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Ce blog est consacré à mes activités d'animateur socioculturel à la ville de Saint-Denis (93), mais aussi de chroniqueur et de musicien amateur. Au fil de ces pages, vous pourrez suivre l'actualité de divers projets professionnels et autres initiatives que je pilote ou auxquels je suis associé : rencontres et événements culturels, concerts, scènes ouvertes, jumelages artistiques, etc. Quelques chroniques musicales seront également publiées selon les coups de coeur et l'inspiration. En bref, ce site est une petite fenêtre ouverte sur mon réseau de proximité, un espace d'information et de partage d'expériences. A bientôt ! PV.

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Jeudi 8 mars 2007 4 08 /03 /Mars /2007 11:11
- Par Philippe Vallin
Un slam pour la Journée de la Femme























Femme, on te dit née de la côte d’Adam
Toi qui enfante, comme c’est un rien paradoxal
Femme incarnée, prédestinée à mille tourments
Toi qui déchante, en ce monde régenté par le mâle

Femme qui dès l’origine a seule été rendue coupable
De plonger dans l’abîme cette terre promise aux hommes
Femme orpheline, perdue, mais malgré tout responsable
Des famines, des guerres, des misères, et tout ça… pour une pomme

Femme, pour couvrir ta honte, de force on t’a encapuchonnée
Prends garde à toi si tu te montres, ou pire, si tu te dévoiles
Femme, tu n’as pas à rougir des tontes que l’on t’a infligées
Car ceux qui t’ont fait ça sont des lâches qui transpirent l’immoral

Femme, tu n’aurais donc jamais été créée à l’image de dieu ?
C’est vrai, tu n’es pas assez virile et sûrement pas assez forte
On t’a pourtant brûlée vive, au bûcher, en ces âges ténébreux
Qu’inspires-tu donc aux vils, pour qu’ils te traitent de la sorte ?

Oui femme, ce roi mâle qui croit te dominer te craint
Ou tu n’aurais point tant souffert de la main de l’homme
Un être aux lois brutales qui se voit tel un magicien
Il te change en sorcière, et tout ça… pour une pomme

Femme, les jets de pierres ne t’ont pas encore terrassée
Pas plus que l’injustice que tu dois affronter chaque jour
Tu restes là devant, debout et fière, pas si facile à dresser
Malgré les supplices, les brimades et les peines sans recours

Oui Femme, tu es bien plus robuste que tu sembles en avoir l’air
La force ne s’exprime pas qu’à travers la charpente et les coups
Ta flamme, celle qui te tient, tu ne la dois qu’à ton illustre caractère
Femme qui trime, qui remonte la pente pour ne plus tomber à genoux

Femme, je t’aime quand seule tu bannis les signes de ta soumission
Et quand tu affirmes ton désir d’égalité à la face de tous les hommes
Femme, que je te hais quand toi-même tu prônes la misogyne excision
Que tu te complais dans ta piètre condition, et tout ça… pour une pomme

Femme, objet de désir et de plaisir qui déchaîne les passions
Le mâle fait de toi une sainte quand chaste, il veut te préserver
Mais les autres, il pourra les salir, sans peine, avec délectation
Qu’importeront leurs plaintes, ces pétasses l’auront bien mérité

Femme, tu n’es plus une esclave, il serait grand temps de le clamer
L’histoire a fait de toi une guerrière qui s’est muée en souveraine
Oui femme, finies les enclaves, le règne du mâle est maintenant terminé
J’ai l’espoir qu’ici bas sur Terre, s’envolent enfin les nuées de tes peines

Femme, ne rêve pas de puissance, mais d’une vraie et juste équité
Ne commet donc pas les folies furieuses de ton alter-chromosome
Femme, utilise ton essence pour une plus belle et auguste humanité
Tu n’es plus celle que ce dieu humilie, et tout ça… pour une pomme

Mais pourquoi tant de larcins causés par ce fruit si chèrement défendu ?
Dieu serait-il aussi avare et capricieux malgré l’infini de son royaume ?
Femme, tu aurais du recracher les pépins, et éviter ces coups tordus
Tous ces déboires pour un si petit creux, oui, tout ça pour une pomme !


