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Steve Wilson fait partie de cette catégorie de musiciens et créateurs
qui ne s’enfermeront jamais dans un style unique, et qui savent évoluer artistiquement avec leur époque. Avant d’être le leader du groupe rock Porcupine Tree, le jeune compositeur s’intéressait
déjà de très près à la musique " texturale", basée avant tout sur le traitement et sur l’esthétique de sonorités synthétiques et électroniques. Il ne faut donc surtout pas s'attendre à trouver
dans cet album solo des accents de pop psychédélique ou de métal chers au désormais célèbre combo anglais. Il s'agit là en effet d'un disque de pure ambiance, dans la droite lignée des travaux
des œuvres instrumentales de Brian Eno (Discreet music, Music for Airport, Appolo), ou du duo David Sylvian et Holger Czukay, respectivement ex-Japan et Can, qui ont jadis enfanté ensemble deux
disques absolument sublimes : "Plight and premonition" (1988) et "Flux and Mutability" (1989).
Amateurs du Porcupine Tree le plus planant et psychédélique, ne passez pas à côté
de ce disque au design et à l'intitulé pour le moins étrange. Traduisez IEM par "Incredible Expanding Mindfuck". Quant aux photos contenues dans le livret, celles-ci ne dénoteraient pas dans un
vieil album photo de votre grand-mère ! Derrière cet objet insolite, se cache le maître d'œuvre Steve Wilson, dont le nom n'est d’ailleurs mentionné nulle part sur le disque, inutile de chercher.
C'est tout dire de la haute portée commerciale de cette galette, 2ème essai solo de Steve Wilson après le très noir et planant "Bass communion", dont le second volet sortira très
prochainement, toujours agrémenté de quelques soundscapes et Frippertronics de Robert "King Crimson" Fripp.
Vous aimez le style et le son de Porcupine Tree ? Alors ne boudez pas alors le nouvel album de No-Man, l’autre projet majeur du touche à tout Steve Wilson. Car ce Returning Jesus est certainement à ce jour le disque le plus rock de ce groupe anglais encore trop méconnu, et donc celui qui se rapproche le plus du style Porcupine Tree. Ce nouvel opus s’inscrit en effet dans la droite lignée des meilleurs albums caractérisés de "pop sophistiquée" (un réservoir à inclassables), à l’instar des travaux de David Sylvian. Exit ici en effet l'orientation trip-hop qui caractérisait les albums précédents (tous excellents et très originaux), à grand renfort de sonorités électroniques. Ce nouveau No-Man se veut davantage artisanal et conventionnel, même si il est loin de délaisser une certaine ambition créative et un goût prononcé pour les ambiances éthérées.
La bande de Thom Yorke n'a jamais cessé, depuis le référentiel "OK Computer", de faire progresser (au sens étymologique du terme) sa musique. Que l'on aime ou pas l'univers sonore si particulier de Radiohead, personne ne peut cependant en effet remettre en cause ce constat tout simple que le groupe est un véritable pionnier en matière d'expérience musicale innovante à l'aube de ce nouveau millénaire, tout comme ses aînés ont pu l'être dans les early seventies (la liste est longue, époque oblige !). Mais à la différence des groupes progressifs actuels qui prennent le parti d'un anachronisme volontaire, celui ci sait évoluer avec son temps, avec une approche créative typiquement contemporaine qui ne cesse de nous étonner (ex : le recours à l'électronique dans son fameux "Kid A", véritable pavé lancé dans la mare de la polémique).
Lazona n’est pas une maladie infectieuse due à un virus du groupe herpès. Non, il s’agit (heureusement !) d’un
nouveau projet musical emmené par le prolifique et éclectique compositeur/bassiste italien Fabio Zuffanti. Après avoir exploré le rock progressif à travers ses aspects les plus expérimentaux
(Finisterre) et symphoniques (Hostsonaten, Merlin, La Maschera Di Cera), notre talentueux musicien se tourne aujourd’hui vers ses penchants les plus modernes et contemporains. Pour mener à bien
cette initiative, celui-ci s’est entouré de ses trois complices et compagnons de route que sont Stefano Marelli (guitares), Agostino Macor (claviers) et Marco Cavani (batterie/percussions), ainsi
qu'une certaine Michele Nastasi à la trompette.
"Damage", c'est tout d'abord un album live paru en 1994 en luxueuse édition "Gold" et limitée. Cet enregistrement, vite épuisé, a été réédité en 2001 pour le plus grand bonheur des fans qui avaient raté le coche. Si l'esthétique de ce nouveau disque est nettement moins soignée que celle du modèle original, la musique, et c'est bien là l'essentiel, a quant à elle subi un étonnant lifting sonore, bénéficiant d'un mixage de bien meilleure qualité. Cette nouvelle version a également l'avantage de respecter l'ordre des les morceaux tels qu'ils ont été joués en concert, ce qui rend l'ensemble plus cohérent.
"Lateralus" est le troisième album d'une formation rock née aux USA à l’aube
des années 90, composée de 4 musiciens : Maynard James Keenan au chant, Adam Jones à la guitare, Danny Carey à la batterie et Justin Chancellor à la basse. Autant le dire de suite, ces derniers
ont redonné, avec la parution de cet opus incontournable, un souffle nouveau à la grande famille "métal" dans son ensemble. Issu à la base du mouvement grunge (Nirvana, Alice in Chains), Tool
s’est très vite envolé vers de nouveaux horizons musicaux, et s'il faut le ranger dans une case, ce serait celle des groupes qualifiés d’"Alternative" ou de "néo" métal". Il est pourtant évident
de constater que cette musique n’a rien ou peu à voir avec celle des Korn, Rammstein, Rage against the machine ou encore Marylin Manson. Musicalement quasi indescriptible (ce qui est plutôt bon
signe), je dirai juste que TOOL pratique un rock moderne et puissant, sombre et atmosphérique, très axé sur les contrastes et les ambiances, servi enfin par des musiciens à la technique
monstrueuse. Pour essayer de vous donner une idée, si Dream Theater s’est inspiré de la complexité d’un Yes pour inventer le "Prog-métal", Tool a quant à lui lorgné du côté de King Crimson pour
créer son univers si caractéristique. Vous voyez le parallèle ? Ce n’est donc peut être pas un hasard si Robert Fripp en personne aurait récemment déclaré que Tool est le groupe rock le plus
novateur et talentueux qu’il ait eût l’occasion d’écouter depuis des lustres.
