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Ce blog est consacré à mes activités d'animateur socioculturel à la ville de Saint-Denis (93), mais aussi de chroniqueur et de musicien amateur. Au fil de ces pages, vous pourrez suivre l'actualité de divers projets professionnels et autres initiatives que je pilote ou auxquels je suis associé : rencontres et événements culturels, concerts, scènes ouvertes, jumelages artistiques, etc. Quelques chroniques musicales seront également publiées selon les coups de coeur et l'inspiration. En bref, ce site est une petite fenêtre ouverte sur mon réseau de proximité, un espace d'information et de partage d'expériences. A bientôt ! PV.

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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /Sep /2006 19:12
- Par Philippe Vallin
Montrem, on t'M

Chaque année, souvent vers la fin de l’été
C’est le retour tant attendu d’un rendez-vous à ne pas manquer
Si à Saint-Denis et ailleurs, pour la plupart, l’heure est à la rentrée
C’est aussi le temps d’un heureux départ, pour nos amis retraités

Septembre 2006, vers une petite commune rurale du sud de la France
Nous partons gaiement, accompagnés de Marianne, Philippe et Laurence
Un voyage sans encombre, en car, en train, puis en car, encore !
En quelques heures à peine, nous sommes arrivés en Périgord

Pas n’importe où, mais dans un petit village que nous tous, on aime
Un petit village merveilleux, bienvenue au centre de vacances de Montrem
Dans ce petit monde chaleureux, l’accueil est doux, simple et généreux
Tout est là pour nous nous combler, nous satisfaire, en bref, nous rendre heureux

Notre bonheur, notre bien être, l’équipe du centre en a fait sa mission
Les animateurs, les cuisinières et tout le personnel, s’investissent  plus que de raison
Fred, Vanessa, Colette, Mélissa et tous les autres, font leur métier avec passion
Ce n’est plus du travail, c’est un acte d’amour,  une véritable dévotion

A Montrem, nous faisons le plein d’énergie, de joie et d’activités
Mais surtout de rencontres, d’émotions, et de convivialité
Ici, ce n’est pas comme au Club Med, nous ne sommes pas là pour « consommer »
Mais pour partager un moment de vie ensemble, qu’on est pas prêt d’oublier

Au pays de Jacquou le Croquant, l’agriculture paysanne est un véritable engagement
Bovins et volailles sont nourris sainement
Ici pas d’engrais nocif
Tout pousse naturellement

Montrem en Périgord est synonyme de bon vivre et de bien manger
Rillettes de canard, confit, foie gras, vous ne pourrez pas y échapper
Pas de cuisine allégée au programme, ici on se fourni chez Payenchet
Mais gare aux kilos en trop, ou au retour, la balance risque d’exploser

Heureusement qu’à Montrem, on peut se dépenser, se surpasser, y compris dans le sport
Et quoi de mieux qu’un concours international de pétanque, pour faire un peu d’efforts
Mais comment ne pas trembler devant la grande Nina, qui à chaque fois bat tous les records
Quel défi en effet, que de se mesurer à cette monstrueuse championne du Liechtenstein nord

Si l’action pure et autres sensations extrêmes vous rebutent, vous pourrez faire d’autres choix
Il vous reste les ballades, la lecture, les jeux de société ou la peinture sur soie
Avec Maïté, vous confectionnerez de bien jolis foulards, en voilà une chouette idée de cadeau
On apprend la technique, c’est facile, c’est sympa, c’est de l’art et en plus, c’est rigolo

Pour te faire le plus grand bien, un conseil, prends rendez-vous avec Marie-Jo
Entre ses mains magiques, finies les angoisses, le stress, les soucis et les p’tits bobos
Que ce soit lors d’un massage, ou d’une séance de relaxation
Elle te recharge les batteries, et tu es reparti pour de bon

Un autre moyen de se ressourcer, c’est aussi de rire un grand coup
La solution est toute trouvée si tu prends ton billet pour le théâtre des Lébérous
Sur scène, c’est le défilé des stars, mais la grande vedette reste notre "cro-mignonne"
Vous l’avez tous reconnue, celle qu’on appelle Margot, la reine de la déconne

A Montrem, on peut s’épanouir à fond dans la créativité
Cherchez bien, ne soyez pas timide, on a tous un talent caché
Denise et ses flûtes, Mathieu à la guitare, Claude et son violon
Tout le monde peut s’exprimer, en poème, en musique, et bien sûr, en chanson

Boris et les musiciens d’Altamira se feront une joie de vous accompagner
Avec leurs instrument du monde, il y en a de partout, que de sonorités !
Alors si vous êtes inspirés pour chanter, jouer, réciter un poème, pourquoi pas un slam
Un petit détour s’impose pour vous faire enregistrer, dans les studios de Radio Tête d’Âne

