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Ce blog est consacré à mes activités d'animateur socioculturel à la ville de Saint-Denis (93), mais aussi de chroniqueur et de musicien amateur. Au fil de ces pages, vous pourrez suivre l'actualité de divers projets professionnels et autres initiatives que je pilote ou auxquels je suis associé : rencontres et événements culturels, concerts, scènes ouvertes, jumelages artistiques, etc. Quelques chroniques musicales seront également publiées selon les coups de coeur et l'inspiration. En bref, ce site est une petite fenêtre ouverte sur mon réseau de proximité, un espace d'information et de partage d'expériences. A bientôt ! PV.

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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /Déc /2006 00:50
- Par Philippe Vallin
A travers cette nouvelle rubrique, je vous ferai, au fil des articles, la présentation de mon parcours en tant que chanteur et musicien. Vous pourrez ainsi découvrir quelques-uns de mes projets et expériences diverses en la matière...


Commençons ici par mes tous premiers pas sur scène effectués courant 2005, lors de deux petits concerts acoustiques où j'accompagnais mon ami Joon Claudio, artiste pluridisciplinaire originaire des Philippines. Ces deux 1ères tentatives en compagnie d'un musicien aussi talentueux et expérimenté auront été pour moi un formidable révélateur, et surtout le point de départ d'une enthousiasmante et fructueuse collaboration artistique. C'est en effet à partir de ce moment précis que j'ai commencé à écrire et à composer chansons et mélodies, avec l'aide précieuse de Joon qui se charge des arrangements des morceaux (pour ma part, je suis toujours un parfait autodidacte, complètement allergique et hermétique au solfège !). Notre style, s'il y en a un, serait un mélange de diverses influences qui nous sont tantôt propres et tantôt communes : chanson française et Philippines, musiques pop, folk, ethniques et traditionnelles, etc.

Hormis le chant, Joon et moi partageons une véritable passion pour les flûtes du monde. Joon maîtrise parfaitement la flûte traversière chromatique en bambou "Hipanog" dont il est l'inventeur. J'ai pour ma part un faible pour les flûtes diatoniques, et particulièrement celles des indiens d'Amérique du Nord aux sonorités si douces et aux échelles si caractéristiques.


Joon Claudio & Philippe Vallin "UYAWE"
Saint-Denis, Café Culturel
Le vendredi 4 février 2005















Ce mini-concert au Café Culturel de Saint-Denis a été baptisé "UYAWE" en référence à notre première composition commune.

Plus tard, cette jolie mélodie m'inspirera le nom du site sur lequel vous naviguez actuellement (voilà, le mystère est enfin révélé !). Cette courte présentation musicale d'une petite demi-heure s'est déroulée dans le cadre du vernissage de l'exposition de Joon Claudio & Jonathan Dû, tous deux complices et artistes s'illustrant dans la peinture contemporaine et abstraite.


Set-list :

Flute solo
Improvisation 1
Musikero
Angelines
Aliw-Iw
Improvisation 2
Giliw
Vivre ensemble

Joon Claudio : Chant, guitare, flûte hipanog, kumbing,
Philippe Vallin : Chant, Flûtes kiowa, Low whistle, Pinkillo et Hipanog, Tuggangan, ocarina, Tingshaws, sonailles

















Instrumentarium...





























Au milieu : Jonathan Dû


















A gauche : Stéphane "Scarpe" Buffet, graphiste/peintre/sculpteur
et membre actif du Café Culturel


Joon Claudio & Philippe Vallin

Saint-Denis, La Ligne 13
Le samedi 21 mai 2005

















Ce concert s'inscrivait dans le cadre d'une initiative de l'amicale des Bretons de Saint-Denis, organisée à l'occasion de la Journée de la Diversité Culturelle. La soirée était présentée en ces termes dans le programme des spectacles de la LIGNE 13 : "L'Amicale des Bretons de St-Denis a conçu le projet d'organiser une soirée festive et musicale à partir de la richesse des diverses cultures existantes parmi la population de notre ville. Cette manifestation privilégiant les musiques d'ici et d'ailleurs permettrait de développer les échanges et d'enrichir le dialogue entre les différentes communautés. Elle offre un opportunité d'approfondir nos réflexions sur les valeurs humaines pour repousser collectivement l'exclusion, le racisme, afin que chacun puisse entendre, écouter la beauté d'un chant du monde solidaire pour apprendre à mieux vivre ensemble".

Pour cette soirée unique et chaleureuse, nous partagions l'affiche avec le groupe Deux + Un (excellent trio jazz fusion incluant mon vieux complice Hacène Abchiche à la guitare), le touareg Bady Ag Alhassane et l'ensemble breton Kan Ar Mor. Notre duo a été renforcé par la présence de mon pote Mario Micaletti à la guitare, recruté dans l'équipe à peine quinze jours avant l'évènement ! Sa très sympathique contribution aura apporté une petite touche "rock" bienvenue sur certains titres.
Set-list :

Flute solo
Anak
Musikero
Uwawe
Il y a toujours un matin
Un monde inconnu
Himig Ng Pag-Hibig
Resistante
Giliw

Joon Claudio : Chant, guitare, flute hipanog, kumbing, bambou
Philippe Vallin : Chant, Flûtes kiowa, Low whistle et Hipanog, Tuggangan, Rainstick, Tingshaws, sonailles
Mario Micaletti : Chant, guitare, oeufs, bambou, Tuggangan





























































Philippe Vallin
Photos : Miguy Saminadin et Aiman Saad Ellaoui


Dimanche 24 décembre 2006 7 24 /12 /Déc /2006 17:14
- Par Philippe Vallin & Yaya Bagayoko
Vous découvrirez ci-dessous la seconde partie d'un document relatif à un projet de rencontre et de création artistique intergénérationnelle baptisé "GENERATIONS SLAM". Ce projet, initié fin 2006, sera mené conjointement en 2007 par le Pôle Ressource Hip-Hop de la Direction de la Jeunesse (Service des Pratiques Artistiques et Culturelles) et le Service Animation et Vie Sociale des Retraités de la Ville de Saint-Denis. Cette aventure s'inscrit dans le cadre du"SLAM'Caravane 93", initiative organisée en réseau par cinq communes du département, avec le soutien du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis.

LES OBJECTIFS DE GENERATIONS SLAM

















Les objectifs généraux:

- Favoriser la rencontre entre jeunes et personnes âgées, à travers une activité de création et d’expression poétique : le slam.

- Valoriser et promouvoir l’expression et les dynamiques culturelles des dionysiens, toutes générations confondues.

- Contribuer à valoriser une image de la banlieue souvent ternie par les médias, en développant une initiative artistique et culturelle innovante à Saint-Denis.

Les objectifs opérationnels :

- Participation commune de jeunes et de retraités à l’atelier d’écriture slam, proposé chaque semaine dans le cadre des activités du S.P.A.C (Service des Pratiques Artistiques et Culturelles).

- Réalisation commune et édition d’un CD enregistré dans un studio professionnel, à partir des œuvres produites par le groupe de jeunes et de retraités lors du déroulement de l’atelier.

- Permettre aux jeunes et aux retraités de pouvoir se produire ensemble sur une grande scène slam, à la Bourse du Travail de Saint-Denis en avril 2007, à l’occasion du “ SLAM’Caravane 93”.

- Créer une dynamique intergénérationnelle autour du slam : rencontres régulières et dans divers contextes, promotion des scènes existantes dans les programmes d’animation, accompagnement des personnes lors des événements (ex : Café culturel), etc.

- Réalisation d’un film documentaire sur toute la durée du projet réunissant le groupe de jeunes et de personnes âgée, afin de garder la mémoire de cette aventure, mais aussi de la restituer et de la promouvoir.