                                         Philippe Vallin


Vendredi 2 mars 2007 5 02 /03 /Mars /2007 14:35
- Par Philippe Vallin
SlaMelodie
une association placée sous le signe de la rencontre et de l'expression
















C'est officiel, je vous annonce la naissance d'un tout nouveau projet associatif dionysien, que nous avons baptisé "SlaMelodie". Cette association à but non lucratif et née dans le sillage et à la convergence de mes activités musicales avec Joon Claudio, de nos explorations tout terrain avec Boris Lelong et Altamira, et de la dynamique créée autour du projet "Générations Slam" avec Grand Corps Malade. Parmis les membres fondateurs et membres actifs de cette nouvelle association, on retrouve un bon nombre de retraités de Saint-Denis. Et n'est pas un hasard..

L'objet de l'association, tel qu'il est défini dans les statuts :

"L'association SlaMelodie a pour mission de favoriser l'expression et l'épanouissement créatif de tout public, grâce à la mise en oeuvre d'animations culturelles dédiées au partage convivial de la musique, de la chanson et de la poésie. Ces manifestations, qui incitent à la dynamique participative et à la rencontre intergénérationnelle, peuvent prendre vie dans divers contextes : résidences de personnes âgées, hôpitaux, salles de spectacle, médiathèques, maisons de quartier, écoles, centres de loisirs, lieux publics, etc."

Les activités de l'association :

- organisation de concerts, rencontres participatives autour de la chanson et de l'expression musicale,
- scènes ouvertes poétiques, littéraires, sessions slam,
- ateliers d'expression musicale, ateliers d'écriture,
- séances de lecture à voix haute, contes musicaux,
et toute action compatible avec l'objet de l'association

Pourquoi Altamira ?
Parce que l'association est partenaire du service animation et vie sociale des retraités (au sein duquel j'excerce mes fonctions d'animateur coordinateur) depuis maintenant plusieurs années. Il en a découlé de nombreux projets qui ont contribué à faire émerger et à valoriser l'expression des retraités et personnes âgées. Le point d'orgue a été dernièrement la réalisation du disque "La Mémoire en Chantant", dont l'édition et la distribution sont prévues courant 2007.

SlaMelodie poursuivra et développera, entre autres activités, les fameuses "Rencontres Musiques et Chansons", scènes ouvertes intergénérationnelles organisées, pour le moment, dans les seuls foyer retraités de la ville de Saint-Denis.


















Pourquoi "Générations Slam" ?
Parce que cet atelier d'écriture hebdomadaire a suscité de toute part des envies d'écrire, de se produire, de créer, de partager... Depuis novembre, quelques jeunes et personnes âgées de Saint-Denis participent ensemble et tout naturellement à diverses scènes sur la ville et alentours : les slam sessions mensuelles du Café Culturel à Saint-Denis, celles de la Tribu à Stains, le Printemps des Poètes au musée d'Art et d'Histoire, la 1ère partie de Slam Ô féminin dans la cadre de la journée de la Femme, etc.. SlaMelodie permettra à ses membres qui le souhaitent d'aller encore plus loin dans cette dynamique, en organisant par exemple leur propres scènes dans des endroits inhabituels et/ou en demande de ce genre de convivialité.

Enfin, pourquoi "SlaMelodie" ?
Pour l'anecdote, ce terme a précédé la création de l'association, puisque c'est ainsi que nous caractérisons avec Joon Claudio une toute nouvelle formule de composition, soit un mélange de slam (couplets déclamés) et de chanson (refrains chantés).