A Montrem, il y a toujours de quoi faire, il est impossible d’en avoir marre
Un saut à Sarlat, une visite à la ferme, ou un petit tour en gabarre
Sur ce grand cours d’eau riche d’histoire dans le sud de la France
On en a même fait un feuilleton, souvenez-vous, la "Rivière Espérance"

Le soir, à Montrem, la vie continue, on est pas prêts de se coucher
Il y a toujours quelque-chose après le repas, c’est le moment de la veillée
Concert, cinéma, grand jeu ou chabadabada
On oublie la télé, on se rassemble et on s’éclate comme des rois

Au fait, ne manquez surtout pas la soirée contes, avec notre immense directeur
Si la taille du bonhomme impressionne, c’est aussi un grand orateur
Il vous fera voyager comme personne, bien souvent en improvisant
Je ne sais pas pour vous les amis, mais moi j’appelle ça le talent

Montrem, petit monde rural
Montrem petit monde peu banal
Montrem, tu nous remontes le moral
Montrem, tu nous fait la totale
Montrem, ton séjour c’est de la balle !

Hou là ! On sent bien que le départ approche à grand pas
Me revoilà qui m’exprime, à la manière du « neuf trois »
C’est qu’il est temps mes amis, de tous rentrer chez soi
Avec Montrem au cœur et des souvenirs plein la tête, jusqu’à la prochaine fois…

Marcelle Courtellemont & Philippe Vallin
Accompagnement musical : Boris Lelong


Ce slam a été réalisé durant le séjour retraités organisé au centre de vacances de Montrem en Périgord, en septembre 2006. Créé à l'initiative de l'une des participantes, il a été déclamé devant tous les autres par ses deux auteurs, en ouverture d'une soirée "Expression", où de nombreuses personnes âgées dionysiennes ont pu nous faire partager toute l'étendue de leurs talents, en musique, en chanson, en poésie, et bien d'autres choses encore.
Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /Sep /2006 14:24
- Par Philippe Vallin
Mohamed Saïdou Sow - Guinée : flûte peule du Fouta Djallon
(Collection Musique du Monde Buda records 2006)

Mohamed Saïdou Sow est originaire du Fouta Djallon, un haut plateau montagneux situé au nord de la Guinée. Cette magnifique région au climat tempéré est la plus peuplée de la République africaine. Ornée de plaines et de collines boisées, elle est aussi appelée le "château d'eau de l'Afrique de l'Ouest". En effet, plusieurs fleuves de cette zone du continent viennent y prendre leur source, tels que le Niger, le Sénégal ou le Gambie. Si "Fouta" se traduit par "Montagne", le terme "Djallon" provient quant à lui de "Djalonké", l'ethnie qui occupait la région avant que les peuls ne viennent la coloniser massivement. L'ethnie Peule est aujourd'hui l'une des plus répandues en Afrique de l'Ouest. C'est un peuple nomade sahélien dont la vie s’organise principalement autour de l'élevage et du bétail. Mohamed Saïdou Sow est de ceux là, mais il n'est pas berger comme la plupart de ses pairs. C'est un talentueux "Nyamakala", sorte d'artisan-musicien détenteur d’une longue tradition de maîtres flûtistes. Ces derniers on l'habitude de parcourir le pays de village en village, en quête d'évènements festifs et autres cérémonies à animer, tels que baptêmes, mariages, rites religieux, initiatiques, et plus rarement, des manifestations liées à la vie politique locale. Les Nyamakala sont des artistes complets, à la fois comédiens, danseurs, acrobates et musiciens. Combinant leur art avec humour et rare virtuosité, leurs prestations se déclinent en une succession de gags burlesques, de sketches mis en musique et d'acrobaties en tout genre.

Sur ce nouveau disque enregistré à Dakar et édité par l'excellent label Buda records, Mohamed Saïdou Sow s’emploie, au son de sa flûte, à nous faire découvrir l’univers épuré d’un pâtre peul. La flûte est l'instrument du berger par excellence, une constante dans le monde paysan, et ce depuis l'aube des temps. Son instrument est appelée "tambine", ou "buru" chez les mandingues. Sa sonorité est assez proche de celle du Ney du Moyen Orient, bien que les deux instruments soient radicalement différents dans leur conception. Le tambine est une flûte traversière en palmier, matière encore plus légère que le bambou, de la longueur d'un bras et percée de trois trous équidistants au bout. Contrairement à d'autres flûtes traversières traditionnelles à travers le monde (la bansouri en Inde, la traversière des Andes, le fifre en Europe), le biseau n'est pas rond mais carré ou rectangulaire, entouré de cire sur les côtés, telle l'embouchure du didjeridoo australien. Le tambine couvre trois octave et il est la plupart du temps jouée dans un ensemble, ce qui ne rend pas aisée l'appréciation de toute sa richesse texturale et harmonique.