LE PUBLIC CONCERNE


















Par l’atelier d’écriture, la réalisation du CD et la restitution sur scène en avril : un groupe réunissant les jeunes inscrits à l’atelier Slam, ainsi qu’une dizaine de personnes retraitées dionysiennes.


LIEUX DE L’ACTIVITE, MODALITES, DUREE ET PERIODICITE
















Atelier d’écriture hebdomadaire gratuit de 2 heures, organisé chaque mercredi de 16h à 18h, sauf vacances scolaires.

L’atelier se déroule au Service Municipal de la Jeunesse, dans une salle au rez-de-chaussée accessible aux personnes à mobilité réduite. L’accompagnement de ces personnes est assuré chaque semaine par les animateurs de la Direction Retraités et Personnes Agées, au moyen d’un minibus adapté.

Afin de favoriser les échanges, l’atelier se déplacera ponctuellement au sein des foyers-résidences retraités, avec l’aide des animateurs et des véhicules de services de la M.J.C.

Démarrage: le lundi 6 novembre 2006 à la Résidence Croizat, avec la présentation du projet aux retraités, en présence de Grand Corps Malade.

Echéance du projet : fin juin 2007, puis reprise à la rentrée pour une pérennisation de l’activité d’écriture.



LE CONTENU DE L’ACTIVITE














L’atelier d’écriture

Les premiers temps seront consacrés à la prise de contact au sein du groupe, entre jeunes, personnes âgées et intervenants. Dans une seconde phase, celui-ci s’organisera en plusieurs binômes qui développera chacun son ou ses propres thèmes d’écriture, en vue de la réalisation du CD et de la prestation scénique au SLAM’Caravane 93.


- Lors de chaque séance : petites exercices de jeux avec les mots et les rimes, production de textes et restitution au groupe, mini slam-session des textes réalisés dans le cours de la semaine précédente,

- définition de thèmes d’écriture communs, et travail en petits groupes mixtes,

- sessions d’enregistrement à prévoir en studio, en vu de l’élaboration d’un CD diffusé gratuitement aux participants, aux familles et au public dionysien, d’ici la fin d’année 2007,

- séances de répétition puis présentation des œuvres réalisées par le groupe en avril 2007 à la bourse du travail, lors de la restitution du travail produit par les ateliers d’écriture liés par le "SLAM’Caravane 93".

A Saint-Denis, l’ensemble du déroulement du projet sera filmé par le service Audiovisuel de la ville, afin que l’aventure puisse être présentée au public sous forme d’un reportage au format DVD. Le film inclura la 1ère rencontre à la résidence Croizat, le vécu lors des ateliers, la dynamique engendrée par le projet (ex : les slam sessions du Café Culturel, les rencontres slam en résidences et autres lieux sur la ville), mais aussi les émotions, les appréhensions des uns et des autres, etc.


LES MOYENS FINANCIERS

Le Budget prévisionnel prévoit le coût des vacations intervenants, les séances d'enregistrement en studio pour un CD 8 titres, le mastering et le pressage du disque à 2000 exemplaires, la communication et autres dépenses diverses.

LES PARTENAIRES

Partenaires directs :

- Les antennes jeunesses de quartier
- La Cyberbase Municipale (conception graphique du CD)
- Le Service Communication de la ville
- Le Service Audiovisuel (suivi vidéo)
- Le journaliste Jean-Michel Delage (suivi photo)

Partenaires indirects :

- Le Conseil Général de la Seine Saint-Denis
- L’association "SLAM’ Caravane 93"


A suivre...

Photos : Jean-Michel Delage, Boris Lelong et Laurence Thimothé


Dimanche 24 décembre 2006 7 24 /12 /Déc /2006 17:13
- Par Philippe Vallin & Yaya Bagayoko
Vous découvrirez ci-dessous la 1ère partie d'un document relatif à un projet de rencontre et de création artistique intergénérationnelle baptisé "GENERATIONS SLAM". Ce projet, initié fin 2006, sera mené conjointement en 2007 par le Pôle Ressource Hip-Hop de la Direction de la Jeunesse (Service des Pratiques Artistiques et Culturelles) et le Service Animation et Vie Sociale des Retraités de la Ville de Saint-Denis. Cette aventure s'inscrit dans le cadre du "SLAM'Caravane 93", initiative organisée en réseau par cinq communes du département, avec le soutien du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis.


GENERATIONS SLAM












Coordinateurs du projet : Yaya Bagayoko (Direction de la Jeunesse) et Philippe Vallin (Service Animation & Vie Sociale / Direction Retraités et Personnes Agées)

Animation et conception artistique : Fabien Marsaud / Grand Corps Malade et Emilie Llorente


LE SLAM RASSEMBLE LES GENERATIONS

Le slam, c'est un art d'expression populaire oral et déclamatoire à la portée de tous. La seule motivation pour le pratiquer, c'est l'envie d'écrire et de partager ses textes avec d'autres. Le slam est donc le terrain d'expression idéal pour tout poète en herbe, quelque soit son âge, sa condition ou son style. En effet, ce véritable phénomène culturel touche tous les publics, bien au delà des cercles littéraires classiques. Les rencontres "slam" se déroulent dans divers lieux publics, les bars, cafés, salles de spectacles, maisons de la jeunesse, cinémas, mais aussi dans les écoles, les hôpitaux, les foyers de retraités, les marchés en plein air, etc. En bref, le slam prend vie dans tous les espaces pouvant réunir poètes et spectateurs.

A Saint-Denis, le genre connaît aujourd'hui un vif succès grâce à celui de Grand Corps Malade, dont le 1er album, vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires, a su séduire et émouvoir toutes les générations à travers la France. De cette nouvelle forme de poésie urbaine, Grand Corps Malade ose la définition suivante : "Le slam c'est avant tout une bouche qui donne et des oreilles qui prennent. C'est le moyen le plus facile de partager un texte, donc de partager des émotions et l'envie de jouer avec des mots. Le slam est peut-être un art, le slam est peut-être un mouvement, le slam est sûrement un moment... Un moment d'écoute, un moment de tolérance, un moment de rencontres, un moment de partage".


GENESE D'UN PROJET SLAM INTERGENERATIONNEL
















A l'occasion d'un événement organisé régulièrement par le Service Animation Retraités à la résidence Croizat autour de l'expression musicale et de la chanson, le pôle Hip-Hop, convié à plusieurs reprises, a pu se rendre compte du potentiel créatif et artistique des personnes âgées, et de leur volonté de rencontrer le public jeune. A l'issue de ces initiatives, le Service Animation et Vie Sociale Retraités et le pôle Hip-Hop de la Direction de la Jeunesse ont décidé de travailler ensemble à la réalisation d'un projet de création artistique commun et poussé.

Après plusieurs réunions de concertation entre les deux services, plusieurs idées ont émergé.

Pistes d'actions possibles :

-    création d'un recueil de textes,
-    création d'un CD slam,
-    restitution scénique avec les participants, jeunes et retraités.

Au vu des différentes actions déjà menées par le Service Animation Retraités, nous nous sommes orientés sur la création artistique d'un CD slam, dans le cadre d'un projet global baptisé "Générations slam". L'enregistrement d'un disque au sein d'un véritable studio professionnel nous semble être l'un des points forts de ce projet, à la fois valorisant et stimulant pour l'ensemble des participants qui découvriront un environnement de travail inhabituel et vivront en commun une expérience inoubliable.

Ce projet est globalement le fruit d'un long processus qui s'inscrit dans la continuité d'actions déjà menées à Saint-Denis, axées autour de l'expression et de la rencontre intergénérationnelle :

 - Les après-midis "Hip-Hop" organisés plusieurs années consécutives avec les antennes de quartier jeunesse à la résidence Ambroise Croizat.
















- Les rencontres régulières entre les élèves du collège Jean-Lurçat et les résidants du foyer Croizat, autour de l'expression musicale et poétique.


















