Bienvenue

Ce blog est consacré à mes activités d'animateur socioculturel à la ville de Saint-Denis (93), mais aussi de chroniqueur et de musicien amateur. Au fil de ces pages, vous pourrez suivre l'actualité de divers projets professionnels et autres initiatives que je (co)pilote ou auxquelles je suis associé : événements, rencontres, concerts, scènes ouvertes, jumelages artistiques, etc. Quelques chroniques musicales seront également publiées selon les coups de coeur et l'inspiration. En bref, ce site est une petite fenêtre ouverte sur mon réseau de proximité, un espace d'information et de partage d'expériences. A bientôt !

Recherche

Recommander

Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 20:32
- Par Benoît Lagarrigue
NicoleF.jpgUn casque de cheveux courts d’un blanc pur sur un sourire permanent. Nicole promène son regard chaleureux partout où les mots sont dits, lus, aimés. Slameuse, poète, peu importe, l’essentiel est dans le plaisir. Et le partage. Née Prudon juste après la guerre, Nicole a grandi dans une famille aimante et tolérante rue des Moulins-Gémeaux. « Là où est maintenant le CCN. C’était une impasse et on allait chercher l’eau à la fontaine », se souvient-elle en insistant sur la convivialité, l’entraide qui régnaient entre les voisins. Elle va à l’école Jules-Guesde, puis au lycée Paul-Éluard.

De son père, journaliste à feu Saint-Denis Républicain, de sa mère, animatrice en maternelle, de cette maison, « où on couchait sur des livres » et tellement ouverte au monde qu’il n’y avait pas de clé, elle se forge une adolescence rebelle qui la pousse vers une double rencontre : son prof de philo, le poète Jean Marcenac, « qui s’intéressait aux élèves qui ne rentraient pas dans le moule, qui m’a apporté l’ouverture d’esprit », et Mai-68. « C’était extraordinaire ! s’enflamme-t-elle encore aujourd’hui. Nous allions sur les barricades, puis dans les cafés de Saint-Denis pour discuter. »

Après le bac, elle devient institutrice et enseigne d’abord à Saint-Denis, puis à L’Île-Saint-Denis, où elle a fait toute sa carrière. « C’était une vraie vocation. J’ai toujours voulu travailler avec les enfants. » Et puis il y a l’écriture. La grande affaire de sa vie. « J’ai toujours écrit : mes impressions, mes révoltes, des poèmes… » C’est donc tout naturellement qu’une fois à la retraite, après des années passionnantes dans l’enseignement, elle lit dans le JSD l’annonce de l’ouverture d’un atelier d’écriture avec Grand Corps Malade. « Ce fut un véritable envol. Nous étions mélangés, personnes âgées, moins de 20 ans… On échangeait nos écrits, c’était très riche. »

Là, elle apprend à dire ses textes puis, de fil en aiguille, de rencontres en échanges, participe activement aux Slam’aleikoum du Café culturel (« quel dommage qu’il ait fermé ! » s’écrie-t-elle), aux Fabrique du macadam, aux Slamélodie, bref à tout ce qui mêle les mots aux gens. Insatiable, elle est du projet d’Altamira, Tous pareils, et anime des ateliers de slam à l’école Jules-Guesde, où elle fut élève, avec des… CP ! Elle évoque encore ses auteurs préférés, Prévert, Aragon, les surréalistes, « ceux qui luttent », son amour de la randonnée, son mari, Angel, et sa famille, « qui me portent », son bonheur de vivre, son espoir, toujours, son goût des autres : « Je n’existe que par eux ».

Tous les matins, à 5h, elle se lève pour écrire, jusqu’à 8h. « Le plaisir d’écrire dans le silence… » Elle sort une feuille et offre quelques vers, frais du matin même, « pour vos lecteurs » précise-t-elle : « Je vous slame pour 2010 une myriade de mots métis… Des mots d’orage pour dénoncer tous les carnages, des mots au goût de larmes chaque fois que se lèvent les armes, des mots où le désir se mêle au désobéir. »

Benoît Lagarrigue
http://www.lejsd.com/

Photo sur cette page : Sivo Norn



Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 12:09
ProjetFemmesLac-Sebu.jpg


































Présentation

En juin 2010, la ville de Saint-Denis accueillera sur son territoire le collectif Lemhadong, un groupe de huit musiciennes indigènes des Philippines, avec lequel l'association dionysienne Altamira travaille depuis 11 ans. Le foyer-résidence de retraités Ambroise Croizat a souhaité s'engager dans l'accueil de ces femmes pendant trois semaines, avec une implication au quotidien de l'équipe de professionnels, et en interaction permanente avec les résidents.