Remercions le label Buda qui a eu la riche idée de publier cet enregistrement en solo, grâce auquel chaque auditeur pourra enfin discerner toutes les subtilités de cet instrument au timbre étonnant et au son jeu si particulier. Le flûtiste produit en effet des petits cris qui ponctuent la musique, voir de véritable déclamations enjouées faisant appel à la voix ! Mohamed Saïdou Sow est un maître du tambine, maîtrise qu'il tient de son grand père, suite à une initiation qui débute dès sa plus tendre enfance. Il était donc le plus qualifié pour nous faire découvrir cet insolite instrument peul, à travers cet enregistrement passionnant et de grande qualité qui lui rend le plus bel honneur. Philippe Vallin

(Chronique parue dans le N°25 du magazine Ethnotempos)

Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /Sep /2006 23:49
- Par Philippe Vallin
No-Man - Together we’re stranger (Kscope 2003)

Steve Wilson et Tim Bowness ne se seront pas fait attendre pour enfanter un nouvel opus de no-man. En effet, moins de 2 ans nous séparent de leur très réussi "Returning Jesus", album superbe et intimiste qui avait reçu, bien plus que ses prédécesseurs, les faveurs des fans de Porcupine Tree. La raison était simple : si les disques antérieurs naviguaient entre les eaux de la pop et de l’electro sans jamais trop savoir où accoster, "Returning Jesus" se voulait davantage cohérent et affichait clairement la voie d’une pop sophistiquée classieuse et aboutie.

Le nouvel album de no-man s’inscrit dans le même continuité et confirme tout le bien qu’on pouvait penser de ce groupe au mille visages, en surpassant même "Returning Jesus" sur bien des points. "Together" se veut plus éthéré que son aîné tout en faisant preuve d’une richesse instrumentale jamais atteinte chez No-Man, avec par exemple une utilisation accrue (mais toujours discrète) de la clarinette, de la trompette, de l’orgue et de la flûte. Comme d’habitude, tout le personnel du groupe ou presque a changé. Autour du fameux duo de tête Tim Bowness et Steve Wilson, on retrouvera ici pas moins de six musiciens, dont le souffleur Ben Castle et le pluridisciplinaire Roger Eno aux claviers.

La musique qui résulte de cette rencontre, sorte de pop électroacoustique en apesanteur, n’a jamais été aussi splendide sur le plan mélodique, et chacune des 7 compositions de l’album est une véritable pièce d’orfèvre qui se découvre et se déguste avec passion. Des nappes d’orgue et textures guitaristiques qui ouvrent "Together we’re stranger" aux magnifiques arpèges de "Photographs in black and white", c’est à tout un monde d’enchantement et de sensations douces que nous convient les musiciens de ce No-man en état de grâce. Pour vous donner une idée de l’univers dans lequel vous serez immergés, imaginez comment pourrait sonner le croisement du meilleur  David Sylvian et d'un "In absentia" amputé de ses penchants les plus nerveux.

Et si on plane dur avec ce nouvel album de No-man (la puissance musicale ne se mesurant pas forcément en décibels), les points communs avec Porcupine Tree sont ici plus nombreux que jamais. Les deux formations ont en effet tendance à s’homogénéiser avec le temps au niveau du son et de la structure des compos, les penchants "techno" ayant par exemple été mis de côté dans les deux cas. Sans oublier ce flagrant parallèle au niveau des harmonies vocales, qui rendent immédiatement identifiable aujourd’hui la touche de Steve Wilson. Ecoutez donc "All the blue changes" ou "The break-up for real", vous m’en direz des nouvelles. Bref, il serait donc franchement dommage de faire l’impasse sur ce petit bijoux, qui de plus promet monts et merveilles pour l’avenir. Magnifique ! Philippe Vallin


Site web : www.no-man.co.uk

Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /Sep /2006 20:59
- Par Philippe Vallin
David Sylvian - Blemish (Samadhisound 2003)