- Les Rencontres "Musiques et Chansons", scènes ouvertes organisées chaque trimestre dans les résidences, réunissant animateurs, jeunes des quartiers et personnes âgées. Ces après-midis d'expression sont dédiés au partage convivial de chansons de toutes époques et de tous styles. C'est tout naturellement que le slam y a fait son apparition ces derniers mois.
















- Des expériences d'accompagnement culturel menées avec l'association dionysienne Altamira, lors de séjours retraités organisés au centre de vacances de Montrem : créations musicales, slam, projet radiophonique et autres, avec réalisation de plusieurs CD's à la clef.
















- Le projet "La mémoire en chantant", partenariat avec l'association Altamira, qui, a travers la réalisation d'un CD enregistré à Saint-Denis, se propose de mettre en valeur le patrimoine de chansons et musiques qui sommeille dans la mémoire des anciens. Un patrimoine aux sources étonnamment variées, porteur de la riche histoire d'une ville ouverte au monde depuis des générations.


DYNAMIQUE SLAM A SAINT-DENIS

"Générations slam" viendra se greffer dans la dynamique du "SLAM'Caravane 93", projet mené par le biais d'ateliers d'écriture "slam" mis en place dans cinq grandes villes de Seine-Saint-Denis et soutenu par le Conseil Général du département : Bobigny, Saint-Denis, Aubervilliers, Montreuil et Saint-Ouen.

Objet du SLAM'Caravane 93 : "Par le biais du slam, mettre en évidence l'énergie créatrice des jeunes du département, mais aussi de tous ceux qui souhaitent participer à cette démarche, avec des ateliers menés par des intervenants soigneusement choisis pour leurs qualités artistiques et pédagogiques. Il s'agit de prendre conscience de l'importance de l'espace de parole, créer cet espace, le faire vivre et en connaître la valeur".


















A l'occasion d'un événement organisé par les Services Animation Jeunesse et Personnes Agées,Grand Corps Malade s'est rendu à la résidence Ambroise Croizat le lundi 6 novembre 2006, à la rencontre des retraités de la ville, afin de leur présenter notre projet commun. Depuis le mercredi 15 novembre 2007, un groupe d'une dizaine de personnes âgées participent à l'atelier d'écriture qu'il anime chaque semaine auprès de jeunes à la M.J.C de Saint-Denis. Cette belle aventure intergénérationnelle qui commence a déjà conduit les participants à se produire ensemble sur la scène conviviale du Café Culturel, et même à participer à Saint-Denis au tournage du nouveau clip de Grand Corps Malade 'Midi 20', mis en scène par Jacky Ido, alias John Pucc'Chocolat, autre figure de proue du slam local.

De nombreux événements "slam" réunissant jeunes et personnes âgées sont d'ores et déjà programmés à Saint-Denis pour le début 2007 :


- Spectacle "Slam'O féminin" au Café Culturel de Saint-Denis, le Jeudi 8 mars à 19h, à l'occasion de la Journée de la Femme.

A l’occasion de la Journée de la Femme 2007, le Café Culturel vous propose de venir assister au spectacle du collectif Slam’O féminin, dont la 1ère partie sera assurée par des slammeurs et slammeuses retraités, qui vous feront la lecture de textes écrits pour l’occasion.
Entrée libre


- "Slamusez-vous au Musée !" le Dimanche 11 mars à 15h, session slam organisée dans le cadre de la manifestation nationale Le Printemps des Poètes qui se déroulera du 5 au 18 mars 2007 sur le thème "Lettera amorosa, le poème d'amour".

Dans le cadre de la manifestation nationale Le Printemps des Poètes qui se déroulera du 5 au 18 mars 2007 sur le thème "Lettera amorosa, le poème d'amour", le musée d’art et d’histoire de Saint-Denis organise une session slam dans ses murs. Votre participation est plus que la bienvenue ! L’après-midi sera animée par les slammeurs dionysiens Ami Karim et John Pucc’Chocolat, avec la contribution musicale du guitariste Hacène Abchiche
Musée de Saint-Denis, 22bis, rue Gabriel Péri
Entrée libre


- Restitution du "SLAM'Caravane 93" à la Bourse du Travail de Saint-Denis le vendredi 6 avril 2007, et à la Ligne 13 (date à déterminer).

Le "slam Caravane", c’est le partenariat de 5 grandes villes du 93 autour de la mise en œuvre d’ateliers d’écriture hebdomadaires. Le principal objectif de ces ateliers "slam", animés par des intervenants choisis pour leurs qualités artistiques et pédagogique, est de valoriser l’énergie créatrice des jeunes du département. A Saint-Denis, ce rendez-vous est animé par Grand Corps Malade en personne, et il a la particularité cette année de réunir jeunes gens et retraités dionysien autour d’un projet commun. La restitution du travail produit par les différents ateliers se déroulera à Saint-Denis, à l’occasion d’une grande scène slam organisée à la Bourse du Travail. Cette initiative se déroulera avec le soutien du Conseil Général du 93 et du Canal 93 de Bobigny. Le groupe de jeunes et de retraités de Saint-Denis se produiront ensemble pour une scène spéciale à la Ligne 13, Place de la Résistance. Pour la date et les horaires, renseignement auprès du Service Animation Retraités à partir du 1er février. Tel : 01 49 33 71 75


- Rencontre "Musiques, Slam & chansons" le mercredi 18 avril à 15h, à la résidence Ambroise Croizat

Avec la musique et la chanson, bienvenue à la l’expression poétique ! "Musiques, Slam & chansons" est une animation intergénérationnelle où chacun, jeune ou moins jeunes, est invité à jouer, chanter, déclamer un texte, ou simplement écouter et encourager les participants ! N’hésitez donc pas à emmener vos instruments de musique si vous en avez, vos répertoires de chansons, vos poésies, sketches, où petits contes, afin d’improviser ensemble un très bon moment, au fil d’un après-midi où nous vous attendons nombreux. Animation : Philippe Vallin et Hacène Abchiche, animateur à la direction de la jeunesse
Entrée libre


- Les sessions  mensuelles "Slam'aleikoum" au Café Culturel de Saint-Denis les vendredi 12 janvier, 9 février, 13 avril et 11 mai à 21h.

Après avoir arpenté de nombreuses scènes slam parisiennes, ils sont heureux de revenir “ à la maison ” pour vous accueillir chaleureusement et partager leur amour des mots, en proposant un micro ouvert  dynamique où vous êtes de plus en plus nombreux à venir vous exprimer ! Café Culturel Arts & Rencontres, 11 allée des six chapelles
Entrée libre



Photos : Jean-Michel Delage, Boris Lelong, Aiman Saad Ellaoui, Laurence Thimothé et Philippe Vallin



                                                                                                  
Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /Déc /2006 22:41
- Par Philippe Vallin
Damien Rice - "9" (Warner music 2006)

Ne cherchez plus, la petite perle pop-folk du moment est signée Damien Rice, brillant  songwriter irlandais qui transforme haut la main l'essai de "O", son premier album paru en  2003 et écoulé, mine de rien, à près de 2 millions d'exemplaires dans le monde. En France,  Damien s'est surtout révélé au grand public grâce à sa participation à la bande originale du film "Closer", l'excellent drame sentimental de Mike Nicholls, avec Julia Roberts, Clive Owen, et la délicieuse Natalie Portman. Impossible en effet à quiconque de résister au fameux "The Blowers Daughter" et son refrain mélancolique à souhait, qui vous reste gravé dans la tête dès la première écoute. Ce titre, également 1er single issu du fameux "O", se hisse au sommet des charts de Grande Bretagne. L'album parait dans la foulée, et c’est un très grand cru dans sa catégorie. Un artiste incontournable est né, qu'on se le dise.