Au cœur de cette expérience : une série de rencontres entre ces invitées exceptionnelles et les habitants de Saint-Denis dans leur diversité, orchestrées avec de multiples partenaires locaux. Ces moments privilégiés nourriront une dynamique relationnelle propice à des dialogues chaleureux et hors du commun, mais aussi à des échanges artistiques avec des dionysiens. Enfin, le projet aboutira à une création présentée au Théâtre Gérard Philippe le 25 juin 2010, à l'occasion d'une grande soirée interculturelle qui rassemblera tous les habitants impliqués dans l'aventure.


Historique

femmeslacsebu2.jpg

Dés sa création en 1998, l’association dionysienne Altamira a fait la rencontre des femmes du collectif Lemhadong à l’occasion d’un séjour de Boris Lelong aux Philippines.

Dépositaires d’une culture forestière en voie de disparition, elles sont musiciennes, jouant d’instruments aussi différents que le luth hegelung, les gongs smaggi ou la guimbarde kumbing, mais également artisanes : tissage, broderie, perlage, etc… A travers ces pratiques artistiques, elles dialoguent avec les arbres, les oiseaux, les insectes, les fées forestières... Et elles s’adressent à nous : la production de beauté peut-elle encourager les hommes à vivre ensemble et avec leur planète ?

sludoy.jpg

Pendant dix ans, Boris Lelong a multiplié les missions aux Philippines pour travailler avec elles à un projet culturel de valorisation de leur patrimoine musical. Le fruit de ce travail est le disque "Femmes artistes du lac Sebu" (Editions Buda Musique), un portrait sonore enregistré sur place, acclamé par les professionnels et récompensé par l’Académie Charles Cros. Les musiciennes seront en Europe en juin/juillet 2010, à l’initiative de la République des Philippines. Altamira créera avec elles un spectacle inédit qui sera présenté dans diverses institutions prestigieuses, dont le Musée du Quai Branly, le Festival Les Orientales et le Festival Evora Classica au Portugal.


A Saint Denis

La venue du collectif Lemhadong en Europe est une opportunité que la Ville de Saint-Denis souhaite saisir. L’ancrage dionysien de l’association qui mène ce projet depuis onze ans ouvre la porte à un travail commun qui permettra à la ville et ses habitants de bénéficier de la présence exceptionnelle de ces artistes en France.

La Ville propose d’accueillir les musiciennes du collectif Lemhadong en résidence sur le territoire pendant trois semaines afin de mettre en œuvre une multitude de rencontres et d’échanges interculturels avec les habitants de Saint Denis. Cette résidence culminera avec un grand rassemblement final au Théâtre Gérard Philippe.


Projet de vie à la Résidence Croizat

accueilcroizat

A l'invitation du Comité d'Animation de la résidence Croizat, le collectif Lemhadong sera accueilli  dans l'établissement durant tout son séjour à Saint-Denis, soit en prévision du 14 au 30 juin 2010.

L'équipe de professionnels de Croizat ainsi que les résidents volontaires prendront part à l'organisation matérielle et au relationnel au quotidien que cela implique. Ce projet de vie, pensé comme une expérience partagée, sera travaillé en amont avec l'équipe de l’établissement, les résidents, Altamira et le service animation et vie sociale du CCAS.

Ce projet sera l'occasion, tant pour les professionnels que les résidents, de définir et de mettre en œuvre ensemble une organisation adaptée à un mode de vie très différent du nôtre :

–    la mise à disposition de locaux pour l'aménagement d'un dortoir et d'un lieu d'activités journalières,
–    la notion de préparation commune des repas qui prennent en compte la spécificité des régimes alimentaires et favorisent les échanges,
–    un rythme de vie qui favorise de multiples interactions conviviales.

Le lieu d'activités attribué aux musiciennes servira surtout de « base » pour tout le travail de préparation artistique qui aboutira au spectacle donné au TGP. Cet espace dédié sera conçu comme un lieu de rencontre et d'échanges, une dynamique qui est au cœur de tout ce grand projet.


Rencontres avec les habitants

animationaltamira2.jpg

La venue du collectif Lemhadong sera l’occasion d’organiser une série de rencontres avec les habitants dans divers lieux publics : centres de loisirs, antennes jeunesse, médiathèques...

En mai 2010, avant leur arrivée : présentations dans différents quartiers accompagnées de projections d’images afin de sensibiliser le public à l’univers culturel des musiciennes.