Depuis quelques mois, les fans de David Sylvian sont plus que gâtés. La série du bonheur débute en effet avec la parution surprise d’un album étonnant (celui dont il est question ici) sur le nouveau label de l’artiste, puis elle se poursuit avec un concert parisien inoubliable à la Cigale le 27 septembre, et se conclue en apothéose avec la luxueuse réédition de ses quatre premiers opus en solitaire. L’introductif "Brillant Trees", l’instrumental "Alchemy : an index of possibilities" (objet de convoitise devenu très vite rarissime), le monolithique "Gone to Earth" et l’intimiste "Secret of the behives" ont ainsi tous bénéficié d’un superbe lifting sonore et visuel, et se sont vus enrichis pour la plupart de titres bonus à l’intérêt non négligeable. Sans oublier le tout récent CD-single japonais "World Citizen" (Warner Music) que le chanteur anglais a enregistré en compagnie de son vieil ami Ryuichi Sakamoto, à qui l’on doit conjointement "Forbidden colours", le célèbre thème du film "Furyo" de Nagisha Oshima. Et pour ceux qui n’auraient pas encore épuisé les dernières ressources de leur porte-monnaie, trois albums de Japan viennent également de subir la remasterisation ultime, ainsi que le projet Rain Tree Crow, chef d’œuvre absolu de pop high-tech enregistré en 1991 par David Sylvian et ses anciens comparses Steve Jansen, Richard Barbieri et Mick Karn, ici autrement plus inspirés que par le passé. Ouf, je crois qu’on va s’arrêter là pour le moment, d’autant plus que l’artiste doit nous pondre un nouvel album pour le printemps 2004, cette fois-ci en compagnie de son frère Steve Jansen, batteur/percussionniste aussi chanteur à ses heures.

Mais revenons à l’œuvre qui nous intéresse, à savoir "Blemish", 1er album de David Sylvian a avoir vu le jour chez Samadhi Sound, label indépendant qui, on l'espère, permettra à son fondateur de continuer à créer librement et sans la moindre pression ou contrainte commerciale. Précisons ici que Sylvian vient juste de divorcer avec la maison Virgin, après une vingtaine d’années d'entente commune. "Blemish", accusant 43 trop courtes minutes au compteur, est un album qui peut dérouter à la première écoute de par son contenu à la fois minimaliste et biscornu, mais qui livre toute sa substance émotionnelle pour peu qu’on veuille bien s’y attarder un peu. A des années lumières de la grosse production d’un "Dead bees on a cake", dernier "vrai" album solo en date et nouveau chef d’œuvre de pop sophistiquée au potentiel de séduction immédiat, "Blemish" est une œuvre hyper-intimiste, entièrement composée et  produite à domicile. Le contenu de l’album pourrait se définir comme une sorte de rencontre entre style electro branché, ambient atmosphérique, pop acoustique et musique improvisée. En effet, quelques parties de guitares acoustique peuvent s’avérer pour le moins déconcertantes ! Mais le bonheur reste intact, et si les huit perles sous éther que regroupe l’album sont dans l’ensemble animées par les textures synthétiques, mélopées et autres effets de guitares dont seul David Sylvian a le secret, elle n’en restent pas moins dominées par le voix chaude et suave de celui-ci, omniprésent ou presque au niveau du chant.

David Sylvian prouve donc une nouvelle fois avec "Blemish" qu’il est un artiste rare et précieux, un indémodable qui se bonifie avec le temps tout en se renouvelant constamment. En conclusion, je conseillerai au néophyte qui souhaiterait débuter son voyage en terres "Sylvianesques" de se pencher en priorité sur un disque antérieur du musicien anglais. N’importe lequel fera l’affaire, avec une préférence cependant pour le définitif "Gone to Earth". Les autres peuvent prendre leur billet sans hésitation. Philippe Vallin

(Chronique parue en 2003 dans le magazine Traverses)



Samedi 9 septembre 2006 6 09 /09 /Sep /2006 02:34
- Par Philippe Vallin
Magyar Posse – Kings of Time (Verdura Records 2004)

Contrairement à ce qu’on pourrait croire en découvrant la pochette du présent CD, Magyar Posse n’est pas une obscure forma­tion d’Europe de l’Est nostalgique de l'ère communiste. En effet, ce jeune groupe sorti de nulle part est ori­ginaire de Scandinavie, plus précisément de la ville de Pori en Finlande. Il est déjà auteur d’un magnifique premier album paru en 2002, à peine remarqué dans les sphères post-rock. Il y a 2 ans donc, "We will carry you over the mountain" avait en effet ravi les amateurs éclairés de Godspeed You Black Emperor, dont le quintet reprenait les principaux éléments identitaires, à savoir une musique sombre et tourmentée, basée essentiel­lement sur l’utilisation des cordes (électrifiées ou non), et les inévitables montés en puissance de chacun des morceaux. Ce nouvel opus élargit ses influences et sa palette d’instruments, propo­sant une musique autrement plus variée, plus sophistiquée aussi, qui allie avec maîtrise et ins­piration des mélodies façon Ennio Morricone, les climats poétiques du groupe Air et les défla­grations telluriques chères à l’écurie post-rock des Gybe, Mogwai, Sigur Ros et autres Mono.