Accueilli avec enthousiasme par la critique, il tient toutes les promesses de la chanson qui lui a ouvert les voix du succès sur les ondes et dans les bacs des disquaires. "O" est un disque rare, bouleversant, à fleur de peau, une petite merveille folk tout en délicatesse où le chant, les guitares et le violoncelle, omniprésent, rivalisent de feeling et d'émotion. La voix de Damien Rice est un pur enchantement, avec un timbre et un style écorché vif qui ne sont pas sans rappeler ceux du défunt et regretté Jeff Buckley. Sur quelques titres de l'album, la chanteuse Lisa Hannigan vient prêter sa voix douce et légère à celle de Damien, et la magie opère à chaque fois. Et que dire des arrangements, parfaits du début à la fin. Tout est magnifiquement ciselé, avec un bon goût constant et un savoir faire mélodique absolument imparable. Aucun "ventre mou" à craindre dans l'album, chaque chanson est un single potentiel, chaque morceau est un petit univers à part entière dans lequel il fait bon flâner et vibrer.

 "9", sans tout à fait égaler ce premier chef d'œuvre, poursuit dans le même sillage musical, en reprenant l'ensemble des éléments qui on fait le succès du 1er disque, avec toutefois une production plus riche, plus dense et plus étoffée. "9" est aussi beaucoup plus "rock" que son prédécesseur, avec quelques morceaux bien énervés qui tranchent tout net avec la mélancolie habituelle, citons ici "Rootless Tree" (seul point faible, relatif, de l'album), et surtout "Me, my woke and I" et ses déflagrations de guitares rageuses et telluriques assez surprenantes. Mais surtout pas de panique, la majorité de l’album reste empreinte de cette douceur si singulière chez Damien Rice. "9" démarre très fort avec une ouverture à deux voix confondante de beauté qui pose tout de suite le contexte. Lisa Hannigan est en effet toujours de la partie, et personne ne s'en plaindra tant le duo est une affaire qui roule. Puis s'enchainent une collection de pop-songs dominées une nouvelle fois par les instruments acoustiques (piano, guitare, violoncelle), des chansons aux mélodies classieuses et racées, et puis cette voix magnifique, qui s'envole, encore et encore, et qui jamais ne nous laisse atterrir. Vous l'aurez compris, un disque qui fait partie de mon top 5 de l'année. Peut-être même le tout meilleur à bien y réfléchir. Vous cherchiez une idée de cadeau pour Noël ? Imparable. Philippe Vallin
 



Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /Déc /2006 12:49
- Par Philippe Vallin
Depuis plus d'un mois maintenant, une dizaine de personnes retraitées participent, en compagnie de jeunes dionysiens, à l'atelier d'écriture hebdomadaire animé à la M.J.C de Saint-Denis par Grand Corps Malade. Cette initiative intergénérationnelle est le fruit d'un projet mené conjointement par les services animation retraités/personnes âgées et jeunesse, motivé de part et d'autre par l'envie de rencontre et d'échanges dans le cadre d'un terrain d'expression commun. Des liens forts entre jeunes et moins jeunes se sont très vite tissés au sein de ce petit groupe "d'apprentis slammeurs", où règnent d'entrée de jeu une vraie convivialité et un plaisir d'être ensemble. Cette très belle aventure qui démarre a déjà permis à quelques volontaires de se hisser sur la scène du Café Culturel de Saint-Denis (93) pour déclamer, en public, leurs propres textes, lors des fameux "Slam'aleikoum" mensuels animés "à la maison" par Grand Corps Malade, Ami Karim et John Pucc'Chocolat.
















Fabien et Thérèse en plein boulot lors de l'atelier
d'écriture du mercredi après-midi

Tournage à Saint-Denis du clip de Grand Corps Malade "Midi 20"

Lors de la session du vendredi 8 décembre où les personnes âgées ont reçu de la part des animateurs de la soirée un accueil on ne peut plus chaleureux (pour ne pas dire triomphal !), un véritable casting se préparait sur place pour le tournage du tout nouveau clip de Grand  Corps Malade, celui de l'excellent et autobiographique "Midi 20" qui donne sont titre à l'album. C'est ainsi que 5 volontaires parmi les retraitées se sont données un rendez-vous matinal le dimanche 10 décembre à 8h précise, en compagnie de gens de tout âge (incluant leur jeunes amis de l'atelier slam, ma collègue animatrice Laurence et moi-même), à Saint-Denis, à l'angle des rues de la République et de la Charonnerie. Nous avons été accueillis dans un "froid de canard" par l'équipe de tournage en plein préparatifs, laquelle nous a très vite expliqué le déroulement des opérations de la matinée. Un plan séquence rapide à tourner en pleine rue (et un jour de marché !), mais avec beaucoup de figurants et d'évènements à gérer, bref, une mise en place difficile, et surtout pas le droit à l'erreur lors des prises finales !

Le réalisateur du film n'est autre que le sympathique dionysien Jacky Ido, acteur talentueux découvert dans "La masaï blanche" puis "Les enfants du pays" avec Michel Serrault. Côté slam, Jacky est plus connu sous le pseudo de...John Pucc'Chocolat ! Jacky semble à l'aise et heureux de retrouver toutes ces têtes connues sur le tournage, qui ne tarde pas à débuter par une longue et fastidieuse série de répétitions en plein air, entrecoupées de pauses bien méritées au chaud autour d'un café. Les personnes âgées prennent leur petit rôle avec sérieux, et on ne peut que saluer leur motivation et leur persévérance lors des multiples prises qui seront nécessaires pour aboutir à la scène parfaite (signalons ici que la doyenne est tout de même âgée de 87 ans !). Tonnerre d’applaudissements lorsque les assistants réal déclarent aux alentours de 13h que ça y est, la scène est dans la boîte ! Tout le monde est impatient de voir le résultat final à la télévision, sur Internet, ou, on l'espère, sur un support DVD en préparation ? Ce tournage qui nous mobilisera une bonne demi-journée nécessitera au total 5 jours de travail à Saint-Denis, avec plusieurs acteurs dont Grand Corps Malade lui-même.

Après cette enrichissante expérience qui aura enchanté tout le monde, nos amies retraitées participeront avec les jeunes à d'autres projets liés à la pratique slam courant 2007 :

- des sessions au sein des foyers résidences pour personnes âgées,
- une initiative en mars au Café Culturel autour de la Journée de la Femme,
- une autre au Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis, "Slamusez-vous au Musée", lors de l'édition du Printemps des Poètes 2007, placé sous le thème des "Lettres d'amour"
- restitution du travail produit lors des ateliers d'écriture (villes du 93) sur une grande scène slam, le "Slam Caravane" à Saint-Denis en avril.
Et sans oublier bien sûr les scènes mensuelles au Café Culturel qui comptent de plus en plus d'adeptes ! A suivre...

















Ruddy & Feel, un duo en pleine inspiration
















Denise, lors de son baptême slam au Café Culturel, sous
l'oeil attentif et amusé d'Ami Karim















Grand Corps Malade, Ami Karim et Henriette sur scène

















Marcelle, Margot, Ginette..

















Et Denise et Henriette, un dimanche de décembre, juste avant les
1ères prises de vue de clip de "Midi 20"

Credit photos : Laurence Thimothé, Boris Lelong, Jean-Michel Delage et Philippe Vallin



Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 00:30
- Par Philippe Vallin
KékéDarsen - Le p'tit cd acoustique et live (autoprod 2006)

KékéDarsen est un jeune trio de Pop-folk acoustique aussi talentueux que rafraichissant, qui, depuis plusieurs mois, écume les petites scènes parisiennes pour le plus grand plaisir du public. Amateurs à l'affut de cafés-concerts, festivals et autres tremplins, vous ne pouvez pas les rater ! KékéDarsen, c'est d'abord la rencontre, il y a tout juste un an, de Kevin et Mike, tous deux chanteurs et guitaristes accomplis, qui feront  respectivement leurs premiers pas en tant que musiciens l'un à Paris, l'autre à New-York où il réside quelques années avant de regagner l'hexagone. C'est à ce moment là que Kevin et  Mike, alias Kéké et Darsen, se retrouveront autours d'affinités musicales communes pour  fonder leur propre groupe. Fin 2005, le projet KékéDarsen était officiellement né !

