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Mohamed Saïdou Sow est originaire du Fouta Djallon, un haut plateau
montagneux situé au nord de la Guinée. Cette magnifique région au climat tempéré est la plus peuplée de la République africaine. Ornée de plaines et de collines boisées, elle est aussi appelée le
"château d'eau de l'Afrique de l'Ouest". En effet, plusieurs fleuves de cette zone du continent viennent y prendre leur source, tels que le Niger, le Sénégal ou le Gambie. Si "Fouta" se traduit
par "Montagne", le terme "Djallon" provient quant à lui de "Djalonké", l'ethnie qui occupait la région avant que les peuls ne viennent la coloniser massivement. L'ethnie Peule est aujourd'hui
l'une des plus répandues en Afrique de l'Ouest. C'est un peuple nomade sahélien dont la vie s’organise principalement autour de l'élevage et du bétail. Mohamed Saïdou Sow est de ceux là, mais il
n'est pas berger comme la plupart de ses pairs. C'est un talentueux "Nyamakala", sorte d'artisan-musicien détenteur d’une longue tradition de maîtres flûtistes. Ces derniers on l'habitude de
parcourir le pays de village en village, en quête d'évènements festifs et autres cérémonies à animer, tels que baptêmes, mariages, rites religieux, initiatiques, et plus rarement, des
manifestations liées à la vie politique locale. Les Nyamakala sont des artistes complets, à la fois comédiens, danseurs, acrobates et musiciens. Combinant leur art avec humour et rare virtuosité,
leurs prestations se déclinent en une succession de gags burlesques, de sketches mis en musique et d'acrobaties en tout genre.
Steve Wilson et Tim Bowness ne se seront pas fait attendre pour enfanter un nouvel opus de no-man. En effet, moins de 2 ans nous séparent de leur très réussi "Returning Jesus", album superbe et intimiste qui avait reçu, bien plus que ses prédécesseurs, les faveurs des fans de Porcupine Tree. La raison était simple : si les disques antérieurs naviguaient entre les eaux de la pop et de l’electro sans jamais trop savoir où accoster, "Returning Jesus" se voulait davantage cohérent et affichait clairement la voie d’une pop sophistiquée classieuse et aboutie.
Depuis quelques mois, les fans de David Sylvian sont plus que gâtés. La série du bonheur débute en effet avec la parution surprise d’un album étonnant (celui dont il est question ici) sur le nouveau label de l’artiste, puis elle se poursuit avec un concert parisien inoubliable à la Cigale le 27 septembre, et se conclue en apothéose avec la luxueuse réédition de ses quatre premiers opus en solitaire. L’introductif "Brillant Trees", l’instrumental "Alchemy : an index of possibilities" (objet de convoitise devenu très vite rarissime), le monolithique "Gone to Earth" et l’intimiste "Secret of the behives" ont ainsi tous bénéficié d’un superbe lifting sonore et visuel, et se sont vus enrichis pour la plupart de titres bonus à l’intérêt non négligeable. Sans oublier le tout récent CD-single japonais "World Citizen" (Warner Music) que le chanteur anglais a enregistré en compagnie de son vieil ami Ryuichi Sakamoto, à qui l’on doit conjointement "Forbidden colours", le célèbre thème du film "Furyo" de Nagisha Oshima. Et pour ceux qui n’auraient pas encore épuisé les dernières ressources de leur porte-monnaie, trois albums de Japan viennent également de subir la remasterisation ultime, ainsi que le projet Rain Tree Crow, chef d’œuvre absolu de pop high-tech enregistré en 1991 par David Sylvian et ses anciens comparses Steve Jansen, Richard Barbieri et Mick Karn, ici autrement plus inspirés que par le passé. Ouf, je crois qu’on va s’arrêter là pour le moment, d’autant plus que l’artiste doit nous pondre un nouvel album pour le printemps 2004, cette fois-ci en compagnie de son frère Steve Jansen, batteur/percussionniste aussi chanteur à ses heures.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire en découvrant la pochette du présent CD, Magyar Posse n’est pas une obscure formation d’Europe de l’Est nostalgique de l'ère communiste. En effet, ce jeune groupe sorti de nulle part est originaire de Scandinavie, plus précisément de la ville de Pori en Finlande. Il est déjà auteur d’un magnifique premier album paru en 2002, à peine remarqué dans les sphères post-rock. Il y a 2 ans donc, "We will carry you over the mountain" avait en effet ravi les amateurs éclairés de Godspeed You Black Emperor, dont le quintet reprenait les principaux éléments identitaires, à savoir une musique sombre et tourmentée, basée essentiellement sur l’utilisation des cordes (électrifiées ou non), et les inévitables montés en puissance de chacun des morceaux. Ce nouvel opus élargit ses influences et sa palette d’instruments, proposant une musique autrement plus variée, plus sophistiquée aussi, qui allie avec maîtrise et inspiration des mélodies façon Ennio Morricone, les climats poétiques du groupe Air et les déflagrations telluriques chères à l’écurie post-rock des Gybe, Mogwai, Sigur Ros et autres Mono.