En résulte une œuvre musicale en définitive assez singulière, finement ciselée au niveau des harmonies et des climats, dont la beauté glaciale devrait ravir un très large horizon de mélomanes. Si la majorité de ceux ci accueilleront "Kings of time" comme une œuvre de rock de chambre tendance s’inscrivant dans l’air du temps, les amateurs de rock progressif ne seront pas en reste, pouvant de leur côté associer le propos musical de Magyar Posse à celui des cousins scandi­naves que sont Anekdoten, Landberk ou Morte Macabre, ambiances torturées et mélancoliques à l’appui. Pour tous, un disque à décou­vrir. Philippe Vallin

(Chronique parue dans le magazine Traverses)



Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /Sep /2006 10:51
- Par Philippe Vallin
JOON CLAUDIO
en concert

STAINS - LA TRIBU...

Vendredi 10 novembre à 21h

Joon Claudio est un artiste multi-talents originaire des Philippines, à la fois peintre contemporain et musicien. Chanteur accompli s'exprimant en français et en Tagalog, mais aussi virtuose de la flûte bambou, son univers acoustique puise dans l'héritage culturel de son pays natal. Cocktail de sonorités latines, pop et extrême-orientales, sa musique sans frontière invite au voyage.

Musiciens :
Joon Claudio (Flûte Hipanog, guitare, voix)
Philippe Vallin (voix, flûtes)


Cette manifestation s'inscrit dans le cadre du festival "Villes des Musiques du Monde", en collaboration avec le Café Culturel "Arts & Rencontre" de Saint-Denis.

Elle sera précédée par le vernissage de l'exposition des oeuvres picturales de Jonathan Du et Joon Claudio, qui se déroulera de 18h30 à 19h30.

Dîner à partir de 19h30 - Réservation indispensable


LA TRIBU...
30, avenue Louis Bordes
93240 Stains
Tel : 01 48 29 57 23
Mail : latribustains@free.fr

M° Ligne 13 Saint-Denis Université
Bus 255, 253 directions Stains "Les Prévoyants"
Arrêt Mairie de Stains, 1ère à droite, façe à la poste



Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /Sep /2006 00:38
- Par Philippe Vallin
Pan American – Quiet City (Kranky/Chronowax 2004)

Avec "Quiet City", le guita­riste américain Mark Nelson (du groupe post-rock Labradford) nous livre le quatrième album de son projet solo Pan American, syn­thèse parfaite du rock de chambre actuel et de l’ambient. Laissant ici de côté ses pen­chants pour les rythmiques dub et techno, Mark Nelson a choisi sur ce dernier de peindre en musique les ambiances d’une mégapole froide et dépeuplée (en témoigne le DVD qui l’accompa­gne, film austère qui présente une succession d’images de zones urbaines désertes, illustrées par de la musique atmosphérique dépouillée et apaisante).

Entre electro minimaliste conçu à partir de nap­pes électroniques, bruits parasites discrets (du type craquements de vinyl) et instrumentation acoustique (guitare, contrebasse, percussions et trompette éthérée façon "Ascenseur pour l’écha­faud" du grand Miles Davis), les huit plages de l’albums se succèdent en toute homogénéité et immergent l’auditeur dans un climat noctambule à la foi glacial et serein. Si on est souvent proche de l’esthétique de Labradford, "Quiet City" va beaucoup plus loin en matière de dépouillement, développant une musique parfois proche du silence, mais qu’il ne faut cependant pas sous-estimer à partir de ce simple constat. En effet, cette petite perle fait preuve d’une grande force évocatrice (quelle sensibilité !) et d’une belle musicalité, servie par les talents d’instrumentiste de son géniteur. A n’en point douter, la plus belle réussite de Pan American à ce jour. Sublime ! Philippe Vallin

(Chronique parue dans le magazine Traverses)

Lundi 4 septembre 2006 1 04 /09 /Sep /2006 00:29
- Par Philippe Vallin
Cipher - No ordinary man (Hidden art recording 1999)

Cipher est un projet atypique de musique atmosphérique signé Theo Travis, saxophoniste jazz, membre du nouveau Gong. Il est connu également pour avoir collaboré avec Steve Wilson au sein de Porcupine tree et de Bass Communion, et participé à la formation progressive The Tangent, avec entre autres Roine Stolt du groupe suédois The Flower Kings. Théo Travis, par ailleurs multi-instrumentiste fort doué, est ici accompagné d’un certain Dave Sturt (basse fretless, programmations) pour un résultat qui j'espère ne restera pas sans suite.

A quoi cet énigmatique album ressemble t-il ? Imaginez donc ce que pourrait produire la rencontre entre David Sylvian (dans ses œuvres et essais instrumentaux, telle que la deuxième face de son chef d’œuvre Gone to Earth), Brian Eno, le pianiste Harold Budd, et enfin Jan Garbarek, saxophoniste inventif cher au label ECM. Ajoutez une légère pointe de Peter Gabriel (Desert song et ses vocaux arabisants signés Rabbi Gaddy Zerbib pourraient en effet tout droit sortir de son magnifique Passion), et voilà, vous obtenez une idée du contenu musical de ce No ordinary man. Plutôt alléchant n'est-ce pas ? C’est tout dire à quel point la musique du présent CD est formidable ! Le disque dévoile une série de 9 plages planantes et mélancoliques, une musique atmosphérique teintée jazzy toujours passionnante et d’une rare profondeur, jamais monotone tant celle-ci se veut riche et agrémentée de sonorités diverses, électroniques ou acoustiques. Le talentueux Theo Travis se voit ici crédité à un nombre impressionnant d'instruments, tels que saxophone, flûte traversière, piano et divers claviers.

Pour finaliser l'oeuvre qui nous intéresse, le duo géniteur du projet s'est payé les services de deux autres magiciens du son, messieurs Richard Barbieri et Steve Wilson (on ne casse pas une équipe qui gagne), ce dernier décidémment impliqué dans une multitude d'activités musicales. Faites donc un tour à ce sujet sur son site web pour vous en rendre compte. Il dort quand au fait, notre bonhomme ? Avis donc aux amateurs, ce disque est incontestablement un pur chef d’œuvre du genre ambient, à écouter en boucle, concentré sur le sujet ou la tête dans les nuages. Philippe Vallin


Dimanche 3 septembre 2006 7 03 /09 /Sep /2006 21:35
- Par Philippe Vallin
David Sylvian - Dead bees on a cake (Virgin 1999)

Cet album de David Sylvian est porteur d'une pop atmosphérique inclassable et hors-mode, à l'instar des oeuvres en solitaire du Mark Hollis de Talk-Talk. Si "Dead bees on a cake" est un véritable "bric à brac" musical faisant presque figure de catalogue (tous les aspects de l'univers Sylvian y sont représentés), rien à jeter cependant ici. L'album s'ouvre sur les 9 minutes du répétitif et langoureux "I surrender", soutenu par des arrangements de cordes classiques signés Ryuichi Sakamoto, l'auteur des B.O de "Furyo" et "The last emperor". La voix chaude au timbre unique du chanteur vous prend aux tripes d'entrée de jeu, soutenue par la magnifique trompette de Kenny Weeler, qui se partage les lignes mélodiques avec la voix.

Autre perle, le fameux "midnight sun", un pur blues mélancolique à souhait qui contient entre-autre des extraits samplés du "I'm wanderin" de John Lee Hooker, une bien agréable surprise ! Autre morceau, autre climax, que dire des 8 minutes de ce "krishna blue" aux résonances indiennes totalement oniriques, sur fond de tablas et percussions signées Talvin Singh, artiste de nationalité anglaise proche du registre "world" de Bill Laswell.

"Ail of my mothers names" explore quant à lui d'autres horizons, avec ses guitares jazzy torturées sur fond de musique planante, proche des expérimentations d'un autre trifouilleur de son, le guitariste avant-gardiste David Torn. Quelques nappes de synthé venues d'ailleurs, quelques lignes de guitare perdues à l'horizon, le son mystique du doudouk (heaubois arménien) et le disque s'achève dans un moment d'ultime pureté dont seuls quelques rares magicien ont le secret. Cette conclusion m'évoque les meilleurs moments du génial "Gone to Earth", album emblématique de David Sylvian à emmener sur une île déserte.

Voilà quelques morceaux choisis de ce merveilleux disque de David Sylvian dont l'intégrité artistique n'a jamais eue à être remise en cause à ce jour. En effet, depuis le début de sa longue carrière solo, on a vu le musicien céder à la facilité ou se compromettre dans une quelconque déviance commerciale. Un artiste rare au service d'une musique rare, et encore un album totalement indispensable. Philippe Vallin





David Sylvian
"Everything and nothing Tour 2001"
Théâtre de la Mutualité – Paris – le 10 octobre 2001