Depuis, le combo se produit autour de reprises, mais aussi, et surtout, de leur propre répertoire, nourri de l'influence d'artistes aussi divers que sont Jason Mraz, Sinclair, Prince, K's Choice, Taj Mahal, Modjo, Les Beatles, et j'en passe. Kéké et Darsen écrivent en effet leurs propres textes, à travers lesquels ils s'expriment en français, avec finesse, simplicité, poésie, mais aussi un certain sens de l'humour qui leur est propre. Sur le plan vocal, leur duo est  comme on dit "une affaire qui roule", parfaitement rodé, avec des voix sans esbroufe, aux textures complémentaires qui se superposent et s'entremêlent avec justesse et harmonie. Mais KékéDarsen ne saurait compter aujourd'hui sans la présence de Narjess, dernière recrue du groupe qui apporte une touche féminine bienvenue. Percussionniste très douée (une authentique élève du célèbre Guem, ce n'est pas rien !), celle-ci apporte d'autres couleurs à la musique et aux chansons de ses deux acolytes, entre-autres au son du Derbouka et du Cajon. Véritable instrument de prédilection, Narjess utilise ce dernier de façon très personnelle, avec un sens rythmique alliant technicité, feeling et créativité.

Le succès du groupe sur les planches poussera ses trois membres à enregistrer cet été une première démo 4 titres, relayée aujourd'hui par un tout nouveau CD un peu plus rempli, compilant morceaux studio ("Nuit d'hiver", "Comme avant", "Miss belle", "Rien n'est fini") et prises live ("Plan sur la comète", "Manipulateur"), également disponible en écoute sur leur site web récemment mis en ligne : www.kekedarsen.com. KékéDarsen est un groupe au fort potentiel "qui monte qui monte", et avec lequel la chanson française nouvelle génération va devoir désormais compter. Je vous encourage vivement à venir découvrir leur joyeux coktail musical sur scène, car c'est bien là que les ballades sautillantes et mélodieuses du sympathique trio prennent toute leur dimension. A découvrir d'urgence ! Philippe Vallin

Agenda

Jeudi 14 décembre 2006 à 20h30
Chez Pascaline, 49 rue du Pixericourt
Paris 20eme - M° Telegraphe

Mercredi 20 décembre à 20h
Gambetta Bar, 104 Rue de Bagnolet
Paris 20eme - M° Alexandre Dumas
Invité :  NidrajCalud

Vendredi 5 janvier 2007 à 21h
Pestacle Bar, 22 rue Au Maire
Paris 3eme - M° Arts et Metiers
Invité : Mon Coté Manouche

Mercredi 10 janvier à 20h30
Palais Bar, 39 rue des petites ecuries
Paris 10eme - M°Chateau D'eau

Jeudi 25 janvier à 20h30
L'Orient Express, 12 rue Claude Tillier
Paris 12eme - M°Reuilly Diderot

Vendredi 9 fevrier à 20h30
KrizaBar, 9 Rue Vandamme
Paris 14eme - M°Gaité

Samedi 17 fevrier à 19h30
Gibus  (Emergenza 2eme Tour), 18 rue du Faubourg du Temple
Paris 20eme - M°Republique



Jeudi 23 novembre 2006 4 23 /11 /Nov /2006 15:49
- Par Philippe Vallin
Montrem - Au coeur de la vie (Altamira 2006)

En attendant la parution courant 2007 de "La Mémoire en Chantant", voici un nouveau témoignage sonore de la diversité et de la richesse d'expression des dionysiens. Ce nouveau CD met surtout en évidence l'incroyable potentiel créatif de tout un chacun, potentiel qui peut se révéler et s'épanouir quand le contexte le permet. Et le centre de vacances de Montrem représente, pour beaucoup, un incroyable vivier de rencontres, d'échanges, et donc... de créativité partagée ! Car c'est là bas, sur place et au cours du séjour retraités organisé par la ville en septembre 2006, qu'ont été réalisés la grande majorité de ces enregistrements, à l'initiative d'Altamira, une nouvelle fois partenaire du projet. Ces divers moments d'expression ont été pour la plupart pris "sur le vif", principalement lors des nombreuses veillées qui sont venues ponctuer ces deux semaines passées au coeur de la Dordogne. D'autres ont été réalisés en studio (ceux de "Radio Tête d'Âne" à Montrem et d'Altamira à Saint-Denis), pendant et a posteriori du séjour, à partir de créations individuelles ou communes. "Au coeur de la vie", production artisanale, éclectique et chaleureuse, alterne titres instrumentaux et textes déclamés, parfois eux-mêmes mis en musique par Boris Lelong, à qui on doit également la conception sonore et graphique du CD (photo de couverture : Laurence Thimothé). Voici le menu détaillé de la restitution d'une belle aventure, qui, comme vous pourrez le constater, a trouvé son prolongement bien au delà de ces quelques jours vécus ensemble en Périgord.


1- Montrem on t'M
L'introduction du CD est un slam, écrit par Marcelle Courtellemont (pour qui il s'agissait d'une première !) et moi même. Il nous présente le centre de vacances de Montrem, sa qualité de vie, mais nous parle aussi de la dynamique et de la philosophie des séjours retraités. Retrouvez l'intégralité du texte ici. Ce dernier a été mis en musique par Boris Lelong, guitare, flûte Tin Whistle et claviers à l'appui. Pour l'écouter, un simple clic sur le site perso de Boris.

2- L'héritage de Nagaka
Cette petite improvisation instrumentale signée Boris, Matthieu le Rhun et moi-même (derbouka, claves et "Medicine flute" amérindienne) est un clin d'oeil au magnifique conte préhistorique que nous avait offert Jacques Ranoux, directeur du centre, lors du séjour retraités 2005. Nous avions alors accompagné l'histoire de ce tailleur de pierre du paléolithique en musique, et avec des sonorités acoustiques similaires.

3- Le Ruban
"Le Ruban" est le tout premier et le seul poème écrit par Françoise Douzenel, alors qu'elle était elle-même monitrice à Montrem en 1958 et 1959 (et colon en 1954 !). Pour certains, il semblerait que ce centre de vacances représente un sacré bout d'histoire, et de nombreuses tranches de vie à inscrire sur le fameux "ruban"...

4- L'homme au Papillon
Nouveau clin d'oeil à un conte de Jacques, intarissable source d'inspiration, celui-ci offert à la fin du séjour en veillée, et relatant une histoire de Dordogne, placée sous le contexte de la seconde guerre mondiale. A la guitare, Boris.

5- L'Abbé Cane
Un texte fort drôle que nous a lu Jeannine Menil lors d'une veillée "expression", avec de subtils jeux de mots. L'abbé Cédaire ne s'en remet toujours pas !

6- Berceuse de Brahms
Duo instrumental, avec Claude Andreu au violon et Denise Lemière à la flûte baroque, travaillé et repété avec persévérance durant le séjour, avant cette touchante 1ère interprétation en public.

7- Les Sans-logis
Un texte très émouvant, cadeau de Fatima Mansouri, enregistré durant le séjour dans le convivial studio de Radio Tête d'âne. L'accompagnement musical est signé Boris, ici très inspiré du style de Vangelis. Avis aux amateurs !

8- Le Cid
Une performance de Françoise, nous déclamant avec force et brio un extrait du Cid de Corneille, recopié (de tête !) sur un bout de nappe, durant le repas précédant la fameuse veillée "expression".

