizat. Avec Boris Lelong, mes collègues du service animation et vie sociale du CCAS et de nombreux partenaires locaux, nous avons monté et accompagné ensemble un riche programme d'échanges culturels au quotidien entre nos invitées du bout du monde et les habitants de la ville, toutes origines et toutes générations confondues. Cette expérience réussie bien au delà de nos espérances s'est conclue par un spectacle féérique des femmes du lac Sebu au Théâtre Gérard Philipe (en réponse à leur incroyable accueil chez les dionysiens !), où étaient invités tous les protagonistes de cette belle aventure humaine. Le service audiovisuel de la ville a consacré au projet un petit reportage publié en ligne, à découvrir ci-dessous.

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