SlaMelodie est surtout née de notre volonté commune de partager nos créations et nos émotions avec d'autres, dans la cadre d'un projet rassembleur. Nous esperons vivement que l'association répondra aux attentes de ses membres actifs, qu'elle leur permettra de s'épanouir, de faire vivre leurs propres initiatives (déjà des pistes du côté de la lecture à voix haute !), et bien sûr, de monter de nouveaux projets ensemble. Enfin, nous sommes convaincus que l'association, de par ses objectifs, peut contribuer au bien être de populations fragilisées, telles que les personnes âgées en perte d'automonie. La vocation de SlaMelodie, si elle se veut artistique, est avant tout humaine et sociale.


















L'agenda de SlaMélodie :

Mercredi 18 avril à 15h - Résidence Ambroise CROIZAT
10, avenue Romain Rolland 93200 Saint-Denis
"Rencontre Musiques Slam & Chansons"
La grande 1ère de SlaMelodie avec le public ! Une animation intergénérationnelle où chacun est invité à jouer, chanter, déclamer un texte, ou simplement écouter et encourager les participants. N'hésitez donc pas à emmener vos instruments de musique, vos répertoires de chansons, et de poésies.
Entrée libre

Mercredi 30 mai à 15h - Maison de Retraite médicalisée
LE LAURIER NOBLE

1, rue du Docteur Delafontaine 93200 Saint-Denis
"Rencontre Musiques Slam & Chansons"

D'autres dates sont à venir...






















Contact :

Association SLAMELODIE
3, allée Jean Catelas
Logement N°240
93200 Saint-Denis

Tel : 06 63 27 33 79
Email : slamelodie@gmail.com
Samedi 24 février 2007 6 24 /02 /Fév /2007 00:50
- Par Philippe Vallin
Apéro slam avec Slam Ô Féminin
dans le cadre de la Journée de la Femme 2007

Jeudi 8 mars à partir de 19h
au Café Culturel de Saint-Denis





















Slam Ô Féminin présente un spectacle entre émotion poétique et phrasé hip-hop. Portraits, coups de coeurs, coups de gueule... Les thèmes questionnent la vie, le hasard, l'intime, le social et tout ce qui nous forge, personnellement et collectivement. Le coeur de cette recherche, ce sont les mots portés par le corps et la voix, parfois soutenus par la musique. Nos paroles, nos écrits, transmis au public dans toute leur variété, leur sensibilité, leur brutalité parfois. Nous offrons nos extraits de vie, nos émotions et notre foi en ces expressions qui font de nous une communauté humaine.

La 1ère partie de la soirée sera assurée par des slameuses et slameurs liés au projet Générations Slam.

Ainsi,
Christine, Marthe "La gaillète", Eliane, Marcelle, Féline, Ruddy, Marcello Corsetout, Fleur du Maroni, Loubaki, Henriette, Nicole et d'autres se succèderont au micro pour vous déclamer des textes spécialement écrits pour l'occasion.

Réservation indispensable au 01 48 20 40 62

Café Culturel - Arts & Rencontres
11, allée des six chapelles
93200 Saint-Denis
Métro Ligne 13 station Basilique, RER D, T1
http://cafeculturel.org/
Email : cafe.culturel2@orange.fr


Site web :
http://slamofeminin.free.fr/

Retrouvez Slam Ô Féminin sur Myspace :
http://www.myspace.com/slamfminin 


Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 23:26
- Par Philippe Vallin
Radio France Bleu Ile de France offre son antenne à Générations Slam

 lundi 26 février entre 10h et 12h30






Quelques acteurs de ce projet dionysien seront interviewés en direct du Café Culturel de Saint-Denis, au micro du journaliste indépendant Willy Richert.

Celui-ci souhaite valoriser à travers son émission une initiative intergénérationnelle innovante et qui contribue à déstigmatiser l'image de la vie sociale en banlieue.