Joon Claudio est un artiste multi-talents originaire des Philippines, à la fois peintre contemporain et musicien. Chanteur accompli s'exprimant en français et en Tagalog, mais aussi virtuose de la flûte bambou, son univers acoustique puise dans l'héritage culturel de son pays natal. Cocktail de sonorités latines, pop et extrême-orientales, sa musique sans frontière invite au voyage.
Avec "Quiet City", le guitariste américain Mark Nelson (du groupe
post-rock Labradford) nous livre le quatrième album de son projet solo Pan American, synthèse parfaite du rock de chambre actuel et de l’ambient. Laissant ici de côté ses penchants pour les
rythmiques dub et techno, Mark Nelson a choisi sur ce dernier de peindre en musique les ambiances d’une mégapole froide et dépeuplée (en témoigne le DVD qui l’accompagne, film austère qui
présente une succession d’images de zones urbaines désertes, illustrées par de la musique atmosphérique dépouillée et apaisante).
Cipher est un projet atypique de musique atmosphérique signé Theo Travis,
saxophoniste jazz, membre du nouveau Gong. Il est connu également pour avoir collaboré avec Steve Wilson au sein de Porcupine tree et de Bass Communion, et participé à la formation progressive
The Tangent, avec entre autres Roine Stolt du groupe suédois The Flower Kings. Théo Travis, par ailleurs multi-instrumentiste fort doué, est ici accompagné d’un certain Dave Sturt (basse
fretless, programmations) pour un résultat qui j'espère ne restera pas sans suite.
Cet album de David Sylvian est porteur d'une pop atmosphérique inclassable et hors-mode, à l'instar des oeuvres en solitaire du Mark Hollis de Talk-Talk. Si "Dead bees on a cake" est un véritable "bric à brac" musical faisant presque figure de catalogue (tous les aspects de l'univers Sylvian y sont représentés), rien à jeter cependant ici. L'album s'ouvre sur les 9 minutes du répétitif et langoureux "I surrender", soutenu par des arrangements de cordes classiques signés Ryuichi Sakamoto, l'auteur des B.O de "Furyo" et "The last emperor". La voix chaude au timbre unique du chanteur vous prend aux tripes d'entrée de jeu, soutenue par la magnifique trompette de Kenny Weeler, qui se partage les lignes mélodiques avec la voix.
Artiste rare, concerts rares. Comme beaucoup, je n’avais pas eu l’opportunité de revoir David Sylvian sur scène depuis son fameux concert à la Cigale avec Robert Fripp, en 1993. Quel souvenir ! Cette soirée du 10 octobre 2001, ce sera un autre moment inoubliable qui se gravera dans ma mémoire de mélomane. Ici, point de redite, point de nostalgie béate à 200 balles de l’heure, mais la prestation d’un artiste vivant, sincère, original, au talent indémodable, qui le temps d’une soirée se sera payé luxe de revisiter les meilleurs titres de son répertoire. En effet, David Sylvian (l'une des plus belles voix de la pop, n’ayons pas peur des mots ?), proposera des versions différentes et souvent magnifiées de ses plus belles perles, ainsi qu'une véritable pléiades d'inédits. La très belle salle de la Mutualité se remplie doucement alors que la première partie a déjà commencé. Il s’agit de Ready made, un duo de DJ’s français (platine vinyle et ordi portable) proposant un audacieux mélange de scratch issu tout droit de la culture Hip-hop et d’ambient music, savamment agrémenté de légers beat’s Technoïdes. La musique, assez froide dans l’ensemble, mais d’une certaine richesse sur le plan sonore, n’est pas sans évoquer celle d’Underworld, figure de proue de la frange techno branchée (je suis pour ma part assez fan de leur album "beaucoup fish" paru en 1999). Pendant que les deux musiciens rangent leur (peu encombrant) matos, l’ambiance étrange et feutrée de "The Beekeeper’s apprentice" (longue pièce instrumentale planante signée David Sylvian) envahi la salle. Dans quelques instants, ce sera parti pour plus de deux heures d’expériences sensorielles inédites, ou presque !
Things Buried est le véritable premier album solo du claviériste Richard
Barbieri. Le musicien est bien connu pour son actuelle participation à l’excellent groupe rock anglais Porcupine Tree, et par ailleurs au sein de Japan dans les années 70/80, aux côtés d’un
certain David Sylvian. Il serait aussi trop long de citer ici les multiples projets et collaborations du musicien anglais, véritable sorcier des sons en recherche constante, dont la carrière
musicale ne couvre pas moins de quatre décennies !
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