Durant leur séjour : plusieurs rencontres avec les artistes à l’occasion de moments conviviaux, parfois ponctués de quelques pièces musicales, en guise d’invitation au spectacle final.

Ces rencontres permettront de dialoguer sur différents thèmes : le rôle de l’art dans la société, le rapport à l’environnement naturel, la transmission et les liens intergénérationnels, la condition féminine, l’antagonisme entre mondialisation et territoire, etc.

Les femmes de Lemhadong ont toujours vécu dans une société communautaire proche de la nature, sans avoir jamais été scolarisées. Cette expérience de vie peu commune et leur simplicité relationnelle amènent des perspectives d’échanges d’une grande richesse avec les dionysiens de toutes origines et de tous âges.

femmesartistesLacSebu3.jpg

En plus des rencontres préparées, les instances informelles permettant les interactions seront nombreuses, notamment au sein de la résidence Croizat : avec les résidents, les professionnels de l’établissement mais aussi les dionysiens qui seront invités à leur rendre visite afin d’échanger chants, mélodies, pas de danse…

Toutes ces rencontres seront conçues dans une optique de brassage social : la présence des artistes philippines offrira un cadre sans pareil pour réunir des habitants de diverses origines et générations ainsi que des professionnels des services municipaux autour d’une expérience commune.


Création au TGP

femmeslacsebu.jpg

Le point d’orgue de la résidence de Lemhadong à Saint-Denis sera une soirée au Théâtre Gérard Philippe le vendredi 25 juin 2010, au cours de laquelle les musiciennes présenteront leur univers culturel dans un environnement valorisant. Cette création artistique sera également nourrie de leur expérience à Saint-Denis, qui pourra prendre la forme de compositions musicales dédiées ou d’invitation d’artistes locaux à les rejoindre sur scène.

Les dionysiens ayant participé aux multiples rencontres seront tous invités à ce rassemblement final. Plus qu’un spectacle, il s’agira d’un moment fort entre les musiciennes et les habitants qui témoignera de cette rencontre interculturelle unique.

Le site web du projet : http://www.altamiramonde.net/lemhadong/
Photos sur cette page : Boris Lelong et Sivo Norn



Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 23:20














"Le Trio", chanson parlée


"Le Trio" fait de la chanson parlée, pas du slam. Les textes ne sont pas dits sur de la musique, mais avec la musique. C'est tout ! "Le Trio" ne vient pas du rap ou du slam, il vient de la pop et de la littérature. Il ne fait pas de la poésie urbaine, il déploie des textes satiriques, lyriques, romanesques et/ou réalistes dans le filet de compositions d'inspirations variées : indienne, rock, jazz, folk... "Le Trio" ne sait pas toujours ce qu'il fait, mais il essaie de le faire bien !

Sylvain Bonnafoux
: voix
Maël Le Gall : basse & guitare
Eric Habib Nathou : batterie

Jeudi 10 décembre à 20h30
En première partie du groupe Chrysopée

Le Soleil de la Butte
35 rue Muller
Paris 18e
Métro Abbesses (L12) ou Château-Rouge (L4)


Entrée libre
Renseignements au 01 46 06 18 24



Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 21:58
- Par Philippe Vallin
Steve Shehan & Nabil Othmani - Awalin (Naïve 2009)

Steve Shehan, musicien universel et polyinstrumentiste de génie, croise un jour sur son chemin, et ce par le plus grand des hasards, le touareg Baly Othmani, poète du désert, chanteur et joueur de luth accompli. De cette rencontre inopinée va naître une fructueuse collaboration artistique, qui verra la mise en œuvre d’une éloquente et émotionnelle trilogie discographique métissée avec Assouf, Assarouf et Assikel. Mais, surtout, cette association sera le point de départ d’une amitié et d’une fraternité indéfectible entre les deux hommes, relation dont la sincérité transparait vraiment à l’écoute de ces trois albums inoubliables réalisés ensemble. Assikel sera malheureusement terminé par un Steve Shehan seul aux commandes, et édité à titre posthume, accompagné d’un DVD retraçant tous les contours de cette belle aventure humaine. En effet, Baly Othmani, figure emblématique de la culture Touarègue, disparait tragiquement dans le courant de l’année 2005, emporté par la cru de l’oued de Djanet au sud-est de l’Algérie. Grand inspirateur de toute une génération de jeunes musiciens, chanteurs, danseurs ou poètes, Baly transmet à son fils Nabil ce goût prononcé pour l’expression artistique, le devoir de mémoire et la tradition orale berbère. Nabil Othmani reprend donc le flambeau admirablement tenu par son père, en écrivant des chansons en langue tamasheq accompagnées au son de l’oud arabe "réadapté", qu’il maitrise aujourd’hui avec la même dextérité, mais un feeling plus sobre qui lui est personnel.