On pourra dire qu’Hadouk trio nous aura bien gâté l’année dernière ! En
effet, non content d’avoir publié un double album live somptueux enregistré le 9 octobre 2003 dans les studios de radio France (le Live at Fip), nos trois compères viennent de remettre le couvert
avec la sortie récente d’un DVD enregistré lui aussi en public. Ce dernier est le témoignage intégral d’un magnifique concert donné par le trio au Satellit’ Café de Paris, avec une set-list
sensiblement différente par rapport au double album cité précédemment. Pour ceux qui parmi vous n’auraient pas encore fait connaissance avec cette formation incontournable, une petite
présentation s’impose avant d’aborder le contenu propre au DVD. "Hadouk" est la contraction des termes "hajouj" et "doudouk". Le premier désigne la basse acoustique marocaine utilisée dans la
musique des Gnawa, le second fait référence au célèbre hautbois arménien dont les sonorités nous sont très familières tant celui-ci est aujourd’hui suremployé dans les grosses productions
hollywoodiennes à vocation historique" (Gladiator, La Passion du Christ, Kingdom of Heaven, etc.). Ces instruments sont devenus avec le temps les emblèmes respectifs de Loy Ehrlich et de Didier
Malherbe, musiciens voyageurs et artistes phares de la world-fusion, tous deux auteurs en 1995 d’un album jazz/ trad’ très frais intitulé "Hadouk" , et dans lequel on voyait déjà crédité un
certain Steve Shehan aux percussions.
Ce DVD retrace l’intégralité du show enregistré à Modena en Italie au cours de l’énorme tournée promotionnelle de l’album "Us", pour laquelle Peter Gabriel aura mis le paquet comme jamais au niveau des moyens techniques déployés. Et la liste des artifices est longue : écran géant mobile, pyrotechnie, nombreux décors et accessoires insolites (cabine téléphonique, arbres ou pirogue !), scène double (l’une carrée et l’autre ronde, symbolisant respectivement le masculin et le féminin, toutes deux reliées par un tapis roulant). Sans oublier les trouvailles vidéo en tout genre, comme cette inénarrable micro-caméra fixée sur le crâne des musiciens, reproduisant en grand large l’image de leurs visages déformés ! Si la set list fait la part belle à l’album "Us" (pas moins de sept titres représentés sur dix, dont les émouvants "blood of eden" et "Washing of the water"), elle n’en est pas moins riche en hits incontournables ("Solsbury hill", "Sledgehammer") et autres moments de pure grâce, comme cet enchaînement du sublime "accross the river" et de l’onirique "slow marimbas", où le double violon de l’indien Shankar vous refile le grand frisson. Riche idée aussi d’avoir remplacé pour la vidéo et le DVD le fameux "Red rain" (bien présent quant à lui sur le double CD audio) par "San Jacinto", l’un des tous meilleurs titres de Gabriel, se voulant ici le prétexte idéal à la création d’un jeu scénique époustouflant tant sur le plan visuel qu’émotionnel.
Thierry et Jean-Luc Payssan m’avaient littéralement ébloui lors de leur
fantastique prestation au festival de rock progressif de Corbigny en 1999. La musique délivrée en live par les deux multi-instrumentistes, cocktail énergique de tonalités rock, folk et
médiévales, avait fait forte impression auprès du public dont je faisais alors partie. "Ex Tempore", le résultat sur disque de ce projet annexe à Minimum Vital (le groupe mené par nos deux doués
frangins) n’est malheureusement pas tout à fait à la hauteur de ce souvenir impérissable. Mais cette déception est toute relative, car ce premier opus en duo de Thierry et Jean-Luc n’en demeure
pas moins une franche réussite, d’une originalité absolue, et un disque excellent dans son ensemble. Les frères Payssan vont ici encore plus loin dans leur exploration et remaniement des musiques
anciennes, en mixant allègrement voix (utilisées comme un instrument), instrumentation moderne (guitares, claviers, batterie) et ancienne (mandoline, cistre et orgue d’église).
Vital duo est une expérience tellement forte et géniale à vivre en live qu’il y avait fort à parier pour que
les frères Payssan, instigateurs et leaders du fameux groupe français Minimum Vital, en immortalisent un jour une prestation sur support DVD. Et c’est donc chose faite aujourd’hui avec "Le jardin
hors du temps", concert enregistré dans les conditions du live (autrement dit sans public) à la chapelle de Mussonville en Gironde, les 28 et 29 septembre 2002. Autant dire que cette jolie
galette se déguste religieusement, comme une sorte de concert ultra-privé où vous auriez été seul à être convié. Ici, rien de superflu à l’image : un décor on ne peut plus rudimentaire (pour ne
pas dire austère), un éclairage fixe et minimaliste, et surtout aucun effet spécial dans la très sage réalisation de Gilles Pialat. En fait, rien qui ne saurait vous détourner de la musique,
substance primordiale de ce DVD, exécutée avec brio par nos amis Jean-Luc et Thierry, totalement impliqués corps et âme dans leur prestation.
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