9- Le violoniste
Petite pièce de violon jouée en solitaire par Claude, qui débute dans le laborieux apprentissage de cet instrument, à l'âge de 65 ans. C'est avec ce même morceau qu'il a passé avec brio son 1er examen devant jury, au Conservatoire de Saint-Denis. Bravissimo !

10- La Porcheronne
Encore un écho du séjour précédent, avec ici un court duo instrumental reprenant le thème de la Porcheronne, une histoire médiévale en 24 couplets, variation du conte de Cendrillon. On retrouve Boris à la guitare et moi-même au Low whistle, grande flute diatonique d'origine irlandaise.

11- T'es qui toi ?
Claude n'est pas seulement musicien, il est aussi un brillant poète. Il nous offre ici un joli texte de sa composition, en forme de devinette. Alors, c'est qui au fait ??

12- Gouttes de pluie
Magnifique solo de piano à pouces signé Boris, improvisé lors de la veillée "expression". Vous verrez à l'écoute du morceau que celui-ci porte très bien son nom.

13- Le coeur de la vie
1er contact avec Hania, jeune chanteuse algérienne qui a bluffé tout le monde avec sa très belle voix expressive, puissante et nuancée, alors qu'elle était venue en simple spectatrice d'un évènement musical programmé par nos soins durant le séjour. Son chant est ici appuyé par des nappes atmosphériques créées en direct par un Boris sous le charme. Hania a été pour nous tous une véritable rencontre, à tel point que celle-ci est tout récemment montée dans la région parisienne afin d'accompagner Joon Claudio sur scène, lors de son dernier concert on ne peut plus participatif à la Tribu de Stains. C'est cette performance innatendue à Montrem qui nous a inspiré le titre de ce nouveau CD.

14- Le Paysan Nomade
Petite improvisation instrumentale en trio, autour d'un motif de guitare orientalisant signé Matthieu. Le titre du morceau rend d'ailleurs hommage à ce grand gaillard (animateur durant le séjour), passionné, entre autres, par les voyages et l'agriculture biologique, une véritable vocation.

15- Le Moulin de Malfourat
Une très jolie chanson traditionnelle du Périgord, récitée ici par Marcelle, avec un fond de guitare signé Boris.

16- A la chasse
Duo de flûtes classiques imitant le cor de chasse, où on retrouve Denise à l'alto et moi-même à la soprano, le nez collé à la partition, sous l'oeil sévère et attentif de ma partenaire de choc ;-)

17- La pêche
Un mini-slam, peut être le premier "Slam Haiku" de l'histoire, écrit et interprété par une Georgette qui, malgré son âge, ne manque pas de pêche !

18- Toujours jeune
Un texte à la fois humoristique et touchant sur la vieillesse, déclamé par Denise avec tout le talent qu'on lui connait, et illustré ici par les arpégiateurs électroniques dont Boris a le secret.

19- Baraka
Un extrait d'une performance "live" exécutée, lors d'une veillée ciné-concert, par Boris, Matthieu et moi-même, en support au très beau film Baraka dont nous avons inventé une nouvelle bande sonore. La version intégrale de cette création électroacoustique dure un peu plus d'une demi-heure, donc impossible à caser ici. Vous pourrez cependant découvrir les 9 dernières minutes de cette expérience visuelle et musicale spontanée, qui, on l'espère, ne restera pas sans suite.

20- La rentrée des classes *
On quitte Montrem pour se retrouver dans le "neuf trois" à Saint-Denis, au Café Culturel, un vendredi soir de novembre où Marcelle vivait sa 1ère scène slam, animée ici par Ami Karim. Slam'Aleikoum ? Aleikoum Slam !!!

21- La fille au miel
Petite rêverie musicale, à deux flutes "Siyotankas", en illustration d'un conte imaginé par Boris, offert aux participants en fin de séjour.

22- Toi l'étranger **
Nouveau texte né de la plume habile de Marcelle, récité ici par son auteur à la Tribu de Stains, à l'issue du concert de notre ami Joon. L'intolérance et la lutte contre le racisme sont les thèmes de prédilection de Marcelle, et "Toi l'étranger" en est une fort belle illustration.

23- Qu'est-ce que t'as ? **
Un texte puissant et magnifique signé Henriette Reset-Besnard, qui nous parle des souffrances en ce monde, déclamé par ses soins lors de cette même soirée à la Tribu.

24- Honni soit qui mal y pense **
Un texte absolument hilarant offert par Denise, toujours à la Tribu, sous les acclamations d'un public sous le charme. Depuis la mi-novembre 2006, Denise, Marcelle, Henriette et quelques autres retraités et jeunes dionysiens, participent ensemble, chaque semaine, à l'atelier slam animé à Saint-Denis par notre ami Grand Corps Malade. M'est avis qu'on n'a pas fini de les voir sur scène avec de nouveaux textes, pour notre plus grand plaisir !

25- Pour Jacques
Enfin, pour terminer notre programme en beauté, un hommage à Jacques Ranoux, le directeur tant apprécié du centre de vacances de Montrem. Ce texte très personnel est une initiative de Marcelle, comme beaucoup d'autres très touchée par cette personnalité hors du commun. "Pour Jacques" est ici illustré par une jolie musique de Boris, jouée avec le son délicieux du piano électrique.

Durée totale : 70'03

Voilà, le tour d'horizon de cette cuvée Montrem 2006 est terminé. Avis aux amateurs, je peux vous en remettre une copie à titre gracieux, dans la limite des stocks disponibles ! Bonne écoute... Philippe Vallin

---

AU COEUR DE LA VIE

Avec la participation de Claude Andreu, Georgette Breuil, Marcelle Courtellemont, Françoise Douzenel, Hania Hastings-Lakhdari, Boris Lelong, Denise Lemière, Matthieu Le Rhun, Fatima Mansouri, Jeannine Ménil, Henriette Reset-Besnard et Philippe Vallin

Enregistré de septembre à novembre 2006 à Montrem, Dordogne
sauf * au Café Culturel de Saint-Denis (Slam'aleikoum) et ** à la Tribu de Stains (Festival des Villes des Musiques du Monde)

Produit par ALTAMIRA
www.altamiramonde.net

En partenariat avec le centre de vacances de Montrem et le Service Animation de la Direction Retraités et Personnes Agées de la Ville de Saint-Denis ( www.ville-saint-denis.fr)

                 
Dimanche 19 novembre 2006 7 19 /11 /Nov /2006 16:05
- Par Benoît Lagarrigue
RENCONTRE INTERGENERATIONNELLE

Pas d'âge pour
le slam

Décidément, le slam parle à toutes les générations. C'est ce qu'a pu constater Grand Corps Malade à la résidence pour personnes âgées Ambroise Croizat. En plus d'apprécier la poésie urbaine, ces dames tâtent elles-même de la plume et du micro.

"ON COMMENCE quand ?" On dirait des gamines impatientes, alors que ce sont d'alertes grand-mères slamisantes. Eh oui ! Il n'y a pas d'âge pour devenir jeune... Preuve était donnée par la bonne cinquantaine de mamies (où étaient les papys ? Au foot ?) qui s'était donné rendez-vous lundi 6 novembre à la résidence Croizat. Au programme de cette après-midi, une rencontre avec Grand Corps Malade. Quoi ? LE Grand Corps Malade, celui qui a vendu plus de 300 000 albums, qui a rempli le Bataclan 11 soirs durant, qui a 80 concerts programmés dans une tournée jusqu'en juin 2007 (au fait, c'est quand à Saint-Denis ?), qui a fait connaître et aimer le slam partout en France et en Navarre ?... Oui, LE Grand Corps Malade est là, souriant, visiblement heureux de rencontrer ces personnes qu'on dit âgées, qui se révèlent ardentes fans et étonnantes émules.

Fabien, au beau milieu des retraités à Ambroise Croizat
 
Mais comment en est-on arrivé là ? Flash-back. "Depuis longtemps, la résidence Croizat est un lieu de rencontres intergénérationnelles", rappelle Philippe Vallin, responsable de l'équipe des animateurs au service des retraités de la ville. C'est ainsi qu'un travail de lecture, de poésie et d'écriture s'est engagé avec le collège Lurçat, que l'association Altamira organise depuis deux ans des séances autour de la chanson, ou que des rencontres autour du hip-hop ont été mises sur pied avec Dominique Brousse, responsable de la Maison de la vie associative. "Cette année, le succès de Grand Corps Malade a eu un effet accélérateur" reprend Philippe Vallin. Avec son compère Yaya Bagayoko, de la Maison de la jeunesse, il a d'ailleurs récemment emmené trois retraitées au Café culturel pour assister (et participer !) à la slam session mensuelle de Grand Corps Malade, John Pucc'Chocolat et Ami Karim. Un succès.

Cette rencontre du 6 novembre n'est donc pas un "coup", mais à la fois l'aboutissement d'un processus engagé et le lancement d'un projet. Lorsque Grand Corps Malade paraît (ou plutôt Fabien, tant les liens sont immédiatement chaleureux), "C'est un cadeau pour les retraités", s'écrie Claudie Gillot-Dumoutier, adjointe au maire chargée des personnes âgées. Un cadeau partagé puisque, en réponse à Fabien, elles se sont levées à neuf, se sont emparé du micro et ont interprété... leur slam, Merci Fabien. "Le slam, c'est le plaisir d'écrire et le plaisir de dire, leur at-il lancé. C'est aussi la mixité des publics et donc faire se rencontrer des personnes âgées et des jeunes, c'est quelque chose de naturel."

Présentation du projet avec Philippe et Yaya


Un CD à la clé


Car c'est bien là l'enjeu de cette rencontre : monter un atelier de slam qui réunira une dizaine de jeunes issus de la Maison de la jeunesse et une dizaine de retraités. Et pas pour rigoler : à raison d'une séance par semaine, jusqu'au mois de juin 2007, il s'agira d'aboutir à l'enregistrement d'un CD et de participer, en avril prochain, à une soirée Slam Caravane à Saint-Denis (à la bourse du travail ?). Bref, c'est du lourd. "On avait envie de travailler sur une action à long terme", précise Yaya Bagayoko, lui-même figure du rap dionysien. "J'ai vu le travail que vous faites, a-t-il ajouté, vous allez venir à la Maison de la jeunesse et nous on viendra ici. Vous avez des choses à dire aux jeunes et eux ont des choses à vous dire. Mais je vous préviens : on va vous faire bosser !" Une invitation acceuillie avec enthousiame, comme on s'en doute. Animateur de la journée, et après que Grand Corps Malade ait interprété plusieurs des slams qui ont fait son succès (dont les fameux Saint-Denis, Les voyages en train...), Philippe Vallin a la banane, comme on dit. Lui-même artiste, accompagné à la guitare par Joon Claudio, il entonne deux de ses chansons, sur les (dys)fonctionnaires et sur le marché de Saint-Denis où "tout s'achète avec des clous", sous les vivats. Mais on ne saurait oublier les autres vedettes de l'après-midi : Denise et un texte plein d'humour, Henriette et son hommage aux "fesses dodues", Marthe qui conte sa vie de luttes, de misères et de joies... des textes qu'elles ont écrits ou choisis elles-mêmes, qui racontent l'amour, la fraternité, la tolérance.

En fin de journée, signant de nombreux Midi 20, son superbe album, Grand Corps Malade, Fabien donc pour toutes ses nouvelles intimes, avait le regard encore plus clair de plaisir. "Je suis très touché. Et même si je ne serai pas à toutes les séances, tournée oblige, là je reviens du Québec et je pars en Bretagne, je suivrai ce travail avec un grand intérêt." T'inquiète Fabien, la relève est assurée...

Benoît Lagarrigue
Le Journal de Saint-Denis
Edition du 15 au 21 novembre 2006
                                                                                                          Photos : Laurence Thimothé
 
Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /Nov /2006 23:11
- Par Philippe Vallin
Foyer Résidence Ambroise Croizat à Saint-Denis, le lundi 6 novembre 2006.

Grand Corps Malade est venu rendre visite aux retraités dionysiens, afin de présenter, en compagnie de Yaya, animateur à la Direction Municipale de la Jeunesse et de moi-même, un projet d'atelier Slam commun aux deux générations. Cet atelier, animé chaque semaine au SMJ par Fabien lui-même ainsi que par sa collègue Emilie, aura pour ambition l'année prochaine de produire un disque à partir des créations du groupe constitué, et de restituer cette belle aventure à Saint-Denis, sur scène, en avril 2007, dans le cadre du SLAM caravane 93. Au cours de cette chaleureuse rencontre du lundi 6 novembre, très attendue par les personnes âgées, certaines d'entre-elles ont déclamé un slam de leur composition à notre ami Fabien. Ce texte, je les aidé à le réaliser, à partir de leurs mots et de leur message. Il résume parfaitement le sens profond du projet et de notre démarche commune. Je vous laisse le découvrir...


Merci Fabien

Nous avons découvert, il y a quelques temps, une nouvelle poésie
Elle nous a touchés profondément, et tout autant, nous a séduits
S comme sentiment
L comme liberté
A comme amitié
Et M comme mélange
Le slam est un moyen d'expression qui favorise l'échange

Le slam ? C'est toi Fabien, qui nous l'a fait découvrir
Tu valorises notre Saint-Denis, et ça, ça fait tellement plaisir
Avec tes mots, tu nous redonnes de l'espoir, et tu ouvres de nouveaux horizons
Des mots qui nous concernent tous, qu'importent nos origines, notre génération

Tu te fais appeler Grand Corps Malade, nous aussi nous sommes un peu bancales
Nous comprenons bien tes ballades, et t'écouter, pour nous, c'est un régal
Mais tout comme toi, nous sommes toujours debout, car la volonté est notre maître
Toi qui slames si bien notre ville, notre univers, cela est facile de tout reconnaître

Fabien, tu nous parles de la banlieue et redonnes de la fierté à notre neuf-trois
Un monde où tout n'est pas si sombre, contrairement à ce que veulent nous faire croire les médias
Car la réalité, ce n'est pas seulement ce qu'on voit à la télévision
La réalité, c'est ici, tout prêt, ensemble, au seuil de notre maison

Les caméras vont toujours se planter dans les quartiers où parfois c'est un sacré bordel
Mais pourquoi donc ne vont-elles pas filmer ce qui se passe une fois par mois, au Café Culturel ?
Les slam sessions y rassemblent des gens de tout âge, de toutes les couleurs et de toutes conditions
Qui viennent déclamer leur joies, leur peines, leurs rêves, dans un défilé d'émotions

Et ça on ne l'invente pas, nous en avons été les témoins, micro en main, nous l'avons même vécu
Notre baptême slam, on ne l'oubliera pas, et on y serait venu plus tôt si seulement on avait su
C'est notre Ami Karim qui animait la soirée avec plaisir, gentillesse et talent
Pendant que toi tu triomphais, devant un public en liesse, à Paris, au Bataclan

Ce qui nous plaît avec le slam, c'est qu'il n'y a pas de jugement
Qu'on soit novice ou expert, petit ou grand, ou noir, ou blanc
Chacun trouve sa place sur la scène, si seulement c'était la règle de notre société
A nous tous de nous y mettre, ensemble, pour que ce rêve devienne enfin réalité

La rencontre avec l'autre, c'est ce qu'il y a de plus important
A nôtre âge, on en a grand besoin, et tous nos jeunes également
Dans une triste époque qui fait rimer tension, exclusion et expulsion
Il est urgent de déclamer notre envie de don, d'union et de communication