A l’instar de son modèle, les compositions de Nabil portent l’histoire des peuples du désert, tout comme les innombrables textes en réserve jamais chantés par Baly. Aussi, Nabil prend soin de continuer à les mettre en musique, tel le "gardien du trésor" comme il se définit lui-même, afin de perpétuer le plus longuement possible l’héritage bien vivant de son père défunt. Nabil Othmanise produit en solo ou au sein de son groupe Timtar ("Mémoire"), dans lequel il s’illustre au chant et à la guitare, navigant entre répertoire touareg, effluves subsahariennes et influences occidentales. Avec Steve Shehan, il partage le même goût pour la rencontre, l’ouverture aux autres, le dialogue musical, et ce n’est certes plus le hasard qui, cette fois-ci, réunira les deux artistes autour d’un même projet ! Après avoir participé ensemble à une série de showcases en France, qui culmineront avec la création du merveilleux spectacle Imen, réunissant sur une même scène le Nabil Baly Orchestra touareg et le célèbre Hadouk Trio, Steve Shehan et Nabil Othmani se lancent dans la production d’un inévitable premier opus en commun. Enregistré et peaufiné  durant toute une année entre l’été 2008 et 2009, Awalin ("ma parole") symbolise à l’évidence cette continuité relationnelle et créative, ce passage de relais entre un père et son fils, qui réitère ce même lien privilégié, fraternel et immuable, basé sur la confiance, l’admiration et le respect mutuel. Le disque n’en constitue pas moins un nouveau défi artistique, et le résultat, s’il fait de bout en bout honneur à l’âme du grand Baly Othmani, se démarque assez nettement (et c’est tant mieux) des trois chefs d’œuvres précédents cosignés avec Steve.

Ce qui saute aux oreilles dès la première écoute d’Awalin, c’est son étonnante accessibilité et son potentiel de séduction immédiat. Il s’agit là sûrement du disque le plus "grand public" produit par Steve Shehan, ce qui n’altère en rien la qualité générale de l’œuvre, subtilement arrangée avec le talent et la "patte" si singulière du musicien globe-trotter. Les dix-sept plages d’Awalin sont ainsi teintées et parsemées d’influences très diverses, avec des sonorités empruntées aux musiques moyen-orientales, africaines, brésiliennes, cubaines, jazz et autres. Fruit d’un long processus de maturation, Awalin représente pour Steve une nouvelle occasion d’explorer d’inédites pistes créatives, une fois n’est pas coutume au moyen d’un impressionnant arsenal instrumental parfaitement maitrisé : piano, claviers, likembé, hang, basse, guitare, orgue de cristal, et bien sûr, une pléthore de percussions glanées de par le monde ! Du côté de Nabil, l’album lui permet de pouvoir se démarquer enfin du style de son très charismatique père, tout en rendant hommage à son univers poétique et en restant profondément ancré dans l’héritage culturel touareg. Le luth se fait ici moins volubile et plus introspectif, le chant également, à tel point que celui-ci pourra même paraître un poil monocorde sur la longueur. La voix de Nabil est suave, juste et de belle texture, mais peut-être un peu trop posée et appliquée dans l’exercice du studio, alors que le musicien en impose davantage dans le contexte du live, où son art lyrique dégage, quand il le faut, une puissante expressivité.

Pour parachever la production d’Awalin, le perfectionniste Steve Shehan a fait appel à quelques invités de marque, citons entre autres son vieux complice Didier Malherbe (bansouri indienne et doudouk arménien), Ibrahim Maalouf (à la trompette sur le fameux Hijaz du Hadouk Trio, ici entièrement revisité), Claude Samard (pedale steel guitare et dobro), et, surtout, la révélation Vladiswar Nadishana, jeune prodige multi-instrumentistes russe avec lequel Steve Shehan a entamé il y a peu une collaboration artistique qu’on peut imaginer également riche de belles promesses ! Le sibérien ne met ici à contribution qu’une infime part de ses innombrables talents, avec quelques interventions éparses de flûtes aux sonorités et aux formes parfois étranges, telle que cette étonnante "futujara" harmonique de sa propre conception.