Artiste rare, concerts rares. Comme beaucoup, je n’avais pas eu l’opportunité de revoir David Sylvian sur scène depuis son fameux concert à la Cigale avec Robert Fripp, en 1993. Quel souvenir ! Cette soirée du 10 octobre 2001, ce sera un autre moment inoubliable qui se gravera dans ma mémoire de mélomane. Ici, point de redite, point de nostalgie béate à 200 balles de l’heure, mais la prestation d’un artiste vivant, sincère, original, au talent indémodable, qui le temps d’une soirée se sera payé luxe de  revisiter les meilleurs titres de son répertoire. En effet, David Sylvian (l'une des plus belles voix de la pop, n’ayons pas peur des mots ?), proposera des versions différentes et souvent magnifiées de ses plus belles perles, ainsi qu'une véritable pléiades d'inédits. La très belle salle de la Mutualité se remplie doucement alors que la première partie a déjà commencé. Il s’agit de Ready made, un duo de DJ’s français (platine vinyle et ordi portable) proposant un audacieux mélange de scratch issu tout droit de la culture Hip-hop et d’ambient music, savamment agrémenté de légers beat’s Technoïdes. La musique, assez froide dans l’ensemble, mais d’une certaine richesse sur le plan sonore, n’est pas sans évoquer celle d’Underworld, figure de proue de la frange techno branchée (je suis pour ma part assez fan de leur album "beaucoup fish" paru en 1999). Pendant que les deux musiciens rangent leur (peu encombrant) matos, l’ambiance étrange et feutrée de "The Beekeeper’s apprentice" (longue pièce instrumentale planante signée David Sylvian) envahi la salle. Dans quelques instants, ce sera parti pour plus de deux heures d’expériences sensorielles inédites, ou presque !

Les lumières, déjà bien basses et feutrées s’éteignent, et l'artiste fait son entrée, copieusement ovationné par son public, accompagné de 4 musiciens qu’il me tarde de découvrir. Sur cette tournée, il s’agira de son frangin et vieux complice Steve Jansen (batterie et percussions électroniques), Matt Cooper (claviers), Tim Young (guitares) et Keith Lowe (basse). Sylvian est comme à son habitude : brushing parfait, impeccablement habillé, très classe (noir et soie). Enfin, je veux dire surtout calme, serein et posé. Le set démarre avec une très jolie et entraînante chanson pop,"The Scent of Magnolia", qui ouvre de la même façon le double CD "Everything & nothing" paru l’année dernière. La salle s’envole, emportée par la musique, et contemplative devant un light-show magnifique. Celui-ci collera parfaitement à l’atmosphère de chaques titres qui s’ensuivront : tantôt rouge furieux, tantôt bleu doucereux. Le second morceau poursuit dans une veine aérienne puisqu’il s’agit de l’envoûtante ballade éthérée "Black water", qui n’aurait pas dépareillé sur le "Spirit of Eden" de Talk-Talk. Sur ce titre, Sylvian utilise une guitare acoustique qu’il reprendra régulièrement tout au long du set, alternant avec une électrique qu’il exploite avec une rare finesse et un feeling bien à lui. Puis s’enchaînent "God man", "I surrender" et son tempo langoureux presque funky. Matt Cooper fera ici une première démonstration de ses talents de pianiste jazzy  et virtuose. Celui-ci contraste totalement avec l’attitude stoïque de Sylvian, sautillant tel un Skippy en transe, faisant l’amour avec ses claviers, et ce avec une rare fougue ! Mais s'il délivre des solos enfiévrés au beau milieu d’une musique d’obédience calme et atmosphérique, il n’en dénature pas moins le contenu, bien au contraire.

Le ton se durci un poil avec "Jean the Birdman", morceau échappé de la période Sylvian/Fripp qui aura engendré deux superbes albums dont un live inoubliable ("The First day" et "Damage"). On reconnaît tout de suite la patte du célèbre guitariste (et ses riffs tranchants) qui trouve en Tim Young un excellent interprète. Le rêve et la contemplation reprennent de plus belle avec "Midnight sun", un blues onirique extrait de "Dead bees on a cake", le dernier album de Sylvian. Puis s’enchaînent les mélodies imparables et les arrangements délicats de "The boy with the gun", "Orpheus" et "Waterfront", tout trois extraits de son œuvre la plus acoustique et intimiste, le sublimissime "Secret of the beehive" (1987). David Sylvian quittera (enfin !) son siège et sa guitare pour entamer une incroyable version de "Heart beat" (œuvre co-écrite avec le musicien japonais Ryuichi Sakamoto), introduite par un savant cocktail samplé de voix radiophoniques et chant d’enfants pygmées. J’en frissonne encore ! "Linoleum", "Rooms of sixteen shimmers", les inédits se succèdent, mais on nage bien en plein univers Sylvian, enivrant d’émotions et de beauté. Puis "Ghost" nous replonge dans un lointain passé puisque celui ci est un glorieux (mais rare) échappé de l’ère Japan, groupe New-wave dont Sylvian fut le leader, et qui aura laissé de bien pires souvenirs. La chanson est complètement réarrangée pour l’occasion, et elle retrouve ainsi une seconde jeunesse.