L'émission sera découpée en trois courtes séquences  :

10 h :  Entretien avec Yaya Bagayo et Philippe Vallin
Respectivement responsable du pôle hip-hop et coordinateur du service animation et vie sociale retraités pour la ville de St-Denis - Initiateurs du projet Générations Slam

11 h : Entretien avec Marcelle Courtellemont et Marcel Vernière
Retraités dionysiens membres de l'atelier d'écriture de Grand Corps Malade au SMJ de Saint-Denis

12 h 20 : Entretien avec Loubaki
Jeune slameur dionysien, membre de l'atelier d'écriture de Grand Corps Malade
Retrouvez Loubaki sur son myspace : www.myspace.com/loubaki


Radio France Bleu - Ile de France
107.1 fm

site web : www.radiofrance.fr


Photo : Aiman Saadellaoui


Dimanche 11 février 2007 7 11 /02 /Fév /2007 00:45
- Par Philippe Vallin
Ziskakan – Banjara (autoproduction 2006)

Ziskakan est une véritable institution à la Réunion. C’est l'une des formations musicales les plus populaire et respectée pour ses qualités artistiques, mais aussi, et surtout, pour son humanité à fleur de peau et son engagement citoyen jamais démenti. Dans le cœur des réunionnais, le groupe emmené par son leader charismatique Gilbert Pounia occupe une place toute singulière. Et cette histoire d’amour demeure intacte depuis maintenant plus de vingt-cinq années, période durant laquelle Ziskakan aura produit une dizaine d’albums, sous diverses formations et dans des contextes géographiques différents, de la Réunion à l’Inde en passant par le Sénégal. "Banjara" est le tout nouvel opus autoproduit par le groupe, et il s’inscrit dans la droite continuité musicale et thématique de "Rimayer", enregistré à Bombay en 2001. C’est alors que le grand "malbar" Gilbert Pounia renoua enfin avec la terre de ses ancêtres, lui qui avait un jour déclaré que ce serait la musique qui le conduirait jusqu’en Inde. Mission accomplie, puisqu'il finalisera là-bas quelques morceaux préparés par ses soins à la Réunion, en y ajoutant le son du sarod, du shennai, des tablas et de la flûte bansuri, avec à la contribution de Rupak Kulmani, brillant élève de l’illustre Hari Prasad Chaurasia, un musicien qu’on ne présente plus, même en Occident.

Très marqués par cette enrichissante expérience, Gilbert Pounia et ses acolytes retourneront en Inde, plus précisément au Rajasthan, pour réaliser le vidéo clip du titre qui donne son nom à l’album, ce fameux "Banjara" placé sous le signe du voyage et de la rencontre. Ce terme illustre d’ailleurs parfaitement la démarche du groupe, puisqu’il s’agit du nom d’un peuple nomade indien à qui le Mahatma Gandhi en personne a un jour confié une terre dans la région de Karnataka, au sud du pays. "Banjara" fait donc référence à ces gitans rencontrés par Gilbert Pounia lors de ses voyages à Goa (ancienne colonie portugaise située sur la côte sud-ouest de l'Inde), et auxquels le chanteur créole s’est toujours senti très attaché. La musique de Ziskakan, métissée, teintée de couleurs folk, latino et orientales, nous convie en effet à cet esprit bohémien et migrateur. Si la rythmique ternaire du maloya reste un élément fondateur et incontournable de "Banjara", l’album, une fois n’est pas coutume, se voit enrichi de diverses sonorités venues de d'horizons divers. A travers treize nouvelles compositions se côtoient ainsi tout un panel d’instruments traditionnels, qu’ils soient originaires de la Réunion (roulèr, Kayanm), du Brésil (cuica, caxixis, pandero) du monde arabe (oud, derbouka, daf, tampur) ou d’ailleurs.

Une orchestration plus moderne, propre au genre pop-rock, répond également présente à l’appel, avec les désormais incontournables guitares aériennes de Pascal Manglou (un fan inspiré de Pink Floyd ?), la basse extraordinaire du musicien d'origine sénégalaise Mishko M’ba, les claviers de Jean Rassiga et la batterie de Gérard Parame. Les voix sont également à l’honneur autour de celle, omniprésente, de Gilbert Pounia, servies par des chœurs féminins de toute beauté. On découvrira même dans l’album du chant diphonique pour introduire et conclure l’excellent "Bal Boukan", un titre que ne renierait pas un Peter Gabriel au meilleur de sa forme ! L’écriture de "Banjara" est partagée entre Gilbert Pounia (qui signe sept chansons au total), le poète Bernard Payet, l’un des membres fondateurs du groupe, et enfin Serge Ulentin, un ancien footballeur professionnel qui nous livre avec "Syklone Valval" un texte très poignant et très imagé sur l’insupportable souffrance des femmes battues. A ce sujet, Gilbert Pounia dira de "Banjara" qu’il est "un disque très féminin, pour ne pas dire féministe. Quoi qu’il en soit, c’est un album qui rend hommage aux femmes".