En conclusion, Awalin est un disque forcément émouvant pour ceux qui, comme moi, auront suivi de près ce singulier parcours humain et artistique, qui aura uni durablement deux hommes d’exceptions grâce à la magie de l’expression musicale. Si Steve Shehan a passé une grande part de sa vie à sillonner les quatre coins de la planète, son attachement reste profond pour le désert saharien et la culture touarègue de cette région lointaine d'Algérie. Car c’est précisément là-bas qu’il a rencontré un jour celui qui incarnera à jamais l’esprit même de sa quête permanente vers la rencontre authentique, l’échange et l’amitié. Nabil Othmani semble avoir tout compris à la démarche commune de son père et frère de cœur, en témoigne aujourd’hui la parution d’Awalin, œuvre passionnante et généreuse qui a tenu sa "parole", et qui évoque l’âme de Baly sans jamais en plagier l’essence. Sublime !

Philippe Vallin
Chronique réalisée pour le magazine Ethnotempos
Photo ci dessous : Boris Lelong





Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 21:56
- Par Benoît Lagarrigue
Il y a six mois, l’association Slamélodie présentait le premier acte de ce projet collectif réunissant des habitants aux talents musicaux, poétiques ou littéraires. Les textes nés de cette initiative ont fait l’objet d’un recueil, présenté lors d’une soirée festive le 16 octobre.



Face cachée, acte II. Le premier avait eu lieu le 4 avril à la Ligne 13. Ce soir-là, musiciens, chanteurs, poètes, slameurs avaient donné un bel aperçu de leurs talents. Rappelons que ce concert était organisé par l’association Slamélodie, qui animait régulièrement des scènes ouvertes au Café culturel. Il en était en quelque sorte le prolongement logique voulu par les animateurs de ces scènes : Philippe Vallin, Mario Micaletti, Boris Lelong, Auzef, entre autres. Depuis, l’été a passé, l’automne est venu et l’acte II de Face cachée s’est préparé. Pour une grande soirée de fête, vendredi 16 octobre à 20 h, toujours à la Ligne 13. Une fête au cours de laquelle sera présenté un superbe recueil intitulé sobrement Face cachée et contenant les textes d’une petite vingtaine d’auteurs dionysiens.
« Ces textes ont été écrits par ceux qui ont participé à la première soirée, auxquels se sont agrégés d’autres : collègues, amis, complices… », annonce Philippe Vallin. Car il faut ici rappeler que l’intitulé Face cachée provient du fait que ces textes ont pour auteurs des habitants, des salariés qui, dans l’ombre, écrivent ou jouent de la musique. C’est leur face cachée. « Cette deuxième soirée est conçue comme un vernissage pour la sortie du recueil et pour faire une belle fête », annonce Mario Micaletti, qui ne veut pas en dire beaucoup plus sur la nature même de la soirée, celle-ci devant être avant tout un grand happening festif et musical.

Face cachée, le livre, a été tiré à 200 exemplaires

Édité par l’association Slamélodie, aidée par la direction de la Jeunesse de la Ville, le Face cachée, le livre, a été tiré à 200 exemplaires. Regroupés en chapitres qui sont autant de séquences thématiques (Ciel dionysien, Ève innocente, Harpolitik, La tendresse, L’air de vivre, Le miroir, 1987, Voyage de Gaïa), les soixante-deux poèmes qui composent ce recueil attachant se veut avant tout une œuvre collective. « C’est pour cela que les textes ne sont pas signés, mais que les noms des auteurs, ils sont seize, apparaissent à la fin », explique Mario. À noter que le recueil est agrémenté d’un fascicule présentant le travail graphique de Karell Pemba, qui a accompagné les deux épisodes de Face cachée.

Benoît Lagarrigue
Article paru dans le Journal de Saint-Denis
Edition du mercredi 14 octobre 2009
Photo : Yann Mambert

Face cachée, acte II vendredi 16 octobre à 20 h, à la Ligne 13, 12, place de la Résistance-et-de-la-Déportation. Entrée : 3 €


Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /2009 22:13
- Par Philippe Vallin
Marillion - Less is more (Intact records 2009)

Depuis ces derniers mois, les cinq musiciens de Marillion ont publié régulièrement sur leur site un journal vidéo suivant pas à pas la genèse de leur nouveau projet : la réalisation d'un album de reprises issues de leur propre répertoire. Less is more, disque entièrement acoustique ou presque, est aujourd'hui fin prêt et disponible. Rien de bien neuf ni de très original dans cette démarche me direz-vous, mais pourtant, cette sélection de morceaux datant des dix dernières années du groupe crée la surprise, quand elle ne touche pas tout simplement au sublime. Marillion nous avait annoncé ces versions comme des quasi nouvelles chansons, et c'est presque finalement le cas, tant les titres ont été radicalement revisités au niveau des arrangements, du choix des sonorités, des changements de tons, de rythmes ou d’atmosphères.