"Pollen Path", "Cover me with flowers", ou quand les trésors oubliés de sessions d’enregistrement retrouvent leur droit à l’existence, certes éphémère , mais mérité sur scène. Puis c’est l’enchaînement de "Zero landmine" et de "Forbidden colours", titre que tout le monde a entendu au moins une fois dans sa vie. Il s’agit en effet du thème principal du film "Furyo", avec David Bowie et Ryuichi Sakamoto, compositeur de cette musique célèbrissime aux consonances asiatiques, ici reprise au piano. On ne quitte pas l’asie puisque le set se clôturera sur l’étonnant "Krishna blue", sa flûte bansuri et ses tablas électroniques, ici interprété dans une version puissante et folle furieuse que n’aurait pas renié un King Crimson. David Sylvian quitte la scène sous le tonnerre d’applaudissements d’une audience complètement vouée à sa cause, et qui aura ce soir manifesté un profond respect doublé d’un incroyable enthousiasme. La générosité de l’artiste aura porté ses fruits une nouvelle fois. Il y aura bien sûr 2 rappels, d’une part avec "Bhajan" (sur lequel Sylvian chante de sa voix de velours en hindi) et puis, pour finir, avec le classique "Red guitar", véritable hit sylvianesque que tout le monde attendait au tournant. Après avoir salué une dernière fois son public, toujours avec la même sobriété, l’artiste s’efface une dernière fois, laissant place aux nappes et textures de "Darkest dreaming", magnifique épilogue sonore d’un moment live unique et précieux. Philippe Vallin

(Chroniques parues dans le magazine Koid'9, Rock & Progressif)



Dimanche 3 septembre 2006 7 03 /09 /Sep /2006 19:56
- Par Philippe Vallin
Richard Barbieri – Things Buried (Intact 2004)

Things Buried est le véritable premier album solo du claviériste Richard Barbieri. Le musicien est bien connu pour son actuelle participation à l’excellent groupe rock anglais Porcupine Tree, et par ailleurs au sein de Japan dans les années 70/80, aux côtés d’un certain David Sylvian. Il serait aussi trop long de citer ici les multiples projets et collaborations du musicien anglais, véritable sorcier des sons en recherche constante, dont la carrière musicale ne couvre pas moins de quatre décennies !

S’illustrant dans les domaines éthérés de l’ambient, des expérimentations de l’electro avant-gardiste ou de la pop-rock atmosphérique sophistiquée, Richard Barbieri a su générer (et conserver), comme tout grand musicien, un style et un son bien à lui quel que soit son domaine d’expression. L'artiste se remet constamment en question, en évoluant avec son temps, et en misant aussi sur les progrès technologiques pour faire avancer son art musical. Things Buried en est l’illustration parfaite, savant mélange de sonorités modernes et autres textures plus typiques de son univers, que l’on retrouve à la fois bien ancrées dans les albums de Porcupine Tree et dans ses multiples collaborations avec ses anciens comparses que sont Steve Jansen, Mick Karn et David Sylvian (ex : sur l’intemporel Rain Tree Crow, album magique, fruit d’une réunion inespérée des ex-Japan en 1991). Plus proche de nous, n’oublions pas non plus la patte Barbieri sur Indigo Falls, un disque de pop mélodique et planante fort sympathique paru en 1998, et sur lequel chantait Mme Suzanne Barbieri en personne. Malheureusement, l'album est passé inaperçu au moment de sa sortie, faute de couverture médiatique suffisante, y compris dans les colonnes des fanzines et webzines spécialisés.

Rattrapons l’écueil aujourd’hui avec Things Buried, œuvre complètement instrumentale et autrement plus intéressante, qui mixe allègrement les nappes ambient de Barbieri avec des séquences rythmiques empruntées au drum’n bass et au trip-hop actuel. Impossible en effet de ne pas penser aux deux derniers albums en date de Massive Attack à l’écoute de titres tels que Fear and Trembling ou Medication Time, tant on y retrouve ces climats de noirceur et de puissance conjuguées, servies par le groove si caractéristique d’Andy Gangadeen, qui n’est autre que le batteur du célèbre groupe de Bristol. A noter également la participation à la basse fretless de Percy Jones (Brand X, Brian Eno), qui "humanise" encore un peu plus cet excellent et hypnotique Things Buried, aux cinquante minutes largement dominées par les sons, les ambiances, les beats et autres crépitements électroniques. Assurément, nous tenons là un petit bijou (futur classique ?) de la musique des années 2000. Philippe Vallin

(Chronique parue dans le magazine Traverses)




 
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