Avant de conclure, j’accorderai une mention toute particulière à la chanson "Akshaï" qui ouvre l’album avec un rare brio. Ce morceau superbement produit est une véritable merveille, un petit chef d’œuvre brut d’émotion qui nous parle des enfants terrassés chaque jour par le sida à travers le monde, et ce dans l’indifférence générale. Ce titre percutant dans tous les sens du terme, avec sa partie finale "slamée" et déchirante, a toutes les qualités pour devenir un hymne à part entière lâché à la face de l’injustice planétaire, un hymne que tout le monde devrait pouvoir entendre et reprendre, et pas seulement à la Réunion. Car si là-bas, "Banjara" s’est déjà vendu à plus de 8000 exemplaires, il n’est toujours pas disponible en métropole plusieurs mois après sa parution, ce qui est quand même un comble pour une production francophone de cette ampleur et de cette qualité. Mais que faites vous donc messieurs les distributeurs ? Les internautes pourront fort heureusement se procurer cette petite perle d'authentique world music sur le portail www.iledelareunion.net. Philippe Vallin




Gilbert Pounia. Photo : Imaz Press Reunion



Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /Jan /2007 23:32
- Par Philippe Vallin
Mono & World's End Girlfriend - Palmer Prayer/Mass Murder Refrain (humain highway 2006)

Mono est un groupe japonais originaire de Tokyo qui fait son apparition sur la scène rock internationale au tout début des années 2000. La genèse du combo démarre en janvier 1999, à l'initiative du guitariste Takaakira Goto. Partiellement influencé par le travail de Loren Connors, autre guitariste underground, improvisateur adepte d'expérimentations acoustiques et électriques, Goto compose seul ses premières démos instrumentales. Durant l’année en cours, le musicien recrute un second guitariste, puis un bassiste et un batteur pour former ce qui allait véritablement devenir le son "Mono". Et ce son justement, on leur reprochera souvent de l'avoir emprunté, pour ne pas dire pillé, aux formations post-rock anglo-saxonne telles que A Silver Mount Zion, Godspeed You Black Emperor, et surtout Mogwai. Bref, ces groupes qui ont détourné l'instrumentation propre au rock pour la faire sonner autrement, et aboutir à une sorte de musique classique des temps modernes qu'on qualifie d'ailleurs très souvent de "rock de chambre". Et si l'expression prête à sourire, elle définit assez bien le genre au final.
 
La recette de Mono est donc la même que celle de ses très doués congénères, à quelques ingrédients près. Les cordes sont souvent les vedettes (guitares, violons, violoncelles), le piano peut faire son apparition ici et là, et les touches électro se veulent on ne peut plus discrètes. La structure des compositions est identique également, à savoir basée sur le développement de motifs guitaristiques simples, épurés, souvent répétitifs et mélancoliques. Entre orage et accalmies, la musique se déploie majestueusement à travers de longues plages instrumentales, pour aboutir à un climax grandiose et puissant, tout en riffs, martèlements rythmiques et saturations. D'album en album, tel est le propos de Mono, qui éprouve en effet quelques difficultés à se renouveler. Entre "One more step and you die" (2003) et "You are there" (2006), essayez-vous donc au jeu des différences, vous n'allez pas en trouver beaucoup.
 
J'allais presque me désintéresser totalement du quartette nippon jusqu'à ce que "Palmer Prayer/Mass Murder Refrain" n'atterrisse tout récemment dans ma platine. Et là, ce fut à nouveau l'enchantement. Pour réaliser ce chef d'œuvre inattendu, Mono s'est adjoint les services d'un autre musicien japonais (un bidouilleur de sons proche du style Aphex Twin) connu sous le nom de World’s End Girlfriend. Changement de cap, le post-rock dynamique cher à la formation du même genre fait place ici à une sorte de musique néo-classique privilégiant les climats sereins et planants. Construite en cinq mouvements distincts, cette symphonie moderne est une véritable merveille, tout en finesse, nuances et émotions brutes.
 
L’œuvre est introduite par une longue suite sombre et mélancolique, où violons et violoncelles s'entremêlent et se superposent, jusqu'à l'apparition d'une complainte à la guitare qui ne vous lâchera l’esprit qu'une bonne heure plus tard (quand elle ne résonne pas dans la tête au-delà !). L’univers envoutant d’un Gavin Bryars n'est pas bien loin. Si la seconde pièce reste imprégnée d'étrange sérénité, la partie trois reprend le thème initial pour le distendre à répétition jusqu'à un final grandiloquent qui vous laissera sans voix. Piano et chœurs aériens font leur apparition dans une quatrième partie à l'atmosphère quasi-religieuse, avant l'apothéose orchestrale qui conclut, du haut de ses 20 minutes, ce disque tout à fait exceptionnel.
 
Avec "Palmer Prayer/Mass Murder Refrain", Mono signe son album le plus intense et le plus marquant, tout en apportant un second souffle à son propre style qui en avait grand besoin. Avis aux amateurs d'expériences musicales fortes, vous n'allez pas être déçus. Philippe Vallin



Site web : www.mono-44.com



Samedi 27 janvier 2007 6 27 /01 /Jan /2007 23:03
- Par Philippe Vallin
Restaurant La Tribu
Stains - le Vendredi 2 février à 21h





















Le dynamique restaurant "La Tribu" à Stains accueille l’exposition photographique "Chemin faisant", réalisée dans le courant de l'année 2006 par les élèves du lycée Maurice Utrillo avec l'aide d'une professionnelle.
Autour de ce projet visant à produire des portraits d’habitants de la commune, le lycée Utrillo, le service municipal de la jeunesse et l’équipe de la Tribu se sont associés pour mettre en œuvre, courant janvier, un atelier d’écriture intergénérationnel animé par le slameur, rappeur et musicien Sancho.

Découvrez son profil sur :
http://www.myspace.com/sancholanimal


Les textes produits lors de ces séances seront déclamés par leurs auteurs, à l’occasion de la toute 1ère scène slam de la Tribu, qui se déroulera sur place le vendredi 2 février à partir de 21h. L’évènement, animé par Sancho et Ami Karim, accueillera également un petit groupe de slameurs retraités dionysiens, qui fréquentent quant à eux l’atelier d’écriture hebdomadaire d’Emilie "Fleur du Maroni" et de Grand Corps Malade !

Vernissage de l’exposition à 18h30

Réservations indispensable si vous souhaitez dîner sur place


30, avenue Louis-Bordes
93240 Stains
Tel : 01 48 29 57 23
Mail : latribustains@free.fr
http://profile.myspace.com/latribustains




Samedi 27 janvier 2007 6 27 /01 /Jan /2007 17:45
- Par Philippe Vallin
EXPRESSIONS CROISÉES
De Madagascar à Saint Denis














Rencontre avec Boris Lelong, de l'association Altamira
Le samedi 10 mars 2007 à Saint Denis

De retour de Madagascar, le dionysien Boris Lelong nous ramène de la poésie, de la musique, des contes, et surtout des rencontres avec des malgaches de la ville et de la campagne. Il aura particulièrement à coeur de présenter au public la petite commune rurale d'Isorana, dans les hautes terres du pays Betsileo, et son étonnante bibliothèque de campagne autour de laquelle palpite une vie artistique intense et multiple. 

Présentation accompagnée de photos, son et video, et agrémentée de diverses surprises...

Le samedi 10 mars 2007 à 15h
Entrée libre
Résidence Ambroise Croizat
10 avenue Romain Rolland
93200 Saint Denis

Informations au 01 49 33 71 75

Association ALTAMIRA
Ville de Saint Denis


Photo : Boris Lelong (danse avec la troupe "Tanga")


Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /Jan /2007 01:24
- Par Philippe Vallin
PRINTEMPS DES POETES 2007
Le poème d'amour

Invitation au slam
Dimanche 11 mars 2007 à 15 heures
Entrée libre

Venez slamer au musée sur le thème de l'amour !















Après-midi animée par le slameur dionysien Ami Karim
avec la contribution musicale du guitariste Hacène Abchiche


Le Printemps des poètes consacre sa 9ème édition au poème d'amour en hommage au poète René Char, dont nous fêtons cette année le centenaire de la naissance. De la poésie de René Char et de son ami dionysien Paul Eluard au slam, le musée d'art et d'histoire franchit le pas et vous invite à entrer dans l'univers de cette forme d'improvisation poétique unique et originale !


Saint-Denis - musée d'art et d'histoire
22bis, rue Gabriel Peri - 93200 Saint-Denis
M° ligne 13 - station Porte de Paris



Renseignements au 01 42 43 37 57





Photos : Jean-Michel Delage et Boris Lelong


Vendredi 19 janvier 2007 5 19 /01 /Jan /2007 21:22
- Par Philippe Vallin
Humain

Il est capable du meilleur
Mais trop souvent du pire
Il est aimable à ses heures
Ou se méprend à haïr

Il peut se montrer bon
Ou déchainer sa haine
Tel le feu du dragon
Ou les crocs de la Hyène

Il se fait tantôt loup
Ou craintif comme l'agneau
Prêt à donner des coups
Ou à sauver sa peau

Parfois il vous étonne
Parfois il vous dégoute
Et quand il ambitionne
Souvent c'est la déroute

Il peut se montrer fou
Il peut se montrer fort
Seule chose qu'il ne déjoue
N'est autre que la mort

Il peut donner la vie
Comme il peut la reprendre
Il est celui qui guérit
Ou se met à pourfendre

Il a l'âme d'un guerrier
Quand chavire la paix
Prêt à brandir l'épée
Et à ouvrir les plaies

C'est un être brutal
Qui cherche ses ennemis
Qui donne le coup fatal
Ou laisse faire l'agonie

Il est avide de pouvoir
Ou est empli d'humilité
Il est ivre de victoires
Jusqu'aux pires calamités

Il a conquis le monde
Sans se soucier de ses pairs
Et en quelques secondes
Il peut détruire l'univers

Il transcende la beauté
Comme il crée la laideur
Et son ingéniosité
N'a d'égal que son cœur

Il est plein de courage
Se donne avec passion
Quelque-soit son ouvrage
Quelque-soit sa mission

Capable de merveilles
Ou de monstruosités
De toucher le Soleil
Ou de péricliter

Il se veut le créateur
Plus fort que dame nature
Mais n'est que prédateur
De toutes les créatures

C'est un être d'amour
Prêt à toutes les folies
Qui font ternir le jour
Ou font briller la nuit

Il est le plus étrange
De tous les être vivants
Et s'il se faisait ange
Il serait du genre dément

Il ressent la compassion
Quand il renie l'indifférence
Il est capable d'émotions
Devant tyrannie et souffrance

Il adore des idoles
Et il se croit immortel
Il se coifferait d'une auréole
Et il attend sa place au ciel

Il se prend pour un dieu
Qui se joue de l'enfer
Mais joue avec le feu
Qui consume la Terre

Il écrit le passé
Et anticipe l'avenir
Mais il va trépasser
A moins d'y réfléchir

Il est doté de raison
Mais il croit en l'illusoire
Il implore le pardon
Car il a peur d'échoir

Toi, être contradictoire
Qui se croit maître du destin
Toi, être animé d'espoir
Tu n'es qu'un être...humain

                                Philippe Vallin





 
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