C’est Go !, l’un des tous meilleurs titres du fort bancal mais bien produit marillion.com qui ouvre l’album. Petite pulsation de glockenspiel, notes de guitare classique, ensemble de cordes et voix enchanteresse de Steve Hogarth, on se croirait presque arrivé au pays des fées. L’ambiance si particulière du minimaliste et extraordinaire Kuur des islandaises Amiina, cousines et complices de Sigur Ros, n’est pas bien loin ! Interior Lulu, passionnant "morceau à tiroirs" issu du même marillion.com, poursuit dans une veine proche, réalisé avec le même genre d’instrumentarium, dulcimer, piano et orgue hammond en renfort. L’enchainement des chefs d’œuvres continue avec le classique et très émotionnel Out of this world (sûrement mon titre préféré du groupe !) qui ne perd rien de sa puissance ni de sa splendeur sans les envolées mélodiques et saturées du guitariste Steve Rothery et les nappes atmosphériques immenses signées Mark Kelly. D’autres titres, s’ils n’atteignent pas la magie des trois précédents, n’en demeurent pas moins brillants, à commencer par The Space, cuisiné ici à l’aide d’une sauce jazz/blues assez surprenante mais délicieuse pour les papilles auditives, le heavy-fm Hard as love se transformant miraculeusement en une jolie ballade façon Beatles, ou encore Quartz qui perd son énorme groove au profit d’arrangements tout à fait étranges et déroutants lors d'une première écoute !  On retiendra également This is the 21st century qui, dénué de sonorités trip-hop/électro et transposé à une octave supérieure, change radicalement d’ambiance mais reste tout aussi intense et bouleversant. Memory of water et It's not your fault, nouvelle composition des cinq d'Aylesbury et seul véritable inédit de l’album, resteront davantage anecdotiques dans leur traitement, même s’il s’agit par ailleurs d’excellentes chansons. Quand à l'agaçant If my heart were a ball, il s’agit à mon sens de la seule faute de goût de Less is more, à commencer par sa présence au menu, Mais bon, il faut savoir aussi que j’ai toujours détesté cette compo, alors que d'autres jubileront peut-être  ! Enfin, signalons la présence d’un "morceau caché" (quelle habitude un peu débile !) qui n’est autre que l’impopulaire Cannibal surf babe, sorte de clin d’œil déjanté aux Beach Boys, plutôt fun en version acoustique avec son rythme entrainant et sa petite touche finale sympa à l’harmonica.

Less is more aurait pu être d’une grande banalité vu son concept de base, mais fort heureusement il n’en est rien. Ce serait sans compter en effet sur l’énorme potentiel créatif des gars de Marillion et leur indéniable aptitude à se renouveler constamment, ce malgré l’étiquette injustifiée de groupe has-been qui leur colle à la peau depuis les années 80 et le "renouveau" du rock progressif. Le club des cinq s’est forgé avec le temps une formidable maîtrise instrumentale et vocale qui, espérons-le, continuera de nous surprendre dans les années à venir. Less is more prouve en attendant leur capacité de dénuder jusqu'à l'essentiel des compositions souvent épiques sans en atténuer la sensibilité à fleur de peau. Avec ou sans électricité, le feeling de Marillion prend aux tripes et la magie opère, encore et toujours. Une nouvelle oeuvre à part entière, à consommer sans modération !

Philippe Vallin



Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 23:15


Le samedi 10 octobre 2009 à Saint-Denis, le slameur dionysien Ruddy Edouard - alias "Handicapable", participera au concert d'Urban Gospel et à celui de la chanteuse ivoirienne Esmonde Kore, dans le cadre d'un événement musical organisé par l'association "La main au coeur". Une initiative à saluer, et une belle occasion de venir soutenir et applaudir Ruddy, élève de grand Corps Malade et incontournable des scènes slam de la région parisienne !

Samedi 10 octobre 2009
Saint-Denis - Salle de la Légion d'Honneur

13h30 : Urban Gosel + Handicapable (entrée gratuite)
21h jusqu'à l'aube : Esmonde Kore + Etoiles d'Afrique + Handicapable
(entrée : 10 €)

6, rue de la Légion d'Honneur
93200 Saint-Denis

Métro Ligne 13 Saint-Denis Basilique/Tramway T1/Bus N°153
Informations : 06 68 27 60 24

www.myspace.com/handicapableslam

 
Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 08:07


Saint-Denis/Madagascar
Tous Pareils : à la découverte d'Isorana et ses artistes


En octobre 2009 à Saint Denis, nous vous invitons à venir découvrir cette belle aventure humaine à travers une série de d’interventions auprès des habitants, rencontres participatives où se côtoient image et poésie, anecdotes et récits de voyage, chanson et musique vivante. Cette "tournée des quartiers" sera le prologue d'un spectacle collectif donné à Saint-Denis par les dionysiens en scène, dans le courant du mois de mars 2010 !