Fabien, avec le slam, tu nous as ouvert une voie que tu n'imagines même pas
Déjà, nous sommes là à te dédier ce petit texte, qui on l'espère, te touchera
Il est tout neuf, il est tout chaud, pas eu le temps de l'apprendre par coeur
Mais nous t'assurons que tous ces mots, ils viennent du fond de notre coeur

Avec toi et les jeunes de Saint-Denis, nous aimerions donner suite à cet essai
Nous serions donc très heureux de venir au SMJ, si tu nous invites à ton atelier
Nous ne sommes pas des spécialistes, mais il n'y a pas d'âge pour s'y mettre et pour apprendre
Apprendre à slamer, apprendre à oser, mais surtout, apprendre à se comprendre

Chanter, ça, on connaît bien, pas de problème, en groupe ou en solo, on entame un p'tit refrain
Mais le quatrain et l'alexandrin ne sont pas des rythmes qu'on utilise tous les 4 matins
Alors avec ton aide, on prendra notre feuille de papier brouillon, notre gomme et notre crayon
Pour y déposer nos joies, nos peines, nos rêves, avec persévérance et passion

Nous avons les cheveux blancs et nous sommes au seuil de l'hiver
Mais nous avons encore le temps, même si on nous appelle grand-mère
Une année en plus, c'est aussi 365 jours en moins
Ainsi vont les choses, pour nous, il est bien passé midi 20

Notre cadran à nous annonce les alentours de dix heures moins le quart
Mais la vie est toujours là, devant, et tant qu'on a des projets, il n'est jamais trop tard
Merci à toi Fabien, de nous permettre de tenter cette nouvelle aventure
Et slamons tous ensemble les promesses d'un merveilleux futur...




De gauche à droite : Henriette Reset-Besnard, Thérèse Courchelles, Eliane Clerc, Cécile Durieux, Marthe Berton, Françoise Legay, Marcelle Courtellemont, Françoise Douzenel et Denise Lemière

Accompagnement musical : Joon Claudio





















Une histoire à suivre...


Photos : Laurence Thimothé & Philippe Vallin


Samedi 4 novembre 2006 6 04 /11 /Nov /2006 15:18
- Par Philippe Vallin
Mari Boine - Idjagiedas/In the hand of night (Emarcy records - Universal 2006)

Le nouveau Mari Boine vient de paraître, et c'est un très grand cru ! A ceux qui découvriraient aujourd'hui seulement la plus célèbre chanteuse du peuple Saami, un petit rappel historique s'impose avant d'aborder le contenu de ce "Idjagiedas - In the hand of night". Mari Boine est née en 1956 en Laponie, au nord de la péninsule scandinave et de la Norvège. Dès sa plus tendre enfance, Mari reçoit une éducation chrétienne très stricte qui banni totalement la culture et la tradition Saami, et en particulier la musique et le chant, car intimement liés à la pratique interdite du chamanisme. A la recherche de son identité, l'artiste Mari Boine se révèlera à l'âge de 20 ans, lors d'une importante manifestation s'opposant à la construction d'une centrale électrique en plein territoire lapon. Bien décidée à retrouver ses racines et à les revendiquer, Mari se met à écrire, chanter, et militer. Dans le sillage du groupe Daednugadde Nuorat et du chanteur Ailohas, la jeune femme se lance dans l'exploration des musiques traditionnelles des animistes Saamis, refoulées et censurées par les institutions et le pouvoir en place. Son engagement profond pour la défense et la préservation de l'identité culturelle de son peuple s'exprimera à travers un style musical très personnel, que Mari Boine ne cessera de développer et d'enrichir au fil des années.

Mari publiera "After the silence", son premier album solo en 1986, au seul format vinyl. Le disque contient essentiellement des ballades et des chansons pop-rock assez conventionnelles, et ce n'est que trois ans plus tard, avec la parution de "Gula Gula" chez Realworld, que le style de Mari Boine se forgera sa propre identité. L'heure est également à la consécration pour l'artiste norvégienne. En effet, distribué sur la scène internationale par un label reconnu, "Gula Gula" révèle Mari Boine à la fois en tant qu’ambassadrice artistique du peuple Saami, mais aussi comme l'une des artistes phare de la world music. Mari s'entoure dès lors de musiciens aussi éclectiques que talentueux. Le Mari Boine Band est né, et ses membres se renouvelleront au fil des années et des albums, à l'exception du guitariste Roger Ludvigsen qui suit la carrière de la chanteuse depuis ses débuts. Dans la foulée de "Gula Gula", les réussites artistiques s'enchainent les unes aux autres, de "Goaskinviellja - Eagle Brother" à "Bálvvoslatjna - Room of Worship", en passant par l'extraordinaire "Leahkastin / Unfolding". L'œuvre de Mari Boine peut se définir comme une harmonieuse et envoutante alchimie entre tradition ancestrale Saami (chant de gorge "joik", tambours chamaniques), sonorités électro-acoustiques modernes (claviers, guitares, basse), influences traditionnelles venues d'ailleurs (musiques andines et africaines), et enfin, un apport non négligeable issu des cultures pop et jazz. En 2002, avec la sortie du nuancé et tendance "Gâvcci Jahkejuogu - Eight seasons", la musique de Mari Boine prend un virage electro, sous l'influence du claviériste jazz Bugge Wesseltoft qui produira l'album. Les pulsations tribales acoustiques font ici place à des rythmiques programmées et autres textures synthétiques qui, fort heureusement, ne dénaturent pas tant le propos musical de la chanteuse. Si "Eight seasons" s'écoute avec plaisir, il ne casse pas non plus des briques, car plus conventionnel et fortement ancré dans la mode "electro-ethnique" qui sévit à l'aube des années 2000.

"Idjagiedas - In the hand of night" marque le retour de la très grande Mari Boine. Si les sonorités électro demeurent, celles ci-sont utilisées avec mesure et parcimonie, s'intégrant parfaitement dans un univers musical à nouveau dominé par la chaleur des instruments acoustiques. On retrouve ici en effet l'incroyable instrumentarium auquel la chanteuse nous avait habitués dans ses productions antérieures. A travers les pulsations rituelles et tribales de Mari Boine, se côtoient percussions en tout genre, qu'elles soient tambour, djembé ou darbouka. Autour des guitares, viennent se mêler d'autres instruments à cordes, tels que le Bouzouki, le violon, ou encore le Berimbau, un arc musical brésilien à une seule corde percutée, dont le principe est originaire d’Afrique. Une quinzaine de musiciens d'horizons différent on participé à l'enregistrement de l'album, dont le fameux Juan Carlos Zumata Quispe, qui une fois de plus nous enchante, entre autres, avec ses flutes de la cordillère qu'il maitrise parfaitement, avec un feeling bien à lui. Côté surprises, on retrouvera le célèbre guitariste Terje Rypdal, artiste bien connu des amateurs de l'écurie ECM, crédité sur un titre très planant, un peu à l'image de l'album d’ailleurs, dominé par les climats sereins et dépaysant dans lesquels il fait bon s'immerger pleinement. Sur ce fameux "Geasuha", le musicien norvégien vient poser délicatement de magnifiques textures atmosphériques dont il a le secret, et les faire dialoguer avec la voix de Mari, sublime de bout en bout. Incontestablement, celle ci s'est inventé une forme de langage qui lui est propre, en modifiant à volonté l'inflexion de son incroyable voix tout en nuances. Entre chant et narration, entre murmures, douceur mélancolique, et déchainement de puissance, la voix de Mari Boine est un instrument à part entière, mis avec brio au service de sa poésie, de son univers musical passionnant, unique, et de son engagement sans faille. Car cris de guerre et critiques sociales sont toujours au programme de cet album magnifiquement inspiré et on ne peut plus émotionnel, peut-être même le tout meilleur de Mari Boine. Indispensable !  Philippe Vallin



 
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