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"Passé composé" est le cinquième album studio du clavieriste
français Bertrand Loreau, série inaugurée en 1992 avec "Prière", son premier essai discographique produit et distribué par le label musea. Ce très sympathique opus de musique électronique
mélodique reçut en son temps de bons échos dans la presse vouée au genre, la belle époque des fanzines "Oniric" et "Rubycon", malheureusement disparus aujourd’hui. Car ce disciple avoué de la
Berlin school (et de ses deux grands initiateurs que sont Klaus Schulze et Tangerine Dream) ne s’est jamais contenté de reproduire des photocopies d’œuvres de ses maîtres, mais bien au contraire,
de diversifier et d’enrichir son propos musical à la croisée de nombreux genres. Riche d’influences rock, jazz et classique, la musique de Bertrand Loreau se veut à la fois simple d’accès car
très mélodique (ce qui peut ravir l’amateur de Vangelis ou de Mike Oldfield) tout en conservant un caractère improvisé, innovateur, voir expérimental de ci de là. Celle ci s’écoute en effet à
toute heure, avec attention (car riche et évocatrice) ou détachement (car suffisamment doucereuse et planante pour se vivre en musique d’ambiance).
Si l’œuvre du claviériste Bertrand Loreau ne s’inscrit pas vraiment dans
le sillage de cette fameuse french touch qui rencontre un vif succès auprès des amateurs de la nouvelle scène électronique mondiale, celle-ci n’en demeure pas moins moderne et évolutive. La
parution il y a quelques mois de "Passé composé", très bel album en forme de bilan (chroniqué dans le Koid’9 N° 43), est aujourd’hui l’occasion idéale de faire le point avec son géniteur sur
l’ensemble de son œuvre et sur son parcours, mais aussi sur une démarche créative très personnelle et un regard, parfois sévère, porté sur les musiques électroniques d’hier et d’aujourd’hui.
Voici donc pour vous une interview fleuve de cet artiste discret, sincère et passionné, qui au grès du temps et de l’expérience, à su se forger un style bien à lui, au delà des modes et des
tendances. Je laisse donc la parole à Bertrand…
Porcupine Tree poursuit tranquillement son bonhomme de chemin en
affirmant son style d’album en album, à savoir un parfait compromis musical entre pop-songs sophistiquées de très haute volée et compos plus fouillées, plus ambitieuses. "Lightbulb sun" s’inscrit
donc dans la droite continuité de "Stupid dream", son magnifique prédécesseur, tout en étant à la fois plus harmonieux et maitrisé que son devancier, moins surfait et surproduit également. En
effet, l'album gagne en assurance et en cohérence ce qu’il perd en spectaculaire (et encore que !), plus simple et plus direct dans sa forme et son contenu. On a l’impression, avec ce nouvel
opus, que Porcupine Tree atteint véritablement l’état de grâce, qu'il est au sommet de son art.
Il fallait s'y attendre, le "rêve stupide" de Porcupine Tree nous entraîne vers
un monde onirique plus pop que prog. Cette orientation avait déjà été quelque peu amorcée avec l'excellent et éclectique "Signify", dernier album studio en date. Mais Porcupine Tree a-t-il
seulement un jour été un groupe "progressif" au sens stylistique ? Personnellement, je ne crois pas. Cette formation hybride n'a jamais revendiqué la moindre étiquette, ni même une quelconque
appartenance à un genre précis, et son propos musical s'est toujours envolé vers des horizons différents: le psychédélisme (dès le 1er album), le rock planant ("The sky", proche du meilleur Pink
Floyd), la pop ("Signify" et ses titres plus carrés), voir même la new-wave et l'ambient-techno (le glacial et très transe "Up the downstair").
Comme tout le monde le sait, le futur album de Porcupine Tree sortira très prochainement chez une major
(atlantic). Alors, bonne ou mauvaise nouvelle ? Steve Wilson et sa bande, récemment amputée de Chris Maitland, son formidable batteur qui a quitté le navire pour des raisons qui ne regardent que
lui, vont-ils vendre leur âme au démon de la seule et unique rentabilité commerciale ? Pour ma part, je ne pense pas qu’il s’agisse d’une démarche bassement opportuniste du mentor Steve
Wilson, et je reste confiant quant à l’intégrité artistique du groupe qui n’a jamais faillie durant ses 12 années d’existence. Cette période d’intense activité aura vu en effet la production
d’albums tous plus étonnants, magnifiques, et enthousiasmants les uns que les autres. Je mettrai juste de côté "On the Sunday of life", œuvre de jeunesse à la touchante immaturité, et sorte de
démo, de gentil précurseur aux merveilles à venir.
Voilà un disque d'inedits de Porcupine Tree qu’il serait vraiment dommage de
manquer, plus encore que la double compilation "Stars Die : The Delirium Years" parue en mars 2001, et qui, elle aussi, comporte son lot de bonus intéressant. Avec "Metanoia", c’est du 100 %
nouveau matériel que le groupe de Steve Wilson nous propose, tout au moins pour ceux qui ont jeté ou vendu leur vieille platine vinyle à la brocante. Car en effet, la musique de cet album au
titre tout droit sorti d’un film de SF des années 50, a déjà été éditée en 1998 sous la forme d’un double 33 tours, avec un pressage de 1000 copies seulement. Cette première édition limitée, un
collector destiné aux inconditionnels du groupe, vient de renaître à nouveau mais cette fois ci sous la forme d’un CD simple agrémenté de 2 titres bonus.
Mohamed Saïdou Sow est originaire du Fouta Djallon, un haut plateau
montagneux situé au nord de la Guinée. Cette magnifique région au climat tempéré est la plus peuplée de la République africaine. Ornée de plaines et de collines boisées, elle est aussi appelée le
"château d'eau de l'Afrique de l'Ouest". En effet, plusieurs fleuves de cette zone du continent viennent y prendre leur source, tels que le Niger, le Sénégal ou le Gambie. Si "Fouta" se traduit
par "Montagne", le terme "Djallon" provient quant à lui de "Djalonké", l'ethnie qui occupait la région avant que les peuls ne viennent la coloniser massivement. L'ethnie Peule est aujourd'hui
l'une des plus répandues en Afrique de l'Ouest. C'est un peuple nomade sahélien dont la vie s’organise principalement autour de l'élevage et du bétail. Mohamed Saïdou Sow est de ceux là, mais il
n'est pas berger comme la plupart de ses pairs. C'est un talentueux "Nyamakala", sorte d'artisan-musicien détenteur d’une longue tradition de maîtres flûtistes. Ces derniers on l'habitude de
parcourir le pays de village en village, en quête d'évènements festifs et autres cérémonies à animer, tels que baptêmes, mariages, rites religieux, initiatiques, et plus rarement, des
manifestations liées à la vie politique locale. Les Nyamakala sont des artistes complets, à la fois comédiens, danseurs, acrobates et musiciens. Combinant leur art avec humour et rare virtuosité,
leurs prestations se déclinent en une succession de gags burlesques, de sketches mis en musique et d'acrobaties en tout genre.
Steve Wilson et Tim Bowness ne se seront pas fait attendre pour enfanter un nouvel opus de no-man. En effet, moins de 2 ans nous séparent de leur très réussi "Returning Jesus", album superbe et intimiste qui avait reçu, bien plus que ses prédécesseurs, les faveurs des fans de Porcupine Tree. La raison était simple : si les disques antérieurs naviguaient entre les eaux de la pop et de l’electro sans jamais trop savoir où accoster, "Returning Jesus" se voulait davantage cohérent et affichait clairement la voie d’une pop sophistiquée classieuse et aboutie.
Depuis quelques mois, les fans de David Sylvian sont plus que gâtés. La série du bonheur débute en effet avec la parution surprise d’un album étonnant (celui dont il est question ici) sur le nouveau label de l’artiste, puis elle se poursuit avec un concert parisien inoubliable à la Cigale le 27 septembre, et se conclue en apothéose avec la luxueuse réédition de ses quatre premiers opus en solitaire. L’introductif "Brillant Trees", l’instrumental "Alchemy : an index of possibilities" (objet de convoitise devenu très vite rarissime), le monolithique "Gone to Earth" et l’intimiste "Secret of the behives" ont ainsi tous bénéficié d’un superbe lifting sonore et visuel, et se sont vus enrichis pour la plupart de titres bonus à l’intérêt non négligeable. Sans oublier le tout récent CD-single japonais "World Citizen" (Warner Music) que le chanteur anglais a enregistré en compagnie de son vieil ami Ryuichi Sakamoto, à qui l’on doit conjointement "Forbidden colours", le célèbre thème du film "Furyo" de Nagisha Oshima. Et pour ceux qui n’auraient pas encore épuisé les dernières ressources de leur porte-monnaie, trois albums de Japan viennent également de subir la remasterisation ultime, ainsi que le projet Rain Tree Crow, chef d’œuvre absolu de pop high-tech enregistré en 1991 par David Sylvian et ses anciens comparses Steve Jansen, Richard Barbieri et Mick Karn, ici autrement plus inspirés que par le passé. Ouf, je crois qu’on va s’arrêter là pour le moment, d’autant plus que l’artiste doit nous pondre un nouvel album pour le printemps 2004, cette fois-ci en compagnie de son frère Steve Jansen, batteur/percussionniste aussi chanteur à ses heures.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire en découvrant la pochette du présent CD, Magyar Posse n’est pas une obscure formation d’Europe de l’Est nostalgique de l'ère communiste. En effet, ce jeune groupe sorti de nulle part est originaire de Scandinavie, plus précisément de la ville de Pori en Finlande. Il est déjà auteur d’un magnifique premier album paru en 2002, à peine remarqué dans les sphères post-rock. Il y a 2 ans donc, "We will carry you over the mountain" avait en effet ravi les amateurs éclairés de Godspeed You Black Emperor, dont le quintet reprenait les principaux éléments identitaires, à savoir une musique sombre et tourmentée, basée essentiellement sur l’utilisation des cordes (électrifiées ou non), et les inévitables montés en puissance de chacun des morceaux. Ce nouvel opus élargit ses influences et sa palette d’instruments, proposant une musique autrement plus variée, plus sophistiquée aussi, qui allie avec maîtrise et inspiration des mélodies façon Ennio Morricone, les climats poétiques du groupe Air et les déflagrations telluriques chères à l’écurie post-rock des Gybe, Mogwai, Sigur Ros et autres Mono.
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