CENTRE VILLE
Mercredi 30 Septembre 15h
Résidence Basilique
2/4 rue du Pont Godet


PERI LANGEVIN
Vendredi 2 Octobre 20h
Antenne Jeunesse Péri-Langevin
3 rue Baudelaire


FRANC MOISIN
Vendredi 9 Octobre 20h
Ecole Rodin-Renoir
17 allée du Languedoc


DELAUNAY
Samedi 24 Octobre 15h
Résidence Ma Maison
23 rue Gaston Philippe


Entrée Libre
Information : 01 49 33 71 75






Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /2009 20:37
- Par Philippe Vallin
Fairy World V – Prikosnovénie 2009

Le label Prikosnovénie publie (déjà !) le cinquième volume de la série Fairy World, et, une fois n’est pas coutume, en un très classieux digipack illustré au format livre. Le disque compile quelques jolies perles de son singulier catalogue féérique afin d'offrir aux amateurs un passionnant voyage auditif de soixante-dix minutes vers des mondes lointains et enchantés. Cette nouvelle édition reste idéale pour s’initier à l’esthétique promue par le label, un mélange d’influences folk, celtiques, orientales ou encore médiévales, parfois saupoudrées de quelques sonorités plus modernes, empruntées au trip-hop ou à l’électro minimal. Fairy World V permet surtout de découvrir une pléiade d’artistes  originaux et talentueux venus d’horizons divers, d’Europe et d’ailleurs.

Cette compilation est peut-être la plus homogène de toutes sur le plan musical, se livrant à l’auditeur comme la bande originale d’un film imaginaire dont il assurera lui-même la mise en scène. L’ensemble baigne dans une atmosphère globalement éthérée, orientalisante et aux parfums de mysticisme, invitant à la rêverie et au dépaysement total. C’est l’ensemble néo-classique russe Caprice qui inaugure l’excursion en terres de Prikosnovénie avec le délicat et acoustique sage. Bien connu pour ses quelques brillants albums concepts en hommage à J.R.R Tolkien, Caprice,  l’une des figures de proue du label nantais, excelle décidemment dans l’art de la mélodie ciselée et des climats fantastiques et légendaires. Vient ensuite Me and Rose de la londonienne Mélanie Garside, alias Maple Bee, extrait de son deuxième album pop-folk intitulé Home. Cette jolie complainte mélancolique est magnifiée grâce à la voix douce et ensorcelante de la jeune chanteuse, qui n’est pas sans rappeler le timbre de l’islandaise  et icône pop Emiliana Torrini, influence avouée de Maple Bee.

Côté surprise, les danois de Valran nous offrent avec Droemte mig en droem un morceau vraiment exceptionnel (mon coup de cœur de l’album !), à ranger quelque part entre Björk pour le style vocal et Mari Boine pour l’ambiance musicale. Guitares, flutes de monde, percussions chamaniques et piano à pouces tissent en effet une  fresque vibrante, proche des envolées hypnotiques dont l’artiste sami a le secret. Dans la foulée de ce petit chef d’œuvre, les morceaux choisis de Corde Oblique (Italie) et Sava (Allemagne) nous proposent chacun un petit quelque-chose dans la droite lignée des derniers Loreena Mc Kennitt, voix féminines et folk celtique métissé obligent. Le prévisible Platoun de nos compatriotes d’Omasphere évoque quant à lui très (trop ?) fortement le Dead Can Dance de la dernière époque, avec ses percussions répétitives, son dulcimer de rigueur et ses incantations religieuses façon Lisa Gerrard. Dans le genre, on savourera davantage le Stars of the wind des bulgares Irfan, forts de leur style plus personnel, ou encore Aman Doktor des américains Stellamara, et leur musique tout aussi envoûtante, teintée d’effluves orientales, indiennes et balkaniques.

Les œuvres instrumentales ne manquent pas à l’appel au sein de ce Fairy World V. On y retrouve entre autres avec grand plaisir le violon du tchèque Ivo Sedlacek qui, sur le méditatif sun,  dialogue intimement avec quelques notes cristallines de koto japonais. Enfin, des extraits signés par les artistes Lys, Poussière d'étoile, Alizbar (indispensable si vous aimez la harpe celtique !) et Crista Galli viennent parachever un tableau sans ombre ni faute de goût. Sachez pour conclure que cette édition CD peut être accompagnée sur commande en ligne auprès du label d’un DVD collector regroupant les prestations live d’Antrabata, Ashram et Crista Galli au festival de Clisson 2008, ainsi que quelques clips de divers artistes prikoskovéniens. Beau bouquet d’émotions que cette nouvelle invitation chez nos amies les fées. Jamais l’évasion n’aura été aussi belle, et l’envie d’aller plus loin aussi forte !

Philippe Vallin
Chronique réalisée pour le magazine Ethnotempos



Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /2009 07:44
- Par Benoît Lagarrigue

« Tous pareils ! » Ça claque comme un slogan ; ça sonne comme une évidence ; et c’est un projet qui croît et s’embellit au fil du temps. Flash-back. En 2007, Boris Lelong, de l’association Altamira, effectue un voyage à Madagascar. Il rencontre le village d’Isorana, dont les habitants sont aussi bien cultivateurs qu’artistes. Autour d’une bibliothèque de campagne, ils jouent de la musique, chantent, dansent, se racontent des histoires… Boris, qui a mené avec Philippe Vallin, coordonnateur des animations auprès des retraités, plusieurs projets intergénérationnels autour de l’écriture, de la chanson et du slam, a sur lui un enregistrement de ce qui se fait à Saint-Denis. C’est le premier échange musical : un slam d’une retraitée de la résidence Croizat est aussitôt mis en musique par le groupe Tanga, les musiciens amateurs d’Isorana. C’est de là que naît l’idée d’échanges entre Saint-Denis et le village malgache.
Un an après, Boris retourne à Isorana, accompagné cette fois-ci par la slameuse dionysienne Sophia. Ils racontent leur ville, montrent des photos, animent des ateliers, font de la musique avec les habitants. « Avec la musique, pas besoin de parler la même langue », se rappelle Sophia. « C’était un vrai bonheur », ajoute-t-elle. Et c’est là que naît Tous pareils, la chanson. « Nous étions avec les musiciens de Tanga, qui jouaient une berceuse. Ils m’ont demandé d’improviser sur leur musique. J’ai lancé ce refrain, on est tous pareils. Ensuite, j’en ai fait une chanson et ils ont dynamisé leur air. C’est un peu devenu l’hymne de l’aventure. C’est un vrai bon souvenir. » « C’est devenu le tube local », sourit Boris. Celui-ci filme, enregistre, pour pouvoir montrer Isorana aux Dionysiens.

Ateliers de collectage de la culture dionysienne

Avec le soutien de la Ville, quatre rencontres sont programmées (voir ci-dessous), au cours desquelles images, poèmes, récits, chansons, musique dévoileront cette belle aventure. « Ce que nous souhaitons, c’est que les habitants de Saint-Denis s’approprient le projet », espère Philippe Vallin. C’est bien parti ! Le réseau de Slamélodie, de Génération slam, des associations, des lecteurs de la médiathèque sont déjà partie prenante du projet. « Avec eux, nous voulons ouvrir des ateliers de collectage de la culture dionysienne », ajoutent en cœur Philippe et Boris, qui vont à nouveau partir en novembre pour Isorana, avec tout ce qu’ils auront amassé d’ici là.
Ensuite, sans brûler les étapes, car le projet s’étalera sur plusieurs années, les deux compères envisagent, pourquoi pas, de monter un spectacle, d’élaborer une création commune entre Isorana et Saint-Denis, d’enregistrer un CD à partir de ces deux cultures mélangées, de faire venir ici le groupe Tanga… « Mais ce qui compte, ce n’est pas d’atteindre un objectif, c’est le chemin qu’on prend et les rencontres qu’on y fait. »

Benoît Lagarrigue
Le Journal de Saint-Denis
Article paru dans l'édition du mercredi 23 septembre 2009

Mercredi 30 septembre à 15 h à la résidence Basilique (2/4, rue du Pont-Godet). Vendredi 2 octobre à 20 h à l’antenne jeunesse Péri-Langevin (3, rue Baudelaire). Vendredi 9 octobre à 20 h à l’école Rodin-Renoir (17, allée du Languedoc), Samedi 24 octobre à la résidence Ma Maison (23, rue Gaston Philippe). Entrée libre. Informations complémentaires au 01 49 33 71 